Un homme constant l'ampleur des dégâts après un raid israélien massif contre la zone industrielle d'Ansariyé, près de Saïda au Liban-Sud, le 3 septembre 2025. Photo Mohammad Yassine/L'OLJ
Un calme précaire s'est installé depuis la nuit de mercredi à jeudi au Liban-Sud, après une journée particulièrement meurtrière, pendant laquelle Israël a bombardé plusieurs zones, remontant même jusqu’aux environs de Saïda, située à plusieurs dizaines de kilomètres de la frontière.
À la mi-journée, des tracts ont été largués par l’armée israélienne, menaçant de cibler une usine de pierres appartenant à Ahmad Aoudé, dit « Abou Mohammad », située près de l’ancienne prison de Khiam (caza de Marjeyoun). Les habitants ont été appelés à évacuer l’usine et la maison attenante par mesure de précaution.
Parallèlement, un drone israélien s’est écrasé quelques heures plus tard à Khiam, tandis qu’un autre appareil a visé un conteneur préfabriqué dans le quartier de Kharza, à Aïta al-Chaab (caza de Bint Jbeil), à proximité de la frontière. Ces structures servent de logements temporaires à des familles dont les maisons ont été détruites par des frappes israéliennes précédentes. Dans le même caza, à Yaroun, un hélicoptère israélien a largué une bombe sonore près d’un habitant, provoquant un incendie dans un champ à la périphérie du village. L’incident n’a pas fait de blessés.
« Des cris s’élevaient à chaque missile »
Le principal incident de ces dernières 24 heures reste celui survenu mercredi vers 22h entre Adloun et Ansariyé, à une vingtaine de kilomètres au sud de Saïda, lorsque l'aviation israélienne a mené pas moins de huit frappes, avec douze missiles, sur la zone industrielle située entre les deux communes, détruisant plusieurs hangars servant d'usines de réparation d'engins de chantier.
Quatre ouvriers syriens présents sur les lieux lors de l'attaque ont été blessés, et au moins l'un d'entre eux a succombé à ses blessures, selon un premier bilan fourni par la Défense civile, qui n'a plus changé depuis.
Un incendie s'est déclaré dans l'entrepôt dans la foulée des frappes, entraînant l'intervention des pompiers et provoquant une fermeture de l'autoroute entre Saïda et Tyr pendant plusieurs heures. « Je n’avais jamais entendu de telles explosions auparavant, a confié un habitant d'Ansariyé à notre correspondant Mountasser Abdallah. Elles étaient si puissantes que des cris s’élevaient à chaque missile qui explosait. La terre tremblait sous nos pieds. C’était une terreur immense, et les dégâts sont considérables dans les maisons alentours ; la zone ciblée a été détruite », a-t-il ajouté.
« Ils ont détruit tout ça pour que nous ne puissions pas travailler à la reconstruction du Sud, a dénoncé ce jeudi le président de la municipalité d'Ansariyé au milieu des ruines du hangar. Ce hangar, c'est la première fois qu'il est frappé. Celui-là, c'est la deuxième... Ces engins valent des dizaines de milliers de dollars chacun, et la seule réponse des trois présidents est de prendre les armes de la résistance ? », s'est-il exclamé.
La Finul de nouveau visée par l'armée israélienne
Comme souvent, l'armée israélienne a revendiqué ces séries de frappes en affirmant y avoir bombardé « un site du Hezbollah qui servait à stocker des engins de chantier destinés à la reconstruction » des capacités du parti chiite. Elle a également commenté le tir de drone entre Jibbein et Tayr Harfa, disant y avoir visé « une rampe de lancement de roquettes du Hezbollah ».
Le reste de la nuit a été moins violent, mais pas sans incidents. Selon les informations de notre correspondant, peu après 23h, les abords de la localité de Chebaa (Hasbaya) ont essuyé de lourdes rafales de tirs en provenance du site israélien dit du radar. Plusieurs drones israéliens ont également survolé, plus tard dans la nuit, la localité de Houch, près de Tyr, sans qu'aucune frappe ne soit recensée. Plus tôt, un autre drone israélien avait tiré un missile sur une zone située entre Jibbein et Tayr Harfa (Tyr), également dans le secteur ouest de la bande frontalière.
La veille, mercredi, l'armée israélienne avait déjà mené une importante série d'attaques ayant fait au moins trois morts au Liban-Sud, à Kharayeb, Chebaa et Yater. De plus, des soldats de la Finul ont été visés par quatre grenades larguées par l'armée israélienne à quelques mètres de là où des Casques bleus déblayaient une route bloquant l’accès à une de leurs positions proches de la Ligne bleue, a déclaré la troupe onusienne dans un communiqué, qualifiant d'« inacceptable » et de « violation grave de la résolution 1701 » ce nouvel incident.
Cette (énième) escalade intervient à la veille d’un Conseil des ministres crucial, consacré à l’étude du plan de l’armée pour le désarmement des milices, dont le Hezbollah.
Selon des données du ministère de la Santé et de l'ONU, compilées par L'Orient-Le Jour, au moins 310 personnes ont été tuées au Liban depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu entre le Hezbollah et Israël le 27 novembre 2024, après plus d'un an de guerre.




Quand une main ne peut gifler elle caresse ! Persistant à faire la guerre le Hezbollah en s’obstinant ne fait qu’aggraver la situation dramatique du Sud Liban et de ses habitants ! Tendez la main à l’état et essayez si ça ne marche pas qui vous empêche de refaire la résistance ? Mais non il faut contenter l’’Iran et vos braves moutons vous suivent aveuglément !
12 h 52, le 06 septembre 2025