Des militaires libanais devant le siège du Parlement, le 31 mai 2022 sur la place de l’Étoile à Beyrouth. Anwar Amro/AFP
Le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, a affirmé mardi qu'il était « prêt à examiner » une candidature du commandant en chef de l'armée libanaise Joseph Aoun si le camp du Hezbollah lui annonçait son soutien, à deux jours d'une séance parlementaire qui sera consacrée à l'élection d'un nouveau chef de l'Etat.
Le Liban est sans président depuis la fin du mandat de Michel Aoun, fin octobre 2022. Aucune des séances parlementaires organisées depuis cette date n'a pu aboutir, en raison de divergences persistantes entre les différentes forces politiques et alors que, sur fond de guerre entre le Hezbollah et Israël, le chef du Parlement, Nabih Berry, n'a plus convoqué de séance électorale depuis des mois. Ce dernier a d'ailleurs officialisé la convocation des députés dans l'hémicycle pour une séance présidentielle jeudi à 11h.
Dans un communiqué, Samir Geagea a affirmé que la « moumanaa », soit les partis proches de l'axe iranien, et le Courant patriotique libre, de son rival politique Gebran Bassil, avait toujours « refusé catégoriquement que le général Joseph Aoun devienne président », tandis que les FL ont « toujours eu de bonnes relations » avec le commandant en chef. « Lorsque son nom a été proposé en tant que candidat à la présidence, les FL ont été parmi les premières à le considérer comme un candidat sérieux, sans opposer de veto à son nom, tout en attendant davantage de consultations », a ajouté le leader maronite. Selon lui, ce sont donc ses opposants politiques qui « laissent entendre que les FL sont un obstacle » à cette candidature de Joseph Aoun, « pour ne pas avoir à affirmer clairement leur refus ». Toutefois, « si ce camp changeait d’avis publiquement et officiellement en annonçant son soutien à Joseph Aoun, alors nous serions prêts à examiner cette option avec attention », a-t-il avancé.
Le Hezbollah campe sur Frangié
Pour sa part, le député du Hezbollah Hussein Hajj Hassan a affirmé mardi que « le candidat (de son parti) à la présidence de la République reste (l’ancien député et chef des Marada) Sleiman Frangié ». « Les débats se poursuivent à l’intérieur des blocs parlementaires », et notamment entre les blocs des alliés du tandem chiite, le Hezbollah et Amal, sous la présidence du chef du Parlement Nabih Berry, a-t-il poursuivi.
Dans un entretien à la radio russe Sputnik, M. Hajj Hassan a estimé que « les choses devraient se clarifier davantage dans les jours qui viennent, à la lumière des contacts ». « La position du Hezbollah sera annoncée en temps dû », a-t-il ajouté, soulignant que personne ne peut accuser son parti de vouloir torpiller l’élection.
« Plan commun »
Au cours du week-end, Wafic Safa, chargé de l'unité de liaison du Hezbollah, avait affirmé que son parti n'a pas de veto concernant la candidature de Joseph Aoun, mais uniquement sur celle de Samir Geagea, porteur d'un « projet de destruction », selon lui. Une déclaration qui avait provoqué l'ire des partisans et responsables FL.
Les FL et, avec elles, des députés issus de la contestation et indépendants se revendiquant principalement de l'opposition au Hezbollah, ont annoncé un « plan commun » pour la séance du 9 janvier, sans donner plus de détails. Dans un communiqué publié après une réunion de députés, le député FL Georges Okaïs, a affirmé que les blocs de « l'opposition » « continuent leurs réunions pour se coordonner ». Il a espéré que la séance de jeudi « aboutira » à l'élection d'un président.
De son côté, le mufti de la République, cheikh Abdellatif Deriane, a appelé, dans un communiqué, les députés à « accomplir leur devoir constitutionnel » jeudi et à élire un « président qui sauvera le Liban du chaos actuel, afin d’éviter que le pays ne sombre dans davantage de désordre ». Tout échec de l'élection « offrirait à l’ennemi sioniste (Israël, ndlr) l’opportunité d’exploiter les divisions politiques pour saper l’unité et la solidarité des Libanais, exposant ainsi le pays à l’effondrement », a-t-il mis en garde.



Je n’ai pas compris pourquoi mr. Geagea ne veut plus Joseph Aoun ?
19 h 53, le 07 janvier 2025