Le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, entouré de députés de son bloc parlementaire, serre la main du Premier ministre, Nawaf Salam, le 22 août 2025 au Grand Sérail à Beyrouth. Photo ANI
A l'issue d'une réunion avec le Premier ministre au Grand Sérail à Beyrouth, le chef des Forces libanaises Samir Geagea, a affirmé vendredi que « tout le monde doit se conformer » aux décisions du gouvernement de Nawaf Salam concernant le monopole que doit exercer l’État libanais sur les armes. Il a dénoncé dans ce cadre les critiques dont le président Joseph Aoun et le Premier ministre sont l'objet depuis que les autorités ont décidé d'amorcer le désarmement des milices au Liban, dont le Hezbollah et les factions palestiniennes.
« Tout le monde doit se conformer à la décision du gouvernement libanais concernant le monopole des armes. Cependant, cette décision est en train d'être appliquée de manière partielle », a déclaré le leader des FL, qui était accompagné de députés de son groupe parlementaire. « Tout le monde est d'accord pour que les armes palestiniennes soient remises à l'armée et le gouvernement a lancé cette opération. Alors pourquoi certains la refusent-ils ? », a-t-il ajouté.
Il a aussi salué les « décisions audacieuses » du gouvernement Salam, qui a « remis le Liban sur le bon chemin ». « Avant cela, nous vivions depuis 40 ans dans un semblant d’État, un État qui n'avait pas son mot à dire et qui était donc très affaibli. Avec ces décisions (du gouvernement), chaque Libanais a commencé à ressentir la présence d'un véritable État », a-t-il déclaré.
Début août, le cabinet avait adopté les objectifs de la « feuille de route américaine » qui prévoit, entre autres, le désarmement des milices au Liban et le monopole des autorités libanaises sur les armes. L’armée a de son côté entamé jeudi le désarmement des factions palestiniennes dans le camp de Bourj el-Brajné à Beyrouth, dominé par le Fateh. Mais les autres camps pourraient être plus difficiles sans l’accord du Hamas. Le Hezbollah, lui, continue de refuser de remettre ses armes aux autorités et a même menacé à plusieurs reprises de recourir à la rue.
Le mufti jaafarite Ahmad Kabalan a qualifié vendredi de « scandale » le début du désarmement des camps palestiniens, dénonçant un « acte honteux qui cible clairement les armes de la résistance, alors même que cette résistance a été le plus grand garant du Liban depuis plus d’un demi-siècle ».
« Attaquer le chef du gouvernement est inacceptable »
« Nous sommes ici aujourd'hui pour dire que l'État réel a commencé à prendre forme. Mais certains tentent encore d'entraver ce projet, en s'en prenant tantôt au président de la République, tantôt au chef du gouvernement. Ceci est inacceptable et, en fin de compte, ceux qui tenteront d'entraver cette marche en avant seront perdants, car celle-ci se poursuivra », a souligné le chef des FL. Samir Geagea a appelé les détracteurs de Nawaf Salam à saisir les institutions démocratiques s'ils le souhaitent. « Ceux qui considèrent que le Premier ministre est un traître peuvent lui retirer leur confiance au Parlement (...) Notre système est un système démocratique parlementaire. Qu'ils demandent une session extraordinaire du Parlement pour discuter de la question des armes. Nous sommes prêts à cela, mais attaquer le chef du gouvernement jour et nuit est inacceptable », a-t-il ajouté.
Accusé de servir des intérêts « israélo-saoudiens » ou qualifié de « sioniste » par la presse pro-Hezbollah, Nawaf Salam fait l'objet d'une campagne menée contre lui par le parti chiite, après que son gouvernement s'est engagé à désarmer les milices. Il est par contre fortement soutenu par les opposants à la formation pro-iranienne. Le président Aoun, lui, ne fait pas l'objet de critiques aussi sévères pour l'instant malgré son attachement au monopole des armes, le Hezbollah tentant de maintenir de bonnes relations avec le chef de l’État.
Vendredi dernier, le secrétaire général du Hezbollah Naïm Kassem avait multiplié les menaces, affirmant que sa formation était prête à l'affrontement si le désarmement lui était imposé et accusant le gouvernement Salam de servir les intérêts de l'État hébreu. Ces propos lui ont valu de nombreuses critiques de la part de plusieurs responsables politiques.




Une grande partie des (chrétiens) Libanais vivaient également sous la botte de la milice de Samir Geagea qui avait finalement choisi d’entrer en guerre contre l’armée plutôt que de rendre ses armes « illégales ». Personne n’a oublié.
13 h 43, le 23 août 2025