Une banderole accrochée dans la région du Hermel et accusant Nawaf Salam de collaborer avec Israël. Photo DR
Une banderole accrochée dans la région du Hermel et accusant le Premier ministre Nawaf Salam de collaborer avec Israël a été largement partagée, selon des informations de notre correspondante dans la région, Sarah Abdallah. Signée par les « clans et familles du Hermel », l'affiche explique que « les collaborateurs ne sont pas définis selon leur confession ou religion ». On y voit également un portrait du chef du gouvernement avec une étoile de David sur le front.
Si de nombreux clans chiites proches du Hezbollah vivent dans cette région, ils ont démenti dans un communiqué être liés à cette campagne, « qui ne représente pas (leurs) valeurs ». Se revendiquant parmi les « premiers défenseurs de la patrie et partenaires de toutes les communautés », ils ont souligné qu'ils « n'expriment pas d'opinion politique secrètement, sous le couvert de la nuit, mais ouvertement ». Dans leur bref texte, les familles et clans de Baalbeck-Hermel ont souligné que Nawaf Salam est à la tête d'un « gouvernement unificateur » et qu'il a tout leur respect. « Les banderoles qui attisent la discorde ne représentent pas nos clans ni nos valeurs », ont-ils insisté.
Le commissaire adjoint du gouvernement auprès du tribunal militaire, le juge Hani Helmi el-Hajjar, a ordonné l’ouverture d’une enquête sur ces affiches et demandé aux forces de sécurité d’identifier les responsables.
Accusé de servir des intérêts « israélo-saoudiens » ou d'être « sioniste » par la presse pro-Hezbollah, Nawaf Salam fait l'objet d'une campagne menée contre lui par le parti chiite, après que son gouvernement s'est engagé à désarmer les milices au Liban, dont le Hezbollah. Il est par contre fortement soutenu par les opposants à la formation pro-iranienne.
L'armée libanaise a été chargée début août d'élaborer un plan pour désarmer le parti chiite. Depuis leurs prises de fonctions, le président de la République Joseph Aoun et le Premier ministre se disent déterminés à consacrer l’indépendance du pouvoir judiciaire et le monopole de l’État sur les armes. Malgré ces critiques face au Premier ministre, le parti chiite adopte pour l'heure un ton conciliant quant au chef de l'État.
Vendredi dernier, le secrétaire général du Hezbollah Naïm Kassem avait multiplié les menaces, affirmant que sa formation était prête à l'affrontement si le désarmement lui était imposé et accusant le gouvernement Salam de servir les intérêts de l'État hébreu. Ces propos lui ont valu de nombreuses critiques de la part de plusieurs responsables politiques.



et qu'est ce qu'attend le gouvernement de l'enlever et de mettre les incitateurs en prison? S'ils ne peuvent pas enlever une banderole, comment ils vont faire avec les armes du parti du diable?
09 h 17, le 22 août 2025