Des civils fuyant les bombardements passent, à pieds, à côté d’un cratère créé par une frappe israélienne, dans la région de Masnaa, à la frontière entre le Liban et Israël, le 4 octobre 2024. Hassan Jarrah/AFP
Voici les 5 choses à savoir ce vendredi :
- L'armée israélienne a mené plusieurs frappes contre la banlieue sud de Beyrouth dans la nuit de jeudi à vendredi, mais la plus marquante a été une frappe extrêmement forte à minuit, dont la cible serait Hachem Safieddine, le chef du Conseil exécutif du Hezbollah, pressenti pour succéder à Hassan Nasrallah, assassiné le 27 septembre dernier par une frappe israélienne. Vendredi matin, le Hezbollah a indiqué à L'Orient-Le Jour « ne pas avoir d'information » sur le sort de Hachem Safieddine. De nouvelles frappes ont eu lieu en journée.
- La route de Masnaa, près du poste-frontière entre le Liban et la Syrie, est coupée suite à un bombardement israélien.
- A la mi-journée, le guide suprême iranien s'est exprimé, à Téhéran lors d'une cérémonie en hommage à Hassan Nasrallah. Il a assuré que les alliés de Téhéran, notamment le Hamas et le Hezbollah, ne « reculeront pas » face à Israël, qui n'en a « plus pour longtemps ». Une source proche du Hezbollah a, par ailleurs, affirmé à l'AFP, que le chef du Hezbollah a été enterré « provisoirement » dans un lieu tenu secret de crainte que ses funérailles soient visées par Israël.
- En visite à Beyrouth, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré que son pays soutenait les efforts en faveur d'un cessez-le-feu simultané avec Israël, à la fois dans le territoire palestinien de Gaza et au Liban.
Le Hezbollah a revendiqué une série d'opérations au Liban-Sud, tandis que l'armée israélienne a affirmé avoir « éliminé » « 250 terroristes du Hezbollah parmi lesquels 21 commandants ont été éliminés en quatre jours d'opérations (...) dans le sud du Liban » et avoir frappé « plus de 2 000 cibles militaires, notamment des terroristes, des infrastructures (...), des bâtiments militaires, des entrepôts d'armes » depuis lundi.
Les déclarations de Khamenei
« Les nations musulmanes ont un ennemi commun. Elles doivent s'allier pour se défendre contre cet ennemi, de l'Afghanistan au Yémen, de l'Iran à Gaza et au Liban », a déclaré le guide suprême iranien lors d'une cérémonie, à Téhéran, en homme à Hassan Nasrallah. Le guide suprême d'Iran a également qualifié, dans ce contexte, de « totalement légitime » l'attaque aux missiles contre Israël, estimant que celle du Hamas contre Israël, le 7 octobre 2023, l'était également. « L'attention que les Etats-Unis accordent à préserver la sécurité d'Israël est une couverture pour sa politique d'accaparement des ressources de la région, a-t-il aussi dit, estimant que le combat du Hezbollah rend un « service vital à toute la région ». « Nous ne retarderons, ni ne précipiterons notre riposte face à Israël », a-t-il affirmé, ajoutant qu'Israël « n'en a plus pour longtemps »
Les frappes sur la banlieue sud de Beyrouth
Dans la nuit de jeudi à vendredi, « Israël a frappé la banlieue sud (de Beyrouth) onze fois d'affilée », a déclaré une source proche du Hezbollah. Parmi ces frappes, l'un des raids les plus violents depuis qu'Israël a intensifié sa campagne de bombardements sur le pays le 23 septembre dernier.
Trois responsables israéliens s'exprimant sous couvert d'anonymat ont déclaré au New York Times que la frappe visaient « une réunion de hauts dirigeants du Hezbollah, dont le successeur présumé de Hassan Nasrallah, Hachem Safieddine ». Vendredi matin, le Hezbollah a indiqué à L'Orient-Le Jour « ne pas encore avoir d'information » sur le sort de Hachem Safieddine. Sky News, citant des médias israéliens, a rapporté que des dizaines de tonnes de bombes ont été utilisées dans la frappe visant à éliminer Hachem Safieddine. Quelques minutes après la frappe, plusieurs journalistes et médias affirmaient que cette frappe était « plus importante que celle qui a tué le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah ».
Pour rappel, le New York Times avait précédemment rapporté que les avions ayant bombardé le QG du Hezbollah dans la banlieue sud de Beyrouth, entraînant la mort de Nasrallah, étaient équipés d'au moins 15 bombes d'une tonne, dont la BLU-109. Ces bombes, connues sous le nom de « bunker busters », sont capables de pénétrer sous terre avant d'exploser.
Avant la frappe présumée contre Safieddine, au moins six autres frappes avaient été menées contre la banlieue sud de Beyrouth.
Entre 23h et 1h, l’armée israélienne a émis trois avertissements via son porte-parole arabophone sur X. Dans le premier, Avichay Adraee a appelé les habitants de deux bâtiments à évacuer : l'un près de la boulangerie « Wafa' », l'autre près de la mosquée Sayyed el-Chouhada. Dans un deuxième avertissement, l’armée israélienne a sommé les habitants d’un bâtiment à proximité du « Nostalgia coffee shop », à Hadath, de quitter les lieux. Enfin, dans le troisième avertissement de la soirée, elle a demandé l’évacuation d’un bâtiment situé près de l'école publique de l'imam Mahdi, ainsi que des bâtiments voisins. À chaque fois, quelques minutes plus tard, des frappes pouvaient être entendues dans la capitale.
-Selon des informations circulant dans les médias, trois secouristes ont été blessés ce matin dans le quartier de Mreijé, dans la banlieue sud de Beyrouth, après avoir été pris pour cible par un drone israélien. Deux nouvelles frappes ont eu lieu, dans l'après-midi, sur la banlieue sud de Beyrouth.
-L'armée israélienne a annoncé avoir tué, dans une frappe sur « la région de Beyrouth », le « commandant des systèmes de communications » du Hezbollah, Mohammad Rachid Skafi, en charge « es systèmes « depuis 2000 ».
A Masnaa
Une frappe israélienne vendredi matin a touché la zone près du poste-frontière libanais de Masnaa avec la Syrie, coupant une route empruntée par des centaines de milliers de personnes pour fuir les bombardements israéliens ces derniers jours, a déclaré le ministre libanais des Transports, Ali Hamiyé, à Reuters. Il a précisé que la frappe avait eu lieu juste après le poste-frontière, toujours en territoire libanais, créant un cratère de 4 mètres de large. Jeudi, le porte-parole de l'armée israélienne, Avichay Adraee, avait accusé le Hezbollah de faire passer des armes en contrebande depuis la Syrie via le poste-frontière de Masnaa. Ali Hamiyé avait répliqué que tous les postes-frontières étaient sous surveillance gouvernementale.
En début d’après-midi, le porte-parole arabophone de l’armée israélienne a indiqué que l’aviation israélienne avait bombardé, jeudi, un tunnel souterrain traversant la frontière libano-syrienne, d'environ 3,5 km de long, « utilisé par le Hezbollah pour transporter et stocker de nombreux équipements de combat sous terre ». « Le tunnel était sous la supervision de l'Unité 4400, responsable du transfert d'armes depuis l'Iran et ses diverses branches vers le Hezbollah au Liban », précise-t-il.
Dans le reste du Liban
-Depuis ce matin, le Hezbollah a revendiqué une série d'opérations au Liban-Sud :
- Une frappe avec un « missile guidé » contre un char Merkava près du site de « Malkiya ». Cette attaque a fait, selon le parti, plusieurs victimes.
- Une frappe contre une plateforme d'artillerie israélienne au sud de Kiryat Shmona avec des missiles, ainsi que la base d'Ilanya, la ville de Safed, et le site de Roueissat el-Alam, sur les hauteurs de Kfarchouba.
- Une frappe contre « une patrouille de soldats et de chars israéliens dans la plaine de Maroun el-Ras », en territoire libanais, avec des tirs d'artillerie, faisant des victimes.
- Au total « 250 terroristes du Hezbollah parmi lesquels 21 commandants ont été éliminés en quatre jours d'opérations (...) dans le sud du Liban », a indiqué l'armée dans un communiqué, vendredi après-midi. Elle a précisé que, depuis lundi, plus de 2 000 sites ont été frappés.
- L'armée israélienne avait publié vendredi matin de nouveaux avis d'évacuations à l'attention des habitants de 35 localités du Liban-Sud, en majorité aux alentours de Tyr.
- Ce matin, un drone israélien a tiré un missile sur une ambulance du Comité sanitaire islamique (CSI), affilié au Hezbollah, devant l'hôpital gouvernemental de Marjeyoun, rapporte notre correspondant dans le Sud Mountasser Abdallah. La frappe a fait au moins sept morts, selon le responsable média du CSI. Une autre frappe a visé dans l'après-midi un centre du Comité sanitaire islamique à Bir el-Sanassel, dans le caza de Bint Jbeil, indique notre correspondant.
Bilan
« Le bilan de l'agression israélienne contre le Liban s'élève à 1 974 martyrs, dont 127 enfants, 261 femmes, et à 9 384 blessés. Quatre-vingt-dix-sept membres du personnel médical et d'urgence ont été tués, et des dizaines de centres médicaux endommagés », a déclaré le ministre de la Santé, Firas Abiad, lors d'une conférence de presse jeudi. Selon des chiffres officiels, plus d'un millier de ces victimes ont été tuées depuis le 23 septembre. Le gouvernement libanais estime à environ 1,2 million le nombre de déplacés.
Pour rappel, les principaux événements de la journée de jeudi
La journée de jeudi avait été marquée par des affrontements violents, au Liban-Sud, le long de la frontière, entre combattants du Hezbollah et armée israélienne. Peu avant minuit, le Hezbollah a revendiqué plusieurs attaques. Avec des roquettes et des mines, le Hezbollah dit avoir repoussé plusieurs tentatives d'incursions israéliennes. Fait notable, dans son dernier communiqué de la soirée, à la différence des autres qui étaient quasi identiques, le parti chiite a ajouté une phrase : « La Résistance islamique restera présente et prête à défendre notre pays et notre peuple opprimé, et n'hésitera pas à accomplir son devoir pour dissuader l'ennemi de son arrogance et de son injustice. »
Voici un récapitulatif des principaux événements de jeudi :
- Dans la nuit de mercredi à jeudi, l'armée israélienne, en sus d'un pilonnage de la banlieue sud, a frappé un centre du Comité sanitaire islamique (CSI), affilié au Hezbollah, à Bachoura, au cœur de Beyrouth. Bilan : neuf morts et 17 blessés.
- Toute la journée, des affrontements ont opposé, dans la zone à la frontière israélienne, des combattants du Hezbollah et l'armée israélienne.
- Pour la première fois, l'armée libanaise a répliqué à une attaque israélienne contre un de ses centres à Bint Jbeil, près de la frontière au Liban-Sud. Ces tirs inédits font suite à l'annonce de la mort de deux soldats libanais jeudi, dans deux incidents différents.
- Dans l'après-midi, l'armée israélienne a effectué de nouvelles frappes dans la banlieue sud de Beyrouth contre le « le quartier général du renseignement » du Hezbollah, a affirmé l'armée israélienne ; contre le village de Maaysra, dans le Kesrouan ; ainsi que sur une maison dans le village de Keyfoun dans le caza de Aley.
Le porte-parole de l'armée israélienne, Avichay Adraee, a accusé jeudi le Hezbollah de faire passer des armes en contrebande depuis la Syrie via le poste-frontière de Masnaa.






The Prime Minister of Lebanon, Mr. Mikati, must make it clear to Israel that Lebanon will require Israel to pay reparations for the illegal destruction and damage of Lebanon’s infrastructure. Israel must also compensate the innocent owners of property and businesses which have been damaged or destroyed by Israel’s indiscriminate bombing and also compensate innocent civilians for their injuries and the families of those killed.
17 h 03, le 04 octobre 2024