Rechercher
Rechercher

Politique - Fête De L’Armée

Aoun : L’armée est le seul garant du Liban

Dans son message du 1er août, le chef de l'État souligne que la troupe a une responsabilité « décuplée », et sera appelée à « se déployer prochainement aux frontières sud ».

Aoun : L’armée est le seul garant du Liban

Des véhicules de l'armée libanaise patrouillant à Froun, dans le caza de Bint Jbeil, au Liban-Sud, en juillet 2026. Photo du service de presse de l'armée libanaise / AFP.

« L’armée libanaise n’est pas une institution comme les autres, elle est le seul garant du Liban, de son unité de sa souveraineté et de son indépendance. » Le président de la République Joseph Aoun a adressé un message à l’armée à l’occasion de sa fête le 1er août, qui intervient cette année en pleine guerre entre le Hezbollah et Israël.

Dans son message, Joseph Aoun ajoute : « Cette réalité institutionnelle et cette constante nationale doivent pousser tout le monde à accepter l’idée que les armes hors de la légalité ne sont pas légitimes, qu’il n’y a de protection du pays que par son armée nationale, celle-ci devant être considérée comme sa seule institution de défense. Et c’est ce à quoi nous travaillons, avec constance et détermination. »

Le message constant du président Aoun depuis son élection, en janvier 2025, est celui du monopole des armes aux mains de l’État, qui ne peut passer que par le désarmement des différents groupes armés, notamment le Hezbollah. Un message répercuté également par le Premier ministre Nawaf Salam, dont le gouvernement a pris des décisions dans le sens d’un désarmement des milices en août 2025, et de déploiement de l’armée au Liban-Sud. La nouvelle guerre contre Israël lancée par le Hezbollah le 2 mars, en appui à l’Iran, est venue renforcer la détermination des autorités à réaliser le monopole des armes et à engager des pourparlers directs avec Israël pour un retrait du Sud et un déploiement de l’armée. Le Hezbollah continue de rejeter la perspective de son désarmement tout comme les négociations directes.

Le président a rendu un vibrant hommage à l’armée et à sa mission dans le Sud. « Ses responsabilités sont décuplées avec chaque retrait israélien des territoires libanais », a-t-il affirmé. Et de poursuivre : « La prochaine étape nécessitera un déploiement complet des unités militaires sur l’ensemble des frontières sud, imposant la seule autorité de l’État sur l’intégralité du territoire, ce qui prouvera au monde que le Liban est capable, avec sa seule armée, de protéger sa souveraineté et de sécuriser cette zone sensible, en vue du retour des habitants en toute sécurité. »

Suivant l’accord-cadre signé en juin entre le Liban et Israël, l’armée israélienne devrait se retirer par étapes des zones occupées du Sud, des « zones pilotes » décidées à l’avance entre les deux parties. La première a été le village de Zaoutar el-Gharbiyé dans le caza de Nabatiyé. Mais l’incertitude continue de planer sur la suite, étant donné les déclarations des responsables israéliens, qui veulent garder la liberté de mouvement au Liban-Sud.


M. Aoun a renouvelé sa « confiance entière dans le commandement de l’armée, qui a prouvé, dans les circonstances les plus délicates, son sens des responsabilités, son professionnalisme et son désintéressement ». Le commandant en chef de l’armée, le général Rodolphe Haykal, fait souvent l’objet de critiques, notamment de la part des forces souverainistes qui le soupçonnent de ne pas être assez ferme avec le Hezbollah.

Salam : « Une seule armée, un seul peuple, une seule nation »

Sur son compte X, le chef du gouvernement Nawaf Salam a, lui aussi, insisté sur le fait que « le recouvrement de la souveraineté totale, le renforcement de la stabilité et la protection des habitants passe par le déploiement de l’armée sur tout le territoire libanais, et l'extension de la souveraineté nationale de Naqoura (extrême sud) à Arida (dans le Akkar, à l'extrême nord) ». « Une seule armée, un seul peuple, une seule nation », a-t-il martelé.

M. Salam a ajouté : « Le gouvernement continuera de soutenir l’institution militaire et de renforcer ses capacités. Il est déterminé à augmenter les effectifs de l’armée, à l’équiper et à améliorer les conditions du personnel militaire. »

Beaucoup de réactions en ce 1er août ont insisté sur l’état de guerre qui persiste et les destructions au Sud. Le Parti socialiste progressiste (PSP, joumblattiste) a insisté sur la difficile bataille de restauration de la souveraineté que mène l’armée au Sud, avec des attaques israéliennes qui se poursuivent, et a souligné la nécessité de renforcer les capacités de la troupe. Le PSP a mis en garde contre « les campagnes diffamatoires visant l’armée », qui vont dans les sens des « projets de partition du pays ».

Pour sa part, le cheikh Akl druze, Sami Abi el-Mona, a appelé le commandant en chef de l’armée à l’occasion du 1er août. Dans une déclaration, il a fustigé « les agressions auxquelles l’armée fait face, ainsi que l’esprit expansionniste et la machine de destruction et de crimes à laquelle il n’est possible de s’opposer que par l’unité nationale », en référence à la guerre israélienne au Liban-Sud.


L’uléma chiite Ali Fadlallah a félicité l’armée à l’occasion de sa fête, estimant qu’elle est « le principal pilier du pays, l’un des signes de son unité et sa marque de force et de résilience ».

Le coordinateur spécial par intérim des Nations unies pour le Liban, Jean Arnault, a estimé que l’armée a réussi à gagner la confiance de tous les Libanais, quelles que soient leurs appartenances. Il a souligné que « le Liban s'appuie largement sur son armée pour s'acquitter de ses obligations nationales et internationales, notamment en ce qui concerne le renforcement de la sécurité et de la stabilité à travers le pays, la préservation de l'intégrité territoriale et la mise en œuvre de la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies ».

L’ancien Premier ministre Saad Hariri a écrit sur X que « l’armée reste la seule à protéger les frontières nationales, à garantir la stabilité du pays et à contrer toutes sortes de discordes ». Pour le député Samy Gemayel, chef du parti Kataëb, « l’armée libanaise est le pilier essentiel de l’État, de la protection de la souveraineté et de l’application de la Constitution et des lois ».

Les ministres Kamal Chehadé (Technologie et Intelligence artificielle) et Joe Saddi (Energie) ont tous deux écrit des messages sur X assurant que l’armée libanaise est la seule, avec les forces de l’ordre, à avoir la légitimité de porter les armes. L’ancien ministre Michel Pharaon a appelé toutes les parties libanaises à se rassembler autour de l’armée « afin de lui permettre de mener à bien sa mission sacrée de protection du pays ».

Message américain

À l'occasion de la fête de l’armée, l’ambassade des États-Unis à Beyrouth a publié un message sur son compte X, saluant « l'engagement de l’armée en faveur de la souveraineté et de la sécurité du Liban ». Et de poursuivre : « Comme l'a déclaré le secrétaire (d’Etat américain Marco) Rubio, notre espoir est que les forces armées libanaises et le gouvernement libanais légitime et souverain continuent d'être en mesure de contrôler et de sécuriser une part croissante de leur propre territoire. »



« L’armée libanaise n’est pas une institution comme les autres, elle est le seul garant du Liban, de son unité de sa souveraineté et de son indépendance. » Le président de la République Joseph Aoun a adressé un message à l’armée à l’occasion de sa fête le 1er août, qui intervient cette année en pleine guerre entre le Hezbollah et Israël.Dans son message, Joseph Aoun ajoute : « Cette réalité institutionnelle et cette constante nationale doivent pousser tout le monde à accepter l’idée que les armes hors de la légalité ne sont pas légitimes, qu’il n’y a de protection du pays que par son armée nationale, celle-ci devant être considérée comme sa seule institution de défense. Et c’est ce à quoi nous travaillons, avec constance et détermination. »Le message constant du président Aoun depuis son...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut