Concert de Mazen El Sayed, aka ElRass sur la scène d’Oakenfest, en 2016. Photo DR
Implanté à 1 100 mètres d’altitude, sur les hauteurs du caza de Jbeil, Lehfed est un village riche en patrimoine. Surplombant la mer, il est situé entre les collines, les plateaux, les vallées et les plaines du Mont-Liban. C’est dans ce cadre unique, au beau milieu d’une chênaie, que près d’un millier de personnes se réuniront les 19, 20 et 21 juillet à l’occasion de la huitième édition d’Oakenfest. Ce festival de musique alternative et de camping regroupe des artistes et des groupes d’artistes du monde arabe aux styles musicaux variés : électronique, pop arabe, tarab, shaabi, dabké… La scène d’Oaekenfest aura la chance d’accueillir cette année des artistes comme Zaid Khaled, nouvelle star de la pop arabe aux mélodies sentimentales, mais aussi Snakeskin, groupe libanais à mi-chemin entre l’avant-folk et la dream-pop, ou encore Amal Kaawash, chanteuse palestinienne qui met à l’honneur la musique traditionnelle.
Oakenfest vise un public diversifié, des passionnés de musique venus de différentes régions du Liban et des pays voisins, aux amoureux de la nature qui souhaitent participer à un événement culturel promouvant le développement local. De nombreuses activités sont également prévues : atelier de danse ou de broderie, promenade ou randonnée dans la réserve des cèdres encadrées par des guide de montagne et des experts, ou encore une séance ludique intitulée « Le parler libanais avec Denise » animé par Denis Badaoui.
En partenariat avec l’association REEF, deux films seront projetés pour la soirée d’ouverture : Le 3e Rahbani de Feyrouz Serhal qui met en lumière la vie, la carrière et l'héritage du compositeur libanais Élias Rahbani et Coming home, un court documentaire sur un groupe d’artistes palestiniens-américains de Naim Naif & Margot Bowman sur le Freedom Dabka Group. Après une discussion sur les films, Nadine M., disc-jockey, réchauffera le festival avec sa prestation.
L’objectif de cet événement est avant tout de préserver la scène musicale indépendante tout en développant la conscience écologique des participants. Mais il se présente aussi comme un moyen d’offrir à ceux qui le souhaitent un moment de partage autour de l’art et la culture, d’apporter de la lumière dans un monde où l’actualité politique traverse une de ses phases les plus sombres. Comme l’explique Elsa Saadé, directrice générale et curatrice du festival, « notre persévérance est une forme de résistance culturelle. Nous offrons une plateforme aux artistes indépendants et alternatifs en période de turbulences. La tourmente que traversent le Liban, ses habitants et ses artistes apparaît comme une fatalité. Dans ce contexte, notre unique choix est de poursuivre notre mission avec un sens aigu de la responsabilité et de la solidarité ».
REEF 2024 : une 6e édition sur la diversité humaine et la biodiversité
Plus au nord, le village de Kobayat dans le Akkar se verra accueillir la sixième édition des Rencontres du REEF. Bien plus qu’un simple événement, c’est une véritable manifestation culturelle combinant le cinéma engagé et la lutte pour la protection de l’environnement. Du 26 au 28 juillet, REEF s’est fixé comme objectif d’éveiller les consciences quant à la crise climatique, en proposant activités et ateliers autour de l’environnement et du cinéma. Conscientes de la richesse des ressources naturelles du Liban, et soucieuses de la menace qui pèse sur leur pérennité, les Rencontres du REEF ont établi une programmation mêlant agilement les préoccupations écologiques et le devoir d’agir pour la préservation de la biodiversité notamment à travers le 7e art. Guidé par une politique « zéro déchet » le festival organisera un concours de ramassages d’ordures, ainsi qu’un atelier pour apprendre les bases de l’upcycling.
Au programme, la compétition annuelle de courts-métrages internationaux, qui donnera lieu à une projection de huit films sélectionnés, sur le thème « Diversité biologique et humaine ». Ces films réalisés par des cinéastes du monde arabe se disputeront un prix décerné par un jury professionnel, et auquel le public sera invité à participer par un vote. La projection de films internationaux hors compétition est également prévue, parmi eux deux films primés : Les chenilles des cinéastes libanaises Michelle et Joelle Kesserwany, qui a reçu l’Ours d’or du meilleur court métrage à la Berlinale 2023, et Goodbye Julia du Soudanais Mohammad Kordofani, auquel le prix de la Liberté dans la section « Un certain regard » du Festival de Cannes a été attribué.
Projection d’un film dans le cadre de la compétition annuelle de courts métrages internationaux lors d’une édition précédente des Rencontres REEF. Photo Joelle el-Khoury
REEF offre aussi a ses participants de nombreuses activités culturelles en plus des projections : randonnées et visites guidées, conférence-débat sur la situation du Liban-Sud, expositions itinérantes, dîners ruraux en hommage au patrimoine culinaire, ou encore une soirée musicale avec la chanteuse palestinienne Salwa Jaradat.
Participants des Rencontres du REEF en visite guidée encadrée par un guide de montagne. Photo Joëlle el-Khoury
Dans une logique d’événement solidaire, cette édition des Rencontres du Reef connaîtra aussi la deuxième promotion du « programme des ambassadeurs », une formation offerte à 15 jeunes de la région, âgés de 13 à 18 ans, dans le but de les sensibiliser aux questions environnementales par le biais d’ateliers de création et de sessions de projection de films.
« Biodiversité et Cinéma » : la projection inédite de 8 courts-métrages
Mis en œuvre par Hammana Artist House, REEF et AFLAMUNA, ce projet a été lancé en 2023 en vue de créer des œuvres documentaires sur la biodiversité. Vingt-deux cinéastes et écologistes y ont participé et seront accueillis à Kobayat pour la première projection de leurs films. Ils témoigneront de leur expérience et échangeront avec le public autour des sujets abordés dans leurs films qui, tournés dans diverses régions du Liban, évoquent des thématiques et enjeux liés à l’environnement. « À travers ce projet unique en son genre dans le monde arabe, nous souhaitons encourager et enrichir la création cinématographique contemporaine de récits sur l’écologie, la biodiversité et la ruralité. Cela rejoint ce que nous faisons au sein du Collectif REEF qui organise depuis 2019 un festival annuel autour de ces sujets », précise Éliane Raheb, productrice des films et directrice artistique de REEF.
Pour plus d'informations :
Le site de Oakenfest
À signaler : les activités proposées aux rencontres du REEF à Kobayat sont gratuites, à l’exception des dîners ruraux et d’une contribution qui sera demandée pour le transport en bus lors des randonnées. Les randonnées, la visite guidée de Kobayat et la soirée musicale de Salwa Jaradat nécessitent une inscription préalable.



