Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a présidé vendredi à 16h une réunion ministérielle informelle au Grand sérail. Photo X/Grand sérail.
Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a présidé vendredi à 16h « une réunion ministérielle consultative » afin de discuter des derniers développements dans le pays, principalement après la projection non-autorisée d'images par le Hezbollah de l'ancien chef du parti Hassan Nasrallah sur la Grotte aux pigeons, site symbolique du littoral de Beyrouth.
Le vice-Premier ministre Tarek Mitri a indiqué que cette réunion avait été convoquée « pour réaffirmer la solidarité du gouvernement (...) et souligner la politique engagée à travers sa déclaration ministérielle, à savoir étendre la souveraineté de l’État libanais par ses propres forces sur l’ensemble du territoire ». « Nous avons également insisté sur l’importance de l’application des lois à tous les citoyens sans exception, ce qui confère aux forces de sécurité une grande responsabilité pour y parvenir », a-t-il ajouté. « Les Libanais sont égaux devant la loi et l’État ne fait pas de distinction entre un citoyen et un autre, ni entre un groupe de citoyens et un autre ».
Selon M. Mitri, « la violation flagrante des conditions du permis accordé pour le rassemblement à Raouché nous oblige à prendre les mesures légales nécessaires pour préserver l’autorité de l’État et le respect de ses décisions ». « Il va sans dire que le gouvernement est soucieux de la stabilité du pays, de l’unité de ses citoyens, et déterminé à mettre fin à la sédition ainsi qu’aux campagnes de haine qui portent atteinte à notre coexistence nationale », a-t-il conclu.
M. Salam avait appelé la veille à ce que des poursuites soient lancées contre les personnes ayant enfreint les directives données par le mohafez (gouverneur) de Beyrouth, qui avait autorisé un rassemblement sur la corniche de la capitale, mais à certaines conditions, et avait interdit la projection.
Des milliers de partisans du parti chiite pro-iranien s'étaient rassemblés jeudi dans le quartier de Raouché pour commémorer l'élimination de Nasrallah, tué le 27 septembre 2024 lors d’une série de frappes aériennes israéliennes massives qui avaient rasé plusieurs immeubles résidentiels de la banlieue sud de Beyrouth. Malgré l'ordre du mohafez, l’image de Nasrallah avait été projetée sur le célèbre site, ainsi que sur des bâtiments environnants, aux côtés de son successeur défunt Hachem Safieddine, du président de la Chambre Nabih Berry, puis des anciens premiers ministres Saad Hariri et son père Rafic Hariri, suscitant polémiques et réactions. Rafic Hariri a été assassiné dans un attentat à la voiture piégée en février 2005, et le Tribunal spécial pour le Liban a condamné plusieurs membres présumés du Hezbollah pour leur rôle dans ce crime qui a coûté la vie à 21 autres personnes.
Dans la soirée de jeudi, Nawaf Salam avait demandé l’arrestation des personnes qui ont crié leur colère envers le gouvernement et sa décision de désarmer le parti, avec des slogans particulièrement virulents à l'encontre du Premier ministre.
L’armée « empêche la situation de basculer dans l’abîme de la confrontation »
De son côté, le ministre de la Défense Michel Menassa a défendu vendredi, dans un communiqué, le fait que l'armée n'était pas intervenue pour empêcher la projection. « La mission nationale première de l’armée libanaise est d’éviter les troubles, d’empêcher la situation de glisser vers l’abîme de la confrontation, de dissuader ceux qui menacent la paix civile et de renforcer les fondements de l’unité nationale », a-t-il justifié. Il a ajouté que la troupe « rejette les accusations injustes » et « déplore de devoir porter le fardeau de la rue alors que d'autres fuient leurs responsabilités ».
Depuis l’instauration d’un cessez-le-feu précaire entre le Hezbollah et Israël le 27 novembre 2024, l’armée libanaise est chargée de démanteler l’arsenal du Hezbollah au sud du fleuve Litani, conformément à l’accord de cessez-le-feu. Le désarmement du Hezbollah demeure la priorité stratégique du Liban et un critère central dans la perception internationale de la situation du pays. Les positions des pays étrangers sont en effet limpides : aucune aide ou investissement ne sera accordé au Liban tant que le Hezbollah ne sera pas désarmé.



Le communiqué du ministre de la défense sur l'armée laisse à désirer. Pourquoi on a une armée sinon pour appliquer les lois du gouvernement.
22 h 24, le 26 septembre 2025