Un véhicule de la Finul dans le caza de Marjeyoun au Liban-Sud, le 12 juillet 2024. Photo d’archives Matthieu Karam / L'Orient-Le Jour
Trois Casques bleus ont été légèrement blessés dimanche au Liban-Sud, dans les environs d'une zone frappée par Israël, tandis qu'un combattant des Brigades de la résistance, une milice affiliée au Hezbollah, a été tué à Chebaa, a confirmé le groupe.
Le matin aux environs de 10h, une frappe de drone israélien a touché une mobylette à Chebaa, dans le caza de Hasbaya, tuant son conducteur et blessant une deuxième personne, selon des sources médicales et le ministère libanais de la Santé. En fin de journée, les Brigades de la résistance ont annoncé la mort de l'un de leurs combattants, Fadi Kassem Kanaan, né en 1985 et originaire de la localité de Chebaa. Il s'agit bien, selon les informations obtenues par notre correspondant dans le Sud Mountasser Abdallah, de la victime de la frappe de drone. Le porte-parole arabophone de l'armée israélienne Avichay Adraee a écrit sur le réseau X que la frappe sur Chebaa avait atteint « des saboteurs » du Hezbollah. Le blessé, qui se trouve dans un « état stable » selon le ministère, est le frère du combattant tué, selon nos informations.
Après cette frappe, un autre drone a touché dans la même localité un bâtiment, selon une source de sécurité. L'opération a fait deux blessés, deux Libanais aussitôt hospitalisés, selon le ministère.
Plusieurs autres zones de la région frontalière ont été atteintes par des tirs israéliens au cours de la journée, notamment à Aïta el-Chaab (Bint Jbeil), Jibbein (caza de Tyr), un verger à la périphérie de la localité de Batouliyé (caza de Tyr), et les environs de Kabrikha (caza de Marjeyoun).
Trois Casques bleus blessés
Dans la matinée, une frappe avait aussi été menée par Israël dans la région de Dhaïra et Yarine. Ce tir a légèrement blessé trois Casques bleus qui circulaient à proximité dans un véhicule de l'ONU « clairement identifié », a fait savoir la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), contactée par L'Orient-Le Jour. Les soldats en patrouille sont rentrés « sains et saufs à leur base », a-t-on indiqué de même source, ajoutant : « Nous rappelons fermement à toutes les parties et à tous les acteurs qu'il leur incombe d'éviter de blesser les soldats de la paix et les civils ». Une source de la Finul a affirmé à l'AFP que l'explosion était probablement due à une frappe aérienne à proximité, qui ne visait pas directement les Casques bleus. Un policier municipal de Dhaïra avait de son côté précisé qu’« un membre de l'unité ghanéenne de la Finul a été blessé ».
Selon un document de l'ONU daté de mars 2024, le contingent ghanéen de la force internationale couvre la zone frontalière allant de Yarine à Yaroun, dans de la caza de Bint Jbeil. Avec 874 soldats, il représente la contribution la plus importante à la Finul, qui est composée de 10.031 militaires venant de 49 pays.
Ce n’est pas la première fois que des Casques bleus sont touchés au Liban-Sud. Début mars, une patrouille conjointe de la Finul et de l'armée libanaise avait essuyé des coups de feu, dans les alentours de Aïta el-Chaab (caza de Bint Jbeil).
Tous ces développements ont eu lieu alors que les dépouilles mortelles de six des dix victimes de la frappe de la nuit de vendredi à samedi, à l'ouest de Nabatiyé, ont été rapatriées vers la Syrie.
Appels à « réduire les déplacements » dans le nord d'Israël
De son côté, le Hezbollah a revendiqué neuf frappes au cours de la journée, notamment contre la caserne de Beit Hillel, face à Khiam (Marjeyoun), avec « une salve de roquettes Katioucha », ainsi que contre les positions de Zar'it, du « matériel de surveillance sur le site de Roueissat el-Alam », sur les hauteurs contestées de Kfarchouba, la position de Malikiyah, le site de Jal el-Alam, et deux positions situées dans les fermes de Chebaa contestées : celle de « Zebdine », touchée par des roquettes, et celle de « Roueissat el-Qarn », au moyen de « missiles ».
Dans le Nord israélien, les sirènes d'alarme ont retenti à de nombreuses reprises pendant ces tirs, tandis que l'armée israélienne, citée par le quotidien Haaretz, a fait état de « dix roquettes interceptées, tandis que d'autres sont tombées dans des espaces inhabités ». Le média israélien rapporte encore que les habitants se trouvant encore dans le nord d'Israël ont été appelés à « réduire leurs déplacements et rester près de zones protégées ».
La guerre au Liban-Sud a, comme quasiment tous les dimanches, été évoquée par le patriarche maronite Béchara Raï, qui a fait état des « conditions catastrophiques » dans lesquelles vivent les habitants de la région. Une sortie qui n'a pas manqué de faire réagir le mufti jaafarite Ahmad Kabalan, proche du tandem chiite.



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