« Les putschistes » titre le journal pro-Hezbollah « Al-Akhbar » mercredi 6 août, au lendemain du Conseil des ministres fixant à fin 2025 la date définitive pour le désarmement du Hezbollah. Capture d'écran de la une, en version numérique
La décision historique du Conseil des ministres mardi, fixant à fin 2025 la date définitive pour le désarmement du Hezbollah, a été unanimement saluée mercredi par la presse locale, à l'exception notable des journaux pro-Hezb, qui vont jusqu'à dénoncer un « putsch ». Certains médias s'inquiètent dans ce cadre de la possible « impasse » politique à venir, alors que le Liban se remet d'une guerre dévastatrice de 13 mois contre Israël.
Le quotidien souverainiste an-Nahar titre sur la « décision chirurgicale » pour le « monopole des armes avant la fin de l’année », suite à la réunion la plus scrutée de l'exécutif depuis sa mise sur pied en février. « Les résultats de la séance furent réellement décisifs », se félicite le quotidien, rappelant les propos du Premier ministre Nawaf Salam, qui a personnellement annoncé la décision, au sortir de la séance, « après plus de cinq heures et demie de délibérations ».
Sans surprise, le journal Nida’ el-Watan, proche des Forces libanaises (FL), parti chrétien qui se veut à la tête de l'opposition au Hezbollah, salue « une séance historique du Conseil des ministres » et « une position du Premier ministre Nawaf Salam qui figurera à son crédit dans les annales ». Revenant sur le discours du secrétaire général du Hezbollah, Naïm Kassem, qui a réitéré, en direct, parallèlement à la réunion du gouvernement, son refus de remettre les armes, le journal a dénoncé le « discours politique virulent » du numéro 1 du parti chiite, qu'il qualifie de « coup de force contre la Constitution et contre le Conseil des ministres ».
Le journal modéré Al-Joumhouria et al-Anba', organe du Parti socialiste progressiste du leader druze Taymour Joumblatt, mettent en avant le refus par le Hezbollah de se laisser désarmer. « Le Conseil des ministres n’a fait que reporter le problème, mais l’échéance reste là, et aucun horizon de solution n’est en vue », commente Al-Joumhouria, qui regrette dans son titre « une demi-décision sur le monopole des armes » et note dans ses pages que « tout le monde redoute une division politique majeure ». Dans la même veine, al-Anba' parle du « report d'une décision tranchée » et accuse le Hezbollah de « ramene(r) le Liban à la case départ ».
« Le gouvernement renverse la Constitution et l’accord de Taëf »
Michel Nasr, spécialiste des questions de sécurité pour le journal Ad-Diyar, connu auparavant pour sa proximité avec l'ancien régime syrien des Assad, est bien plus optimiste, estimant que « le président de la République, Joseph Aoun, et le président de la Chambre, Nabih Berry, ont joué un rôle central pour éviter l'explosion politique ».
« Les putschistes », titre pour sa part, sans ambages, le quotidien pro-Hezbollah Al-Akhbar, mettant en « une » une photo du président de la République, Joseph Aoun, et du Premier ministre, Nawaf Salam, pendant le Conseil des ministres de mardi. « Le gouvernement renverse la Constitution et l’accord de Taëf et conduit le pays vers l’explosion pour satisfaire le tuteur saoudien », sous-titre le journal, qui s'en prenait déjà, bien que moins vertement, à l'allocution jeudi du président Aoun. Cette fois-ci, le rédacteur en chef d'Al-Akhbar, Ibrahim el-Amine, accuse sans détour le Conseil des ministres de « s'attaque(r) à la stabilité intérieure pour complaire à Washington et Riyad », estimant qu'il mène le pays vers « l’explosion ».
« La seule chose qu’ils (les responsables politiques actuels) redoutent vraiment, c’est le tuteur étranger », dénonce-t-il, craignant que l'État ne « brade (...) jusqu’aux derniers biens publics, et pire encore, (ne fasse) entrer les institutions sécuritaires et militaires dans l’orbite directe de la tutelle américano-saoudienne, laquelle œuvre exclusivement au service des intérêts de l’ennemi israélien. » Nawaf Salam est par ailleurs directement accusé d'être un « un exécutant soumis à l’autorité de la tutelle étrangère ».
Même diatribe sur le site d'Al-Bina', affilié au Parti syrien national social (PSNS), allié au Hezbollah : « Le gouvernement fait tomber Taëf, la résolution 1701 et l’accord de cessez-le-feu et ouvre le pays à l’agression (israélienne) » estime le journal sur son site. La « conséquence naturelle (de la décision du Conseil des ministres) serait de transformer le Liban en une seconde Syrie, où le ciel serait israélien, les terres occupées resteraient sous occupation et tout le Sud deviendrait une zone de sécurité », poursuit Al-Bina'.




Le contraire nous aurait étonné. Ces chiffons ne s’adressent qu’aux convaincus de la cause de leurs tortionnaires qui les ont anéantis. Ils en redemandent et on se demande ce qu’ils sont encore à leur offrir. Une fois ce parti désarmé, beaucoup feront leur examen de conscience et leur bilan, un peu tard mais se rendront enfin compte de leur naïveté qui les a détruit. Ils remercieront leur compatriotes de les avoir sauvé malgré eux.
11 h 05, le 07 août 2025