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Nos lecteurs ont la parole

L’ingratitude d’un monde oublieux

C’est avec un cœur lourd que je prends la parole aujourd’hui pour rendre un hommage appuyé, profond et sincère à Son Excellence l’Inconnu (personnage fictif ou bien réel, homme ou femme). Il nous a quittés dans un silence aussi discret qu’injuste. Un silence indigne de l’homme qu’il fut, de la carrière qu’il mena et de l’héritage qu’il laisse derrière lui.

Son départ s’est fait dans la discrétion. Trop de voix sont restées muettes. Trop peu ont réagi. Comme si le monde diplomatique, qu’il a si loyalement servi, l’avait oublié. Et pourtant, comment oublier un homme de son envergure ?

Comment effacer de notre mémoire l’image d’un diplomate aussi chevronné, d’un fonctionnaire aussi dévoué, d’un patriote aussi constant dans l’effort ?

Son parcours est exemplaire. Entré dans la carrière diplomatique, il avait gravi les échelons par la seule force de son mérite, de son travail acharné et de sa loyauté inébranlable envers son pays. De capitale en capitale, de mission en mission, il avait porté haut les couleurs de sa nation. Il était un homme de rigueur, un homme de principe. Mais il était aussi un homme d’écoute, un homme de dialogue, un bâtisseur de ponts là où d’autres dressaient des murs.

À l’étranger, il était respecté. En interne, il était écouté, souvent en silence, il n’était pas un homme de bruit. Il était un homme de discrétion, de constance et de résultats. Il n’avait pas besoin de projecteurs : son œuvre parlait pour lui. Il ne cherchait ni gloire ni reconnaissance. Il cherchait l’efficacité, l’équité et l’honneur.

Mais ce qui le distinguait encore plus profondément, c’était son humanité. Il était un homme généreux, dans le sens le plus noble du terme. Il donnait sans compter de son temps, de ses conseils, de ses ressources... Combien d’étudiants, de familles, de jeunes en détresse ont trouvé en lui un soutien discret, une main tendue, un mot de réconfort ou un appui matériel, souvent anonyme, toujours sincère ?

Il était de ceux qui donnent sans attendre. De ceux qui aident sans juger. De ceux qui partagent sans se faire remarquer. Cette générosité silencieuse est peut-être la plus belle part de son héritage.

Hélas, il est parti comme il avait vécu : dans la retenue, dans la discrétion. Mais il appartient à ses compatriotes aujourd’hui de briser ce silence. De dire haut ce que beaucoup pensent bas : qu’il était un grand homme. Un homme de devoir. Un homme juste. Un homme bon.

Il est douloureux de constater que son départ n’a pas fait les manchettes, qu’aucune grande cérémonie n’a été organisée en son honneur, que trop peu de voix officielles se sont élevées. Mais cette injustice de l’oubli, il est bon de tenter aujourd’hui, modestement, de la réparer. Car il n’est jamais trop tard pour reconnaître la valeur d’un homme. Il n’est jamais trop tard pour dire merci.

Merci, pour son engagement sans faille. Merci pour les sacrifices personnels qu’il avait consentis au nom de la mission diplomatique. Merci pour avoir incarné, avec dignité, l’image du pays qu’il représentait à l’étranger. Merci d’avoir été une figure d’excellence, dans un monde parfois dominé par le compromis facile ou l’intérêt personnel.

À l’heure où les nations ont besoin de repères, il en était un. À l’heure où le monde cherche des exemples de leadership sobre, éthique et efficace, il en était un. Et à l’heure où tant cherchent des modèles d’intégrité, il était là, debout, discret, mais exemplaire.

Sa mémoire vivra. Non pas dans les archives poussiéreuses, mais dans les cœurs de ceux qu’il avait marqués. Dans le souvenir de ceux qu’il avait aidés. Dans les esprits de ceux qui ont travaillé à ses côtés. Et dans les jeunes diplomates qui, un jour, entendront parler de lui et comprendront ce que veut dire servir avec honneur.

Que Son Excellence repose en paix. Que la terre lui soit légère. Et que la postérité lui accorde enfin la reconnaissance qu’il méritait tant.

Graziella SALIBA MAKARON

Avocate à la cour

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « Courrier » n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, « L’Orient-Le Jour » offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes.

C’est avec un cœur lourd que je prends la parole aujourd’hui pour rendre un hommage appuyé, profond et sincère à Son Excellence l’Inconnu (personnage fictif ou bien réel, homme ou femme). Il nous a quittés dans un silence aussi discret qu’injuste. Un silence indigne de l’homme qu’il fut, de la carrière qu’il mena et de l’héritage qu’il laisse derrière lui.Son départ s’est fait dans la discrétion. Trop de voix sont restées muettes. Trop peu ont réagi. Comme si le monde diplomatique, qu’il a si loyalement servi, l’avait oublié. Et pourtant, comment oublier un homme de son envergure ?Comment effacer de notre mémoire l’image d’un diplomate aussi chevronné, d’un fonctionnaire aussi dévoué, d’un patriote aussi constant dans l’effort ?Son parcours est exemplaire. Entré dans la carrière...
commentaires (1)

Merci ! Excellent modèle d'hommage que je me presse de communiquer à mes proches afin qu'en ce qui concernera ma dépouille, le discours aux asticots porte bien haut et bien fort l'admirable exemplarité de mon existence, bien qu'à ce jour, au soir de ma vie, elle reste inexplicablement méconnue!

M.E

07 h 52, le 30 août 2025

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Commentaires (1)

  • Merci ! Excellent modèle d'hommage que je me presse de communiquer à mes proches afin qu'en ce qui concernera ma dépouille, le discours aux asticots porte bien haut et bien fort l'admirable exemplarité de mon existence, bien qu'à ce jour, au soir de ma vie, elle reste inexplicablement méconnue!

    M.E

    07 h 52, le 30 août 2025

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