Des secouristes du Comité sanitaire islamique affilié au Hezbollah, transportant les corps des 6 travailleurs syriens tués à l'ouest de Nabatiyé. Photo ANI
Les corps des six travailleurs syriens, tués dans une frappe israélienne à quelques kilomètres à l'ouest de Nabatiyé au Liban-Sud dans la nuit de vendredi à samedi, ont été transportés en Syrie dimanche matin, a rapporté l'Agence nationale d'Information (ANI, officielle). La frappe a fait dix morts au total, ce qui représente l'attaque la plus meurtrière au Liban depuis le début du conflit entre le Hezbollah et l'armée israélienne, le 8 octobre.
Des véhicules appartenant au Comité sanitaire islamique, affilié au Hezbollah, ont transporté les corps depuis la morgue de l'hôpital Cheikh Ragheb Harb à Toul et les ont remis au Croissant-Rouge syrien au poste frontière de Masnaa. Les six victimes ont été identifiées comme étant Mohannad Ali el-Hajji, Nazih Jihad Afa el-Rifaï, Mohammad Fawzi Abdel Hassib el-Adl, Jihad Moussa el-Hassan, Mohammad Hamidi el-Moussa et Abdallah Hussein el-Moussa. La plupart des victimes sont originaires des provinces syriennes d'Alep et de Damas.
Frappe mortelle
La frappe aérienne, qui a eu lieu le matin après 1h, a touché un bâtiment situé dans une zone industrielle entre les localités de Kfour et Toul, le détruisant totalement. L'explosion a également endommagé les maisons voisines, selon notre correspondant Mountasser Abdallah.
Selon un parent d'une famille syrienne tuée dans l'explosion (une femme, son mari et deux enfants), la mère avait fui Homs en 2012 à cause de la guerre civile syrienne et s'était mariée au Liban. Ses enfants étaient âgés de quatre ans et d'un an et demi. Ils ont été enterrés à Blat, dans le caza de Marjeyoun.
L'armée israélienne a affirmé avoir frappé « un entrepôt d'armes du Hezbollah » à Nabatiyé dans la nuit, ainsi que des « structures militaires » appartenant au parti chiite dans les régions de Hanine et de Maroun el-Ras au Liban-Sud, près de la frontière israélienne.
L'imam de Nabatiyé, le cheikh Abdel Hussein Sadek, a condamné dimanche dans une déclaration « le massacre qui a eu lieu dans la région de Kfour-Toul à Nabatiyé ». « Le fait qu'il ait eu lieu au moment des négociations en cours n'est rien d'autre que la preuve que le gouvernement israélien ne se soucie pas de mettre fin à la guerre d'extermination qu'il poursuit contre le peuple palestinien », a-t-il ajouté.
Les échanges de tirs transfrontaliers entre le Hezbollah et Israël, quasi quotidiens depuis le 8 octobre, se sont intensifiés après la mort le 30 juillet du chef militaire du Hezbollah Fouad Chokor, dans une frappe israélienne sur la banlieue-sud de Beyrouth, la veille de l'assassinat à Téhéran du chef du Hamas Ismaïl Haniyé, que l'Iran et ses alliés attribuent à Israël. Téhéran et le Hezbollah ont menacé Israël de représailles, faisant craindre une escalade militaire régionale que la diplomatie internationale tente d'éviter en redoublant d'efforts pour obtenir un cessez-le-feu à Gaza.


