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Économie - Liban

Mohammad Haïdar annonce des mesures pour régulariser le marché du travail, et une série d’accords avec l’Irak

Vingt-cinq pour cent des agences pour les employés de maison n’ont pas régularisé leur situation et seront contraintes de suspendre leurs activités à partir du 1er septembre, rapporte le ministre du Travail.

Mohammad Haïdar annonce des mesures pour régulariser le marché du travail, et une série d’accords avec l’Irak

Capture d’écran de la conférence de presse du ministre libanais du Travail, Mohammad Haïdar, vendredi 22 août 2025, partagée par le site Spot Shot.

Le ministre du Travail Mohammad Haïdar a annoncé vendredi au cours d’une conférence de presse un ensemble de mesures visant à faciliter et régulariser le marché du travail au Liban, notamment concernant la main-d’œuvre étrangère, ainsi qu’une série d’accords, particulièrement avec l’Irak dont il avait rencontré le Premier ministre Mohammad Chia al-Soudani au début du mois d’août

Le ministre s’est attardé en premier sur la situation de la main-d’œuvre étrangère, confirmant la présence de « travailleurs étrangers en situation irrégulière dans des secteurs essentiels ». « Depuis environ trois mois, nous avons demandé à plusieurs secteurs de régulariser la situation de leurs employés dans un délai de trois mois », a-t-il précisé, avant de faire le bilan « des contrôles dans tous les secteurs ». « L’inspection aléatoire a concerné 32 établissements, 42 procès-verbaux ont été dressés et 22 avertissements ont été adressés », a-t-il fait savoir. À partir du 1er septembre prochain, « toutes les campagnes d’inspection seront accompagnées d’une couverture médiatique, et les établissements contrevenants devront assumer leurs responsabilités », a ajouté M. Haïdar, qui a remercié les « forces de sécurité pour l’aide fournie aux équipes d’inspection dans l’accomplissement de leur mission ». 

Accord avec l’Éthiopie sur les droits des travailleurs 

La même régularisation a été exigée concernant les employés de maison, a poursuivi le ministre. « Nous avons demandé à toutes les agences de régulariser leur situation dans un délai qui a expiré le mois dernier. Nous avons ensuite prolongé l’échéance de 15 jours. Il est apparu que 25 % des agences ne sont toujours pas en règle », a déploré M. Haïdar. « Le ministère est contraint de suspendre leurs activités comme première étape à partir du 1er septembre 2025. Ensuite, toute agence ne respectant pas ces conditions sera interdite d’activité », a-t-il prévenu.

Par ailleurs, le ministère du Travail a commencé à conclure des accords avec les pays dont la main-d’œuvre est présente au Liban. « Nous sommes dans les étapes finales de la signature d’un accord avec l’Éthiopie concernant les conditions de travail, les droits des travailleurs, la manière de les traiter et l’organisme vers lequel ils peuvent se tourner en cas de plainte », a annoncé Mohammad Haïdar, précisant qu’« à partir du début du mois prochain, les citoyens pourront embaucher une employée de maison (...) sans passer par une agence ».

Selon de récentes estimations de l’ONG Legal Action Worldwide (LAW), qui fournit une aide juridique aux victimes de violation des droits de l’homme en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie, le Liban compte près de 250 000 travailleuses domestiques migrantes qui dépendent du système de la kafala en lieu et place du code du travail en vigueur. Ce système de parrainage donne aux employeurs un contrôle quasi total sur l’emploi et le statut du personnel étranger. Une situation qui a été exacerbée par les récentes crises au Liban, de la pandémie de Covid-19 à la guerre entre Israël et le Hezbollah, en passant par la crise financière.

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Mohammad Haïdar a également expliqué qu’en ce qui concerne les travailleurs étrangers, il a été décidé d’instaurer « une garantie de deux milliards de livres déposés auprès de la Banque de l’habitat », qui restera bloquée tant que l’entreprise est en activité et sera restituée si elle cesse de travailler. « L’objectif est que l’employeur puisse contribuer à la création d’emplois et pas seulement obtenir un permis de travail », a-t-il ajouté, précisant que « l’employeur devra embaucher trois Libanais pour avoir le droit d’entamer les démarches légales ».

Le ministre a aussi appelé les syndicats à régulariser leur situation, déplorant qu’« après trois mois d’appels en ce sens, environ 50 % seulement l’ont fait ». Il a indiqué qu’une formation destinée aux fonctionnaires du ministère du Travail sera organisée les 15 et 16 septembre « sur toutes les méthodes modernes de travail et sur les lois libanaises, arabes et internationales ». « Les réalisations du ministère et les mesures entreprises au cours des six derniers mois seront annoncées à cette occasion, en présence du Premier ministre et du directeur général de l’organisation », a-t-il annoncé.

Enfin, le ministre a évoqué la nomination prochaine d’un nouveau conseil d’administration de la Sécurité sociale, dont le décret d’application a été publié jeudi au Journal officiel. « Après le lancement du processus de candidature, nous accorderons un délai de 15 jours pour examiner les demandes, puis 15 jours supplémentaires pour nommer un nouveau conseil d’administration. Si nous respectons les délais prévus, nous aurons un nouveau conseil dans six ou sept semaines », a-t-il déclaré.

Coopération avec les pays arabes 

Abordant les relations bilatérales avec l’Irak, Mohammad Haïdar a dit avoir évoqué avec M. Soudani la question de l’acheminement du pétrole d’Irak vers le Liban en vue d’accélérer l’installation de gazoducs en direction de la raffinerie de Tripoli, qui « contribuera à créer de nombreuses opportunités d’emploi pour les travailleurs libanais et faciliter l’action des investisseurs ». « Une commission libano-irako-syrienne sera mise sur pied pour assurer le suivi de ce dossier », a-t-il précisé. Le 12 août, l’agence Reuters avait rapporté que le ministère irakien du Pétrole envisageait d’exporter du brut via le port libanais de Tripoli

Le ministre a également évoqué « le don de blé de l’Irak au Liban », confirmant « l’accord sur l’envoi de la première livraison, qui s’élève à 50 000 tonnes, au port de Beyrouth ». « En raison de l’absence de silos suffisants pour stocker la totalité du don, celui-ci a été réparti en plusieurs lots », a-t-il ajouté. Mohammad Haïdar avait auparavant annoncé dans un entretien le 12 août avec le président du Parlement Nabih Berry, dont il est proche, que cette livraison s’inscrit dans le cadre d’un don de 300 000 tonnes de blé pour le Liban.

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Il a par ailleurs été convenu avec l’Irak « d’améliorer les conditions des travailleurs et des employeurs libanais en Irak et de faciliter leurs démarches, et réciproquement celles des travailleurs et employeurs irakiens au Liban », a précisé le ministre du Travail. Plus spécifiquement, le Premier ministre irakien et M. Haïdar sont convenus d’échanger des expertises, notamment dans les secteurs dont le Liban et l’Irak ont besoin, et de créer une sorte d’académie pour la formation continue dans certains domaines, en particulier la restauration, l’hôtellerie et la technologie. « En contrepartie, il sera procédé à la formation des jeunes Libanais à la gestion et au travail dans le secteur pétrolier », dont l’Irak, membre fondateur de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), est l’un des principaux acteurs mondiaux.

L’aide à la reconstruction a également été évoquée, précise le ministre. « Le Premier ministre (irakien) a exprimé sa volonté d’accélérer ce processus et a chargé une commission de communiquer avec les responsables libanais afin de lancer la reconstruction, notamment les travaux de réhabilitation », a-t-il fait savoir. 

Mohammad Haïdar a enfin annoncé une « coopération avec les pays arabes, notamment le Qatar, l’Irak et le Koweït, afin d’échanger des expertises et d’étudier les marchés du travail au Liban », saluant « la coopération avec le ministère du Travail du Qatar et l’organisation Jusour (« ponts ») qui se charge de trouver des emplois pour les travailleurs étrangers au Qatar ». Il a annoncé dans ce cadre une rencontre en septembre avec le directeur de cette organisation. « À partir du mois (de septembre) prochain, nous pourrons annoncer les opportunités d’emploi disponibles au Liban et à l’étranger, ainsi que les procédures à suivre pour faciliter les démarches » a-t-il promis. 

Le ministre du Travail Mohammad Haïdar a annoncé vendredi au cours d’une conférence de presse un ensemble de mesures visant à faciliter et régulariser le marché du travail au Liban, notamment concernant la main-d’œuvre étrangère, ainsi qu’une série d’accords, particulièrement avec l’Irak dont il avait rencontré le Premier ministre Mohammad Chia al-Soudani au début du mois d’août. Le ministre s’est attardé en premier sur la situation de la main-d’œuvre étrangère, confirmant la présence de « travailleurs étrangers en situation irrégulière dans des secteurs essentiels ». « Depuis environ trois mois, nous avons demandé à plusieurs secteurs de régulariser la situation de leurs employés dans un délai de trois mois », a-t-il précisé, avant de faire le bilan « des contrôles dans tous les...
commentaires (1)

Pourquoi toutes ces regulations pour les travailleuses etrangeres? Comme si une Libanaise travaillerait comme domestique... il faudrait juste que le ministre simplifie les procedures et les mette online. Envoyer le monde a la SG est une humiiation. Quand aux syriens, on a decidé d'engager un plombier Libanais pour "aider les Libanais" sauf que ce plombier Libanais a fini par engager son propre syrien et n'a rien fait de ses mains!!. il faut que le systeme comprenne le ethos des Libanais et arrete de suivre les regles de travail herités de la France de 1945 et s'aligne avec Dubai de 2020

..... No comment

09 h 54, le 23 août 2025

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Commentaires (1)

  • Pourquoi toutes ces regulations pour les travailleuses etrangeres? Comme si une Libanaise travaillerait comme domestique... il faudrait juste que le ministre simplifie les procedures et les mette online. Envoyer le monde a la SG est une humiiation. Quand aux syriens, on a decidé d'engager un plombier Libanais pour "aider les Libanais" sauf que ce plombier Libanais a fini par engager son propre syrien et n'a rien fait de ses mains!!. il faut que le systeme comprenne le ethos des Libanais et arrete de suivre les regles de travail herités de la France de 1945 et s'aligne avec Dubai de 2020

    ..... No comment

    09 h 54, le 23 août 2025

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