Le siège de Cedrus Bank à Dora, à l'entrée nord de Beyrouth le 25 septembre 2025. Photo d'archives Philippe HAGE BOUTROS / L'Orient-Le Jour
Détenue depuis septembre dernier pour des soupçons de retraits frauduleux de 2 millions de dollars prélevés sur les comptes d’un dermatologue de renom, Roy Moutran, une ancienne directrice de Cedrus Bank (branche de Jounieh), Câline Farès, a obtenu vendredi dernier une décision de remise en liberté, à condition de verser une caution de 20 milliards de livres libanaises (environ 224 000 dollars).
Cette décision, prise par la Chambre d’accusation du Mont-Liban que préside le juge Fadi Aridi, fait suite à une demande de remise en liberté présentée en mai dernier par Câline Farès par l’intermédiaire de ses avocats, Alain Khoury et Walid Katra.
L’avocate de Roy Moutran, Rita Rahmé, qui représente également Serena Ayoub, nièce du dermatologue, dans une affaire de prélèvement présumé frauduleux de 100 000 dollars sur son compte, ainsi qu’un autre médecin, Antoine Choucair, et son épouse dans une affaire similaire s’élevant à 800 000 dollars, avait aussitôt fait opposition à cette demande. Son recours a été rejeté par la Chambre d’accusation, qui a cependant imposé une caution de 20 milliards de livres à Câline Farès, jugée considérable, en attendant de rendre son acte d’accusation.
L’affaire est parvenue à cette juridiction peu après que Câline Farès a interjeté appel contre sa mise en accusation décidée en février dernier par la juge d’instruction du Mont-Liban, Nada el-Asmar pour vol, fraude et falsification de documents et de signatures.
Dans sa décision, la juge Asmar avait également mis en cause Cedrus Bank sur la base de l’article 210 du Code pénal, qui considère que « les personnes morales sont pénalement responsables des actes que leurs directeurs commettent au nom ou par l’un des moyens desdites personnes morales ».
L'ancienne directrice de Cedrus Bank-Jounieh, ainsi que la banque elle-même, ont fait l’objet en février d’un acte d’accusation émis par la première juge d’instruction du Mont-Liban Nada el-Asmar, qui les a inculpées de vol, de fraude, ainsi que de falsification de documents et de signatures.
Cette décision avait été prise dans le sillage d’une enquête ouverte après une plainte présentée il y a un an par un client de la banque Roy Moutran, ciblant notamment un « retrait frauduleux » de plus de 2 millions de dollars prélevés sur le compte du médecin. Dans ses déclarations devant la justice, celui-ci avait affirmé que la signature utilisée pour retirer son argent ne correspondait pas à celle de sa sœur, Nadine, à qui il avait donné procuration à cet effet.



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