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Économie - Éclairage

Électricité : vers un nouveau blackout au Liban ?

Deux navires chargés de 30 000 tonnes de carburant chacun, attendent dans les eaux territoriales libanaises depuis plusieurs jours, toujours sans feu vert pour décharger.

Électricité : vers un nouveau blackout au Liban ?

Un graffiti sur un mur de Beyrouth, montrant de la fumée noire s'échappant d'une centrale électrique, avec l'expression arabe «Vous nous avez étouffés ». Photo Fouad Gemayel

Depuis samedi dernier, les Libanais ne disposent même plus des quelques heures par jour (4 en moyenne) fournies par EDL, en raison d'un imbroglio financier portant sur l'achat de carburant destiné à ses deux centrales encore opérationnelles. Après la cessation des activités de la centrale de Deir Ammar le 6 juillet et la suspension partielle de celle de Zahrani, le lendemain,  le fournisseur public Électricité du Liban (EDL) rationne encore davantage sa fourniture de courant afin « d’accorder la priorité (…) aux installations vitales telles que les aéroports, les ports, les stations de pompage d'eau, les systèmes d'égouts, les prisons et les universités », selon un communiqué publié lundi par EDL.

Quatre jours plus tard, la situation qui demeure inchangée, quand bien même deux navires, chargés de 30 000 tonnes de carburant chacun, stationnent dans les eaux territoriales libanaises depuis plusieurs jours, toujours dans l’attente d'un feu vert pour pouvoir décharger leur cargaison.

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Dans son communiqué, l’opérateur public avait motivé les raisons de sa décision ainsi :  « En raison de différends financiers impliquant les gouvernements libanais et irakien ainsi que la Banque du Liban (BDL), EDL n'a pas pu décharger une première partie de la cargaison de fuel prévue pour juin. » Mais pour le ministre sortant de l’Énergie et de l’Eau, Walid Fayad, le problème est ailleurs. Contacté par L’Orient-Le Jour, il précise qu’il « s’agit d’un problème législatif et légal, et non pas financier », en référence à l’absence de loi qui officialise le mécanisme mis en place durant l’été 2021 entre le Liban et l’Irak.

En fonction de ce mécanisme, le Liban obtient une quantité de « fuel-oil » – non utilisable par les centrales d’EDL et égale à 1 million de tonnes lors des deux premières années, puis à 1,5 million de tonnes lors de la troisième – qu’il échange ensuite, à travers un mécanisme d’appel d’offres, contre d’autres types de carburants, utilisables, eux, par le fournisseur public. En contrepartie, le Liban, en manque de liquidités, s’engage à payer les sommes dues à l’Irak via un circuit bien défini : le ministère des Finances dépose dans un compte à la BDL  la somme équivalente aux quantités fournies, de sorte que les autorités irakiennes dépensent ces sommes exclusivement au Liban en contrepartie de services, dont la nature n'a pas été précisée.

Plus d’exceptions et de dérogations

Si ce mécanisme est fonctionnel depuis déjà trois ans, il n'a été sanctionné par une loi que pour la première année, précise le ministre, « et cela n’est pas faute d’avoir soumis les projets de loi allant dans ce sens » pour les deux suivantes, plaide-t-il. Or cela fait plusieurs mois que les fonds ne sont plus déposés dans le compte de l’Irak à la BDL, ce qui a poussé les autorités de ce pays à suspendre leurs livraisons de fuel. « Nous avons cinq mois de retard, il faut que le Parlement approuve une loi pour le transfert de 174 millions de dollars », poursuit-il.

« En ce qui concerne la livraison du mois de juin, nous avons voulu anticiper les choses. Nous avons demandé à la société Sahara Energy, qui a remporté le dernier appel d’offres, de nous livrer la cargaison destinée à EDL, en même temps qu’elle réceptionne la sienne en Irak dans un de ses navires qui attend là-bas. Mais compte tenu du fait que le Liban ne transfert plus les sommes dues depuis plusieurs mois, les autorités irakiennes ont décidé de bloquer ce mécanisme », déclare M. Fayad. Par conséquent, le navire de Sahara Energy attend toujours de réceptionner le « fuel-oil » en Irak, afin de donner le feu vert pour décharger la cargaison des deux navires qui se trouvent aux larges des côtes libanaises.

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Lundi, le ministre indiquait être « intervenu auprès des Irakiens au cours du mois dernier et plus particulièrement ces derniers jours » afin de résoudre ce problème et « faciliter le chargement de la cargaison actuellement en attente en Irak », ce qui aurait du permettre le déchargement du fuel-oil dans les réservoirs des centrales électriques d'EDL dès le lendemain. Mardi,  c'est le Premier ministre sortant Nagib Mikati qui promettait, lors du Conseil des ministres, de résoudre cette question dans les prochaines 48 heures.

Si il n’en est rien jusqu’à présent, le ministre concerné reste optimiste quant à la résolution prochaine de ce problème. « Mais cela ne peut pas durer. Le Parlement doit approuver ce mécanisme pour que les transferts soient effectués », conclut-il. Sinon le Liban devra compter sur encore plus de facilités, d’exceptions et de dérogations offertes par les autorités irakiennes. 

Depuis samedi dernier, les Libanais ne disposent même plus des quelques heures par jour (4 en moyenne) fournies par EDL, en raison d'un imbroglio financier portant sur l'achat de carburant destiné à ses deux centrales encore opérationnelles. Après la cessation des activités de la centrale de Deir Ammar le 6 juillet et la suspension partielle de celle de Zahrani, le lendemain,  le...
commentaires (3)

Ls auraient pu construire une station de production d’électricité, sophistiquée, dans chaque région du Liban avec tous ces millions voir milliards, depuis le temps, au lieu de faire venir des bateaux pour se servir au passage.

Sissi zayyat

12 h 48, le 11 juillet 2024

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Commentaires (3)

  • Ls auraient pu construire une station de production d’électricité, sophistiquée, dans chaque région du Liban avec tous ces millions voir milliards, depuis le temps, au lieu de faire venir des bateaux pour se servir au passage.

    Sissi zayyat

    12 h 48, le 11 juillet 2024

  • "… deux navires, chargés de 30 000 tonnes de carburant chacun, stationnent dans les eaux territoriales libanaises depuis plusieurs jours …" - C’est sympa d’indiquer ce point faible à Israel…

    Gros Gnon

    07 h 36, le 11 juillet 2024

  • Magouilleurs !!

    Yoska

    00 h 32, le 11 juillet 2024

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