De la fumée au-dessus de Kfar Hammam, au Liban-Sud, après une frappe israélienne, le 17 août 2024. Photo AFP / Rabih Daher
Le sort des habitants du Liban-Sud et la situation le long de la Ligne bleue ont une fois de plus provoqué dimanche un échange de déclarations entre le patriarche maronite Béchara Raï et le mufti jaafarite Ahmad Kabalan, proche du Hezbollah, alors que le bilan des victimes civiles dans les localités du Sud a dépassé ce week-end les cent morts.
Au siège patriarcal d'été à Dimane (Liban-Nord), le cardinal Raï a ainsi indiqué, au début de la messe dominicale, avoir reçu « des lettres » des habitants du Sud, qui lui racontent les « conditions catastrophiques » dans lesquelles ils vivent, en raison de la « guerre ». « Nos concitoyens sont divisés face à cette situation : une partie a été contrainte à l'exode, l'autre résiste sur place pour conserver ses biens et défie toutes les difficultés », a-t-il lancé. Il a encore souligné qu'alors qu'un nouveau cycle de négociations a été lancé sous l'égide de médiateurs américains, qataris et égyptiens pour parvenir à une trêve à Gaza, « il est indispensable d'élire un président de la République » au Liban, avant de dénoncer « l'inaction du pouvoir législatif ».
Les affrontements qui rythment la vie du Liban-Sud depuis le 8 octobre 2023, au lendemain du début de la guerre à Gaza, ont déplacé plus de 100.000 personnes selon un dernier rapport de l'ONU, et fait 573 morts. Parmi ces victimes, au moins 106 sont des civils.
« Il n'y a pas de catastrophe au Liban-Sud », selon Kabalan
Réagissant aux propos du patriarche Raï, le cheikh Kabalan a affirmé, dans un communiqué, que « les habitants du Sud n'ont besoin de l'approbation de personne » et qu'ils placent « les intérêts du Liban » au centre de leurs préoccupations. « Il n'y a pas de catastrophe dans le Sud, mais l'honneur, la gloire et des sacrifices à la hauteur de l'honneur du Liban ». « Ce que les habitants du Sud apportent au Liban dépasse mille ans de souveraineté, de nationalisme, de fierté, d’honneur et de gloire », a ajouté le dignitaire, proche du tandem chiite Amal-Hezbollah, tandis que le déplacement de la population « fait partie de la bataille pour la souveraineté ».
Concernant la pique adressée par Mgr Raï au pouvoir législatif, Ahmad Kabalan a estimé que « la capacité de légiférer du Parlement tourne autour des nécessités nationales », alors que les prérogatives de la Chambre concernant la législation sont au centre d'une polémique, depuis des mois, en l'absence d'un président de la République. Certains partis font valoir que le Parlement ne devrait actuellement être qu'une assemblée électorale, ce qui n'a pas empêché le président de la Chambre, Nabih Berry, chef du mouvement chiite Amal, de convoquer les députés à plusieurs reprises au cours des derniers mois. « Nabih Berry est la clé du Parlement et a l’expérience pour déterminer ce qui est une nécessité nationale », a-t-il dit.
De son côté, le métropolite grec-orthodoxe de Beyrouth, Elias Audi, a estimé, dans son homélie dominicale, que les dirigeants libanais devraient ,« s'ils aiment vraiment leur pays », faire preuve « d'humilité, de loyauté, se retrouver autour de l'idée d'un État, et travailler à son édification ».



Et depuis quand Mgr Rai s’interesse aux gens du sud?? Toujours là pour parler de ce qui ne le regarde pas !! Kabalan est sudiste mais devrait aussi parler de la misére des habitants de Beyrouth et de la montagne qui manquent de tout
18 h 07, le 19 août 2024