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Nos lecteurs ont la parole

L’incidence des perturbations écologiques sur le droit légitime des écoréfugiés

Les écoréfugiés sont les personnes qui sont portées à quitter leur lieu de vie habituel afin de fuir les catastrophes climatiques. Par conséquent, les droits fondamentaux de ces exilés sont à l’épreuve à cause des changements écologiques. C’est pourquoi, au nom de l’humanité et de la dignité, ces individus ont droit à une protection. D’autant plus que la crise du réchauffement planétaire et les déplacements sont de plus en plus interconnectés.

En un premier lieu, il est pertinent de réaliser que l’accroissement de ces enjeux conduira inéluctablement à ne pas s’en dérober à l’avenir car on aura à se confronter à un nombre appréciable d’êtres humains forcés d’abandonner leur territoire.

Le changement climatique est un multiplicateur de menaces. Effectivement, il amplifie l’impact d’autres facteurs pouvant contribuer aux déplacements, tels que la pauvreté, la perte des moyens de subsistance et autres. En outre, les tensions liées à la diminution des ressources seraient des conditions susceptibles d’aboutir à des conflits.

Actuellement, l’ampleur de la situation nécessite des mesures permettant de prévenir le retard d’actions.

Selon la logique qui ordonne de réagir à la vue de menaces sérieuses palpables, le peuple défavorisé par les circonstances fâcheuses considère que la migration est un outil pour améliorer la résilience et l’existence et que celle-ci est une forme légitime de compensation. Il est à noter que les victimes sont les moins responsables de la situation dans laquelle elles se trouvent.

D’une part, la migration se réalise le plus souvent de l’hémisphère Sud vers l’hémisphère Nord, et d’autre part, elle s’accomplit des pays démunis vers les autres plus aisés. Par ailleurs, il est normal de demander asile auprès des pays qui seraient responsables des changements climatiques.

En parallèle, le devoir de l’homme de prendre en charge son prochain, afin de s’opposer aux transformations destructrices liées à l’environnement, est impératif.

Pour ce faire, des processus relatifs aux migrations internes, transfrontalières et externes doivent être mis en place. Des dispositions peuvent intervenir à titre préventif de sorte qu’il serait nécessaire d’éviter que le danger survienne en aidant les populations à mieux se préparer aux phénomènes météorologiques extrêmes et en les poussant à s’adapter au changement du climat. À ce titre, il est recommandé d’initier les concernés à la plantation d’arbres, d’organiser des campagnes de sensibilisation, de déployer des efforts dans le but de préparer aux catastrophes et de mettre en œuvre leur gestion. La lutte contre les feux de brousse en représente un fidèle exemple. D’un autre côté, l’information et la formation d’experts spécialisés dans ce domaine est d’une primauté avantageuse

Agissant à titre réparateur, il est suggéré d’assister et d’assurer une protection aux réfugiés climatiques et même d’instaurer un régime spécial qui s’appliquerait au statut de cette notion qui n’a pas encore d’existence juridique. Ainsi, la seule définition de ce terme est celle énoncée médiatiquement.

Dans le cadre de la migration interne, l’accès immédiat à l’eau potable, l’établissement d’abris temporaires, l’installation sanitaire, l’assistance médicale et l’aide alimentaire sont des urgences imminentes. L’accès à l’éducation s’ajoute à ce qui précède dans le but de reconstruire ou de développer les compétences en dépit des difficultés. De plus, un soutien psychologique aidant à rebâtir le soi n’est point moins souhaitable. Évidemment, il ne faudrait point négliger la création de fonds internationaux afin de subvenir aux besoins ci-haut énumérés.

Dans l’hypothèse de la migration externe, il est intéressant de favoriser l’action sur le plan légal afin de créer un statut juridique inexistant en droit international, sachant que la convention de Genève est muette à ce sujet, et dans la même mesure de soutenir les ONG actives dont le rôle est considérable sur le terrain. À cet effet, je cite l’initiative d’une sénatrice australienne qui proposa de créer une nouvelle catégorie de visa réfugié climatique. Cependant, sa proposition demeura sans succès. Faute d’innovation, peut-on chercher des solutions dans les lois préexistantes ?

Certes, il existe quelques très petites progressions, néanmoins aucune n’est suffisante pour protéger réellement les personnes forcées de franchir une frontière en quête de sécurité et encore moins pour les distinguer des autres migrants. Le statut de réfugié climatique n’existe pas dans les textes. D’où il s’ensuit que les demandes d’asile de ce genre s’avèrent injustifiées légalement. Nonobstant, les demandes de titres de séjour pour des raisons médicales liées à la pollution atmosphérique sont possibles, l’une d’entre elles a été acceptée à Bordeaux (France) en vertu d’un arrêt exceptionnel.

En conclusion, on ne peut que s’apercevoir que les impacts sont graduels et de longue durée et les conséquences sont tout aussi catastrophiques : sécheresse, désertification, montée du niveau des mers et océans... Pour toutes ces raisons, l’élaboration d’instruments législatifs est de rigueur.

Graziella SALIBA MAKARON

Avocate à la cour

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « Courrier » n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, « L’Orient-Le Jour » offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes.

Les écoréfugiés sont les personnes qui sont portées à quitter leur lieu de vie habituel afin de fuir les catastrophes climatiques. Par conséquent, les droits fondamentaux de ces exilés sont à l’épreuve à cause des changements écologiques. C’est pourquoi, au nom de l’humanité et de la dignité, ces individus ont droit à une protection. D’autant plus que la crise du réchauffement planétaire et les déplacements sont de plus en plus interconnectés.En un premier lieu, il est pertinent de réaliser que l’accroissement de ces enjeux conduira inéluctablement à ne pas s’en dérober à l’avenir car on aura à se confronter à un nombre appréciable d’êtres humains forcés d’abandonner leur territoire.Le changement climatique est un multiplicateur de menaces. Effectivement, il amplifie l’impact d’autres...
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