Des soldats déployés dans la banlieue sud de Beyrouth lors d'un convoi du Hezbollah, le 7 août 2025. Photo AFP / IBRAHIM AMRO
Les réactions dénonçant le discours du chef du Hezbollah, qui a brandi vendredi la menace d'un affrontement si le désarmement lui était imposé, se sont poursuivies pour la deuxième journée consécutive. Des propos qui ont toutefois été soutenus par l'ambassadeur d’Iran à Beyrouth, Mojtaba Amani, selon lequel « la pression américaine ne brisera pas le Liban ».
Le chef des Forces libanaises (FL), Samir Geagea, a qualifié samedi « d’inacceptables » les propos du secrétaire général du Hezbollah, Naïm Kassem, qui a affirmé vendredi que sa formation était prête à un affrontement, notamment après que le gouvernement a chargé l'armée libanaise d'élaborer un plan pour le désarmer. « Le discours prononcé hier par le cheikh Naïm Kassem est inacceptable à tous égards, car il constitue une menace directe à l'encontre, en premier lieu, du gouvernement libanais, de la majorité parlementaire ensuite qui a accordé sa confiance à ce gouvernement, et enfin de toutes les institutions constitutionnelles du Liban, en tête desquelles la présidence de la République et la présidence du gouvernement », a souligné M. Geagea dans un communiqué. « Il s'agit également d'une menace directe à tous les Libanais libres », a-t-il poursuivi.
« Soutenir les institutions constitutionnelles »
« Si le cheikh Naïm suppose qu'il n'y a plus de Libanais libres au Liban, il se trompe lourdement. S'il suppose qu'il peut ainsi imposer son autorité, qui n'existe pas, à ces Libanais libres, il se trompe lourdement aussi », a ajouté le chef des FL, parti chrétien souverainiste, hostile à l’arsenal du Hezbollah. Dans une menace à peine voilée adressée au secrétaire général du Hezbollah, M. Geagea a également promis de « redoubler d’efforts pour soutenir les institutions constitutionnelles » et de faire son possible « pour empêcher quiconque de faire échouer à nouveau le soutien aux institutions constitutionnelles », estimant que la phase actuelle est « fondatrice » pour le Liban. « Ces institutions représentées par les chefs de l’État et du gouvernement s'efforcent, avec tout leur patriotisme, leur élan et leur force, de ramener le Liban à lui-même, de rétablir l'ordre dans l'État, de ramener les amis du Liban vers lui et de ramener également la communauté internationale à ses côtés », a-t-il conclu.
Après plus d’un an de guerre entre Israël et le Hezbollah, le parti-milice chiite qui a perdu une grande partie de son commandement, dont son chef Hassan Nasrallah éliminé par l'armée israélienne le 27 septembre 2024, continue de refuser de remettre son arsenal à l’armée libanaise, malgré l’insistance des autorités et de la communauté internationale.
De son côté, le député de Beyrouth Ibrahim Mneimné (contestation) a estimé que le Hezbollah « devrait déclarer clairement qu’il rend ses armes et limiter la discussion à ce propos au Conseil des ministres ». « Mais le Hezbollah continue de ne pas respecter ses promesses et d’évoluer dans un cercle vicieux », a-t-il poursuivi, lors d’un entretien à la radio. Et d’ajouter : « Le problème principal réside toujours dans le manque de confiance dans un État qui essaie de se relever. Par conséquent, le Hezbollah ne devrait plus faire subir sa crise à tous les Libanais ».
« Menacer les autorités officielles »
Pour le député du Metn Elias Hankache, membre du groupe parlementaire du parti Kataëb, « nous ne pouvons laisser passer une occasion de construire un pays à la hauteur de nos ambitions pour un agenda iranien régional ». Dans un entretien avec la chaîne libanaise al-Jadeed, il a accusé Naïm Kassem « d’avoir menacé les autorités officielles au Liban, le pays tout entier et tous les Libanais », notant que cette escalade a coïncidé avec la visite du responsable iranien Ali Larijani à Beyrouth.
De son côté, le député Hadi Abou el-Hosn, du bloc de la Rencontre démocratique (joumblattiste), a estimé que le discours de Kassem est « condamnable et inacceptable », se demandant pourquoi avoir utilisé un vocabulaire d’un temps révolu, en référence à la guerre civile invoquée par le chef du Hezbollah. « Ce discours d’escalade, qui nous fait tomber dans le piège israélien, est en totale contradiction avec la participation du Hezbollah au gouvernement, dans lequel nous nous sommes tous intégrés, et dont nous avons tous approuvé la déclaration ministérielle », a-t-il assené dans un communiqué.
« La pression américaine ne brisera pas le Liban »
Pour sa part, l'ambassadeur d’Iran à Beyrouth, Mojtaba Amani, a affirmé que « la pression américaine ne brisera pas le Liban et sa résistance ». Dans une interview à la chaîne Al-Alam, reprise par divers médias libanais, le diplomate a précisé que son « pays résiste (face aux pressions), gouvernement et peuple unis, et souhaite la même chose pour le Liban ».
« L'Iran soutient le Liban et son peuple sans distinction entre les différentes communautés et son soutien au Liban n'est pas un slogan, mais une réalité concrète », a-t-il ajouté. M. Amani a précisé que « s'il y a des maisons détruites appartenant à des chrétiens, des druzes ou d'autres communautés, l'Iran est prêt à leur venir en aide, comme il le fait pour le peuple opprimé de Gaza ».
De son côté, le vice-président du conseil politique du Hezbollah, Mahmoud Comati, a déclaré samedi que le Hezbollah n'est pas « dans une confrontation interne libanaise ». Naïm Kassem « n’a pas menacé, mais a dit que nous sommes prêts, si nous y sommes acculés, à mener une bataille de Karbala », a-t-il souligné dans une référence à la bataille au cours de laquelle l'iman Hussein et ses hommes ont été tués en 680 après J.C.



Qu’est ce que l’Iran apporte de bon au Liban ? Rien, nada…. Alors autant couper tout contact au profit d’autres pays moins belliqueux. Alors out l’ambassadeur et sa clique.
19 h 30, le 17 août 2025