Le secrétaire général du Hezbollah en pleine allocution, le 15 août 2025. Capture d’écran prise d’Al-Manar
Deux jours après la visite au Liban du secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, Ali Larijani, le secrétaire général du Hezbollah Naïm Kassem a profité de l’Arbaïn, qui marque les quarante jours après la commémoration de l’Achoura, anniversaire de la mort de l’imam Hussein, pour multiplier les menaces contre le gouvernement de Nawaf Salam et la présidence de Joseph Aoun, suite à la décision du Conseil des ministres de procéder au désarmement du parti chiite avant la fin de l’année.
« Le gouvernement porte la responsabilité de son abandon de son devoir de défendre le Liban et ses terres. Vous n’êtes pas excusables si vous prenez de telles décisions sur l’armement de la résistance », a affirmé Kassem dans une allocution diffusée vendredi lors de commémorations organisées à Baalbeck. « Défendez le Liban ! Soyons ensemble pour construire le pays, car il ne se bâtit pas avec une seule composante (...) Le Liban n'aura pas de vie si vous choisissez de vous mettre de l'autre côté », a-t-il soutenu. Soit le Liban demeure et nous demeurons ensemble, soit il pourra dire adieu au monde », a-t-il dit.
Cette surenchère contrebalance le ton diplomatique employé par Ali Larijani mercredi devant Joseph Aoun et Nawaf Salam, qui avaient critiqué l’ingérence iranienne dans le dossier du rétablissement du monopole de l’État sur les armes. Le député sunnite de Tripoli Achraf Rifi a été un des plus prompts à répondre à Naïm Kassem, mettant en garde le Hezbollah contre « les menaces de recours à la guerre civile ».
Une décision qui « sert le projet israélien »
L'Iran a critiqué la décision prise le 5 août par le Conseil des ministres, qui est en accord avec une proposition américaine prévoyant également le retrait d'Israël des sites que son armée occupe encore au Liban-Sud.
« Nous rejetons toute ingérence dans nos affaires intérieures, quelle qu’en soit la provenance, et nous voulons que la scène libanaise demeure sûre et stable, dans l’intérêt de tous les Libanais, sans discrimination », avait déclaré le chef de l'État face au haut responsable iranien à Baabda.
« Les décisions du gouvernement libanais ne doivent pas faire l’objet de discussions dans un autre pays, car le centre de décision est le Conseil des ministres, et la décision du Liban est prise uniquement par les Libanais, qui n’acceptent ni tutelle ni diktat », avait insisté le chef du gouvernement face au même interlocuteur au Grand Sérail. Quelques jours avant la visite d’Ali Larijani, Beyrouth avait protesté contre des déclarations du ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi, d’Ali Akbar Velayati et du commandant adjoint de la Force al-Qods des Gardiens de la révolution, qui avaient pris position contre la décision du gouvernement.
Face aux sorties de ces deux hôtes, Ali Larijani avait sobrement assuré que l’Iran « ne s’ingère pas dans les affaires intérieures libanaises » et qu’il a l’intention de toujours « défendre les intérêts suprêmes du Liban ». Il a été ensuite reçu par Naïm Kassem, qui l’a remercié pour le « soutien au Liban et à la résistance ».
Dans son discours, le secrétaire général du Hezbollah a enchaîné vendredi les critiques de la décision prise par l’exécutif. « (Elle) prive le Liban, la résistance et son peuple des armes défensives en pleine agression. (Elle) revient à faciliter le meurtre des résistants et de leurs familles et à les chasser de leurs maisons (...) Ce gouvernement exécute une décision américaine et sert le projet israélien, qu’il en ait conscience ou non », a-t-il enchaîné, avant de ponctuer : « Êtes-vous satisfaits que Netanyahu vous ait félicités ». Une référence à des propos tenus par le Premier ministre israélien lors d’une conférence de presse le week-end dernier, au cours de laquelle il a déclaré que c’était grâce aux actions d’Israël, qui avaient affaibli le parti chiite, que le gouvernement libanais « parlait » de le désarmer.
Interdit d'entraîner l'armée libanaise
Naïm Kassem a aussi appelé le gouvernement libanais à «se réunir pour planifier la riposte à l’agression et construire le pays, et non pour se soumettre à l’arrogance américano-israélienne». « Avez-vous entendu Netanyahu dire qu’il voulait le Grand Israël ? », a-t-il encore souligné, en référence à des propos tenus par le chef du gouvernement israélien. L’expression « Grand Israël » fait allusion à des frontières bibliques du temps du roi Salomon, qui engloberaient la Cisjordanie mais aussi une partie des territoires situés dans les pays voisins, et que des Israéliens ultra-nationalistes souhaitent occuper. Dans un discours cette semaine, M. Netanyahu s’est dit « très attaché » à cette « vision ». « Nous espérons que certains pays arabes se tairont au lieu de soutenir l’ennemi dans ses frappes contre les résistants » a encore déclaré Naïm Kassem, alors que plusieurs pays du Golfe on vivement réagi aux propos du Premier ministre israélien.
Les attaques de Naïm Kassem ne se sont pas arrêtées là. « Le gouvernement a pris une décision extrêmement grave, en violation du pacte de national (...) La déclaration ministérielle évoquait une stratégie de défense, où est-elle ? Vous voulez retirer la légitimité à l’armement de la résistance ? Vous ne le pouvez pas, car la résistance a tiré sa légitimité de l’accord de Taëf, de la Constitution et du sang versé, pas de vous », a-t-il dit. Il ajouté qu'il est « interdit d’entraîner l’armée (libanaise) dans une discorde interne ; son bilan est irréprochable et sa direction ne souhaite pas s’y engager ».
« Nous tenons le gouvernement libanais pour entièrement responsable de toute discorde qui pourrait survenir. Nous ne la voulons pas, mais certains y travaillent », a encore menacé le chef du Hezbollah.
Il a assuré que sa formation et le mouvement Amal, l’autre composante du tandem chiite, avaient convenu de reporter des « manifestations de rue » afin de permettre un dialogue et éviter « la confrontation ». Mais, a-t-il ajouté, « si on nous l'impose, nous y sommes préparés. Des manifestations auront alors lieu au Liban et elles atteindront l'ambassade des États-Unis ».
De fait, les partisans du Hezbollah se sont bien mobilisés plusieurs jours de suite après la décision du Conseil des ministres, tout en étant encadrés par l’armée.
Le fait que le Hezbollah ait subi de lourdes pertes humaines et matérielles pendant la guerre de plus d’un an qui l’a opposé à Israël, suite à sa décision d’ouvrir un front de soutien à Gaza le 8 octobre 2023, n’a pas empêché Naïm Kassem de parler de perspective de victoire contre son adversaire israélien, assimilant le combat du parti à « la bataille de Kerbala » de 680 après J.C., au cours de laquelle l’imam Hussein et ses hommes ont été tués. Une rhétorique déjà au centre des commémorations organisées en juillet pour l'Achoura. « Nous mènerons cette bataille de Kerbala face au projet américano-israélien, et nous sommes confiants dans la victoire », a-t-il déclaré.
Le secrétaire général du Hezbollah a également remercié Téhéran pour son soutien financier, militaire et politique.




Trump juge « totalement inacceptable » la réponse de l'Iran pour mettre fin à la guerre
Parce que pour lui les libanais ont une vie depuis l’usurpation de leur pays par ce parti vendu aux mollahs? Et bien morts pour morts, autant que cette mort soit justifiée et pour la bonne cause au lieu qu’elle nous soit imposée pour voir des gueules enfarinées et archaïques nous menacer et nous tuer tous les jours un peu plus pour notre propre intérêt soit disant.
10 h 14, le 16 août 2025