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Politique - Politique Au Liban

Projection à Raouché : l'opposition au Hezbollah dénonce un « putsch » et salue la réaction de Salam

Le mufti Kabalan, proche du tandem chiite, a estimé que « l’image de sayyed Hassan n’est ni une honte ni une agression » et appelé le Premier ministre à devenir « le père de tous. »

Projection à Raouché : l'opposition au Hezbollah dénonce un « putsch » et salue la réaction de Salam

La grotte aux pigeons illuminée à l'effigie de l'ancien secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, le 25 septembre 2025, sur le front de mer de Beyrouth. Photo Mohammad Yassine/L'OLJ

Après le pied de nez fait jeudi par le Hezbollah aux autorités libanaises, en illuminant sans autorisation le rocher de Raouché (ou la Grotte aux pigeons) à l'effigie de son ancien secrétaire général Hassan Nasrallah, de nombreux responsables politiques opposés au parti chiite n'ont pas mâché leurs mots pour qualifier l'attitude du parti chiite, tandis que d'autres ont salué la réaction du Premier ministre. Nawaf Salam avait réclamé des poursuites contre toute personne responsable d'avoir enfreint le décret publié par le mohafez (gouverneur) de Beyrouth, Marwan Abboud, qui n'avait pas donné l'autorisation au parti d'organiser un tel son et lumière sur le site.

Le terme de « putsch » a été largement employé dans les rangs d'une large partie du spectre politique libanais, après que le Hezbollah a, en dépit du compromis censé avoir été trouvé la veille, illuminé le rocher à l'effigie de ses deux anciens secrétaires généraux, Hassan Nasrallah et Hachem Safieddine, et même d'une photo du premier avec les deux anciens Premiers ministres Rafic et Saad Hariri.

Beyrouth « prise en otage »

« Les événements à Raouché ont démontré que le Hezbollah n'a tiré aucune leçon des événements et des tragédies qu'il a infligées au Liban et aux Libanais. Le doigt levé hier au Rocher de Raouché visait qui ? », a lancé le chef de file du parti, Samir Geagea. « Notre lutte porte sur le monopole des armes, pas sur le Rocher de Raouché. L’État doit agir fermement et affirmer sa légitimité: nul n’est au-dessus des lois. Ne tombons pas dans le piège tendu par Wafic Safa pour semer la division entre les institutions : travaillons à renforcer l’unité nationale », a écrit quant à lui Samy Gemayel, leader du parti des Kataëb, en mentionnant le responsable de la branche sécuritaire de la milice chiite, Wafic Safa, aperçu jeudi lors des commémorations et désigné comme l'instigateur présumé de cette insubordination du Hezbollah à la décision des autorités légales.

« C’est une scène désolante. Une fois de plus, le Hezbollah a essayé d’affirmer qu’il était au-dessus de l’État et des lois, malgré la médiation entre le président Salam et le président Nabih Berry », chef du législatif, a commenté le député de Beyrouth, Ibrahim Mneimné, issu de la Contestation, sur la chaîne al-Arabiya. « C’est une sorte de putsch contre ce qui avait été décidé par les institutions. Le Hezbollah s’efforce de prouver qu’il est encore là en fabriquant des victoires imaginaires », a-t-il poursuivi.

« En réalité, ce à quoi nous assistons aujourd'hui révèle la profondeur de l'impasse dans laquelle se trouvent le Hezbollah et ses partisans, a poursuivi l'autre élue de la capitale, Paula Yacoubian. De telles actions ne construisent pas un État, ne protègent pas la population et ne rendent pas au Liban ce qu'il a perdu depuis que le parti a déclenché la guerre de soutien », a-t-elle déclaré dans un message posté sur X, en référence au « front de soutien » au Hamas ouvert le 8 octobre 2023 par le parti chiite.

«Beyrouth a été prise en otage aujourd'hui par une décision du Hezbollah, qui ne s’est pas contenté de confisquer l’État et de renverser ses décisions, mais est allé jusqu'à occuper les symboles nationaux et à transformer la capitale en plateforme de propagande pour son projet, diamétralement opposé au consensus libanais », a estimé pour sa part Fouad Makhzoumi, autre parlementaire beyrouthin.

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Vague de soutien à Nawaf Salam

Ces mêmes camps politiques ont par la suite été nombreux à saluer la déclaration du Premier ministre, qui a annoncé jeudi soir avoir contacté les différents appareils judiciaires et sécuritaires afin d’engager des poursuites contre les auteurs de la projection.

Une réunion ministérielle informelle pour discuter des derniers développements sera d'ailleurs présidée par le chef du gouvernement à 16h (locales) ce vendredi, a par ailleurs appris L'Orient-Le Jour de source ministérielle.

« Tous nos compliments au Premier ministre Nawaf Salam, qui prouve jour après jour qu’il est un homme d’État de haut rang : il ne craint ni les menaces ni l’intimidation, il n’accepte pas que l’on défie l’État, que l’on tente de briser ses décisions ou de porter atteinte à son autorité », ont écrit vendredi dans un communiqué officiel les FL, parti de Samir Geagea.

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Plusieurs ministres et députés ont également rendu visite au locataire du Grand Sérail pour lui afficher leur soutien, comme l'ancien ministre Marwan Hamadé, affilié au Parti socialiste progressiste (PSP). « J’ai assuré au Premier ministre le soutien des Libanais à ses initiatives, à sa fermeté, ainsi que leur condamnation des folies commises hier (jeudi) à Raouché, qui ne diffèrent en rien des atteintes continues à la sécurité et à la souveraineté du Liban », a déclaré M. Hamadé cité par l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), tout en dénonçant l'utilisation lors de la cérémonie de l'image de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri, affiché aux côtés de celui de son fils, Saad, entourant Hassan Nasrallah. Pour rappel, le Tribunal international spécial pour le Liban, avait condamné en 2022 un membre présumé du Hezbollah pour son implication dans l’assassinat de l'ancien Premier ministre à Beyrouth, le 14 février 2005.

Du côté de Haret Hreik, c'est le mufti jaafarite, le cheikh Ahmad Kabalan, qui a pris la défense du parti, estimant que « l’image de sayyed Hassan n’est ni une honte ni une agression, mais une fierté pour notre pays et une gloire pour le Liban, qui, grâce à sa résistance et à ses martyrs, a vu Beyrouth et le Liban perdurer. » Lors de la prière du vendredi à la mosquée de l’Imam Hussein, dans la banlieue sud de Beyrouth, il a lancé : « Que Dieu accorde sa miséricorde au président Rafic Hariri, qui a porté le poids du Liban sur ses épaules et fut un père affectueux pour tous les Libanais, sans distinction de confession ni de région ». Et de conclure : « C’est ce que nous attendons du Premier ministre Nawaf Salam : qu’il soit le père de tous, qu’il prenne en compte les souffrances du peuple et les sacrifices consentis pour cette patrie », a-t-il ajouté.

Le député du Hezbollah Ali Ammar a lui estimé vendredi que « la bouderie du Premier ministre pour dénoncer ce qui s'est passé à Raouché est une prise de position négative ». « Vous êtes le Premier ministre de tout le Liban et vous êtes responsable de la souveraineté du pays », a lancé M. Ammar, au cours d'une prise de parole dans le cadre du premier anniversaire de la mort de Ali Karaki, un des commandants tué le 27 septembre 2024 aux côtés de Hassan Nasrallah. « Nous allons continuer sur le chemin de la résistance et celui des leaders martyrs Nasrallah et Safieddine. L'ennemi continue d'agresser le Liban et certains pensent à tort que si le Hezbollah ne riposte pas, cela est dû à une faiblesse ou à son incapacité de le faire », a-t-il ajouté.

Après le pied de nez fait jeudi par le Hezbollah aux autorités libanaises, en illuminant sans autorisation le rocher de Raouché (ou la Grotte aux pigeons) à l'effigie de son ancien secrétaire général Hassan Nasrallah, de nombreux responsables politiques opposés au parti chiite n'ont pas mâché leurs mots pour qualifier l'attitude du parti chiite, tandis que d'autres ont salué la réaction du Premier ministre. Nawaf Salam avait réclamé des poursuites contre toute personne responsable d'avoir enfreint le décret publié par le mohafez (gouverneur) de Beyrouth, Marwan Abboud, qui n'avait pas donné l'autorisation au parti d'organiser un tel son et lumière sur le site.Le terme de « putsch » a été largement employé dans les rangs d'une large partie du spectre politique libanais, après que le Hezbollah a, en dépit du...
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Les ordres de l'executif n'ont pas été executé ni par la police,ni par l'armée. Pourquoi alors demander des moyens si c'est pour ne rien faire ? Pour payer des salaires ?

Moi

18 h 24, le 26 septembre 2025

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  • Les ordres de l'executif n'ont pas été executé ni par la police,ni par l'armée. Pourquoi alors demander des moyens si c'est pour ne rien faire ? Pour payer des salaires ?

    Moi

    18 h 24, le 26 septembre 2025

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