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Politique - Liban

Aoun : Si le Hezbollah reste en guerre, il nuira à la communauté qu’il prétend défendre

Le président hausse de nouveau le ton : « Nous n’acceptons pas que l’Iran nous dicte ce que nous devons faire ».

Aoun : Si le Hezbollah reste en guerre, il nuira à la communauté qu’il prétend défendre

Le président de la République, Joseph Aoun, à Baabda, le 11 février 2025. Photo AFP/Anwar Amro

Le chef de l’État Joseph Aoun a affirmé jeudi, dans plusieurs déclarations, que le Liban ne se retirera pas des négociations avec Israël, en dépit « des pressions » exercées en ce sens. Il a aussi assuré que « si le Hezbollah choisit de rester dans un état de guerre, il nuira à la communauté qu’il prétend défendre ».

« Nous devons être convaincus que nous sommes un État souverain. Malgré les pressions visant à nous faire quitter les négociations, nous ne nous en retirerons pas et nous poursuivrons notre chemin jusqu’à parvenir à des résultats servant l’intérêt de notre pays », a souligné M. Aoun lors d’une rencontre avec les fondateurs de l’association « Culture et liberté ». « Nous demandons la fin de l’état d’hostilité avec Israël conformément aux points suivants : le retrait israélien, l’arrêt des agressions, le déploiement de l’armée libanaise et le retour des déplacés et des prisonniers », a-t-il ajouté. Dans un entretien avec plusieurs correspondants de chaînes de télévision arabes, il a affirmé que « la partie israélienne fait preuve d’intransigeance, fait traîner les choses et n’a présenté aucun plan clair ». « Quant à nous, nous entrons dans les négociations avec un plan clair », a-t-il ajouté. Toutefois, il a affirmé rester « déterminé à participer à un nouveau cycle de pourparlers », prévu le 22 juin, ajoutant que « si celui-ci est reporté, les Israéliens devront en assumer la responsabilité ».

Lors d'un entretien à l'agence Reuters, le chef de l’État a en outre de nouveau haussé le ton contre l’Iran : « Nous n’acceptons pas que l’Iran nous dicte ce que nous devons faire. Nous sommes un État souverain et il ne lui appartient pas de parler en notre nom », a-t-il lancé. Il a aussi haussé le ton contre le parti chiite. « Si le Hezbollah choisit de rester dans un état de guerre, il nuira à la communauté qu’il prétend défendre », a-t-il déclaré. Il a ajouté que la formation chiite n’avait « présenté au gouvernement aucune feuille de route alternative pour sortir de la crise », au-delà de son rejet des négociations directes. « Nous refusons que le Liban devienne le théâtre des guerres des autres », a encore lancé le chef de l’État. Le président a enfin renvoyé dos à dos l’Iran et Israël. « L’avenir du Liban est entre les mains des Libanais, et non de l’Iran ou d’Israël, a-t-il déclaré. Nous n’avons d’autre choix que de négocier pour mettre fin à ce conflit, et les Israéliens se trouvent dans la même situation ».

Un accord de cessez-le-feu avait été conclu à l’issue du quatrième round de négociations entre le Liban et Israël à Washington, les 2 et 3 juin derniers. Le président de la Chambre, Nabih Berry, ainsi que son allié le Hezbollah, ont rejeté cet accord, le qualifiant « d’injuste ». Le président Aoun a affirmé, lors de son entretien avec les chaînes de télévision arabes, que l’accord « n’a pas accordé à Israël une liberté d’action », en réponse aux accusations du tandem chiite, mais « il a, au contraire, confirmé le droit des deux parties à la légitime défense conformément à l’article 51 de la Charte des Nations unies ». M. Aoun a également tenu à remercier l’Arabie saoudite et le Qatar, avec qui Beyrouth est « en contact afin de contribuer à l’obtention d’un cessez-le-feu, en tirant parti de leurs relations avec l’Iran », dans des propos rapportés par le média Al-Modon.

Dans ce cadre, la présidence a indiqué que le chef de l’État a présidé jeudi après-midi une réunion au palais de Baabda, en présence du commandant en chef de l’armée, le général Rodolphe Haykal, du chef de la délégation chargée des négociations, l’ambassadeur Simon Karam, ainsi que des officiers membres de l’équipe militaire participant aux pourparlers. Au cours de la réunion, les participants ont évalué les discussions menées lors des deux cycles de négociations tenus à Washington le 29 mai puis les 2 et 3 juin. Le président a par ailleurs donné à M. Karam et à la délégation d’officiers les directives nécessaires en vue de la prochaine réunion.

« Chareh ne se laissera pas entraîner dans le bourbier libanais »

Sur un autre volet, M. Aoun a répondu à la menace américaine récurrente d’impliquer la Syrie dans une confrontation avec le Hezbollah, en particulier dans la Békaa, afin d’encercler le parti pro-iranien et de contribuer à la saisie de ses missiles de précision. « Nous prenons en considération les déclarations du président Trump concernant une éventuelle intervention syrienne. Toutefois, nous savons que le président Ahmad el-Chareh fait preuve d’un grand sens des responsabilités et de discernement, et qu’il ne se laissera pas entraîner dans le bourbier libanais », a-t-il déclaré.

Peu après ces déclarations, le ministère syrien de l’Intérieur a affirmé à la chaîne saoudienne al-Hadath que le Liban est « un État souverain et non une arrière-cour comme le considérait l’ancien régime (de Bachar el-Assad, renversé en décembre 2024, Ndlr) », soulignant que « la coordination avec le Liban constitue le pilier fondamental de toute aide que la Syrie lui apporte ». Le ministère a par ailleurs indiqué que « nous avons réussi à préserver les frontières et la sécurité des pays voisins », tout en assurant que « nous ne ménagerons aucun effort pour alléger la pression sécuritaire pesant sur les pays voisins ».

Raggi : Distinguer entre les ailes politique et militaire du parti chiite n’est pas réaliste

De son côté, le ministre des Affaires étrangères, Joe Raggi, en visite en France, a affirmé mercredi dans un entretien accordé à la chaîne française LCI que la voie des négociations directes avec Israël était « la plus efficace » pour mettre fin à la guerre. Ces pourparlers « sont la seule voie possible pour rétablir la paix au Liban. L’option militaire a prouvé son inefficacité », a déclaré le chef de la diplomatie. Il a également affirmé que continuer à faire « la distinction entre les ailes politique et militaire » de la formation chiite n’était « absolument pas réaliste ». « Le Hezbollah est un tout. C’est une organisation illégale au Liban, c’est un bras armé de l’Iran », a-t-il dit. « Notre priorité en menant les négociations est de parvenir à un cessez-le-feu pour que les déplacés puissent rentrer chez eux. C’est assez difficile, parce que nous sommes dans un cercle vicieux : tant que le Hezbollah lance des attaques, Israël dit qu’il est légitime pour lui de se défendre. D’un autre côté, le Hezbollah considère que tant qu’il y a l’occupation israélienne, il est de son devoir de continuer la « résistance » à laquelle je mets des guillemets », a-t-il également déclaré lors d’une audition devant la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale française.

Barrot : Des décisions « courageuses »

M. Raggi s'est entretenu avec son homologue français, Jean-Noël Barrot, qui a qualifié de « courageuses » les décisions et positions prises par l’autorité politique depuis l’été dernier. M. Barrot a aussi réaffirmé « le soutien indéfectible de la France au Liban et sa solidarité avec le processus de négociation engagé par Beyrouth, bien que Paris ne soit pas partie prenante directe à ces pourparlers ». De son côté, M. Raggi a souligné « le rôle actif joué par la France », saluant « ses positions constantes ».
Les deux responsables ont également convenu de « l’importance de soutenir l’armée libanaise et de renforcer ses capacités, en tant que pilier essentiel pour consolider la position du Liban dans les négociations ». M. Barrot a annoncé la disposition de son pays à organiser une conférence internationale pour soutenir l’institution militaire, compte tenu de l’importance stratégique de ce dossier.
Enfin, l’entretien a abordé la phase qui suivra la fin de la mission des Casques bleus de la Finul, ainsi que les relations libano-syriennes. La partie française a souligné « l’importance de poursuivre la délimitation des frontières terrestres entre les deux pays, afin de renforcer la sécurité, de mieux contrôler les frontières et de limiter les phénomènes de contrebande ».

Le chef de l’État Joseph Aoun a affirmé jeudi, dans plusieurs déclarations, que le Liban ne se retirera pas des négociations avec Israël, en dépit « des pressions » exercées en ce sens. Il a aussi assuré que « si le Hezbollah choisit de rester dans un état de guerre, il nuira à la communauté qu’il prétend défendre ».« Nous devons être convaincus que nous sommes un État souverain. Malgré les pressions visant à nous faire quitter les négociations, nous ne nous en retirerons pas et nous poursuivrons notre chemin jusqu’à parvenir à des résultats servant l’intérêt de notre pays », a souligné M. Aoun lors d’une rencontre avec les fondateurs de l’association « Culture et liberté ». « Nous demandons la fin de l’état d’hostilité avec Israël conformément aux points suivants : le retrait...
commentaires (14)

Monsieur le Président, que faites-vous pour arrêter l'offensive israélienne au liban qui a rasé de nombreux villages et villes, tué plus de 3'500 innocents dont hommes,femmes et enfants. Il est temps d'avoir une armée forte qui puisse repousser l'envahisseur et défendre le pays contre les attaques israéliennes. une fois israel foutu dehors, le hzb ne sera plus un problème, et pourra alors être démilitarisé. Espérer accommoder israel est une grave erreur car on ne peut accommoder un tel état génocidaire et criminel qu'en position de force, et pas de faiblesse, comme actuellement.

MeK

12 h 13, le 12 juin 2026

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Commentaires (14)

  • Monsieur le Président, que faites-vous pour arrêter l'offensive israélienne au liban qui a rasé de nombreux villages et villes, tué plus de 3'500 innocents dont hommes,femmes et enfants. Il est temps d'avoir une armée forte qui puisse repousser l'envahisseur et défendre le pays contre les attaques israéliennes. une fois israel foutu dehors, le hzb ne sera plus un problème, et pourra alors être démilitarisé. Espérer accommoder israel est une grave erreur car on ne peut accommoder un tel état génocidaire et criminel qu'en position de force, et pas de faiblesse, comme actuellement.

    MeK

    12 h 13, le 12 juin 2026

  • Concernant El Chareh, il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Son implication dans le conflit libanais dépendrait du prix que les E.U seraient prêts à lui payer . Il faut être dupe pour croire qu’il existe un pays qui veut notre salut et œuvrerait dans ce but pour le blanc des yeux des libanais dont une partie s’acharne à le détruire, pendant que nos dirigeants sont toute ouïe pour entendre leurs conditions irréalisables pour sauver notre pays. Les grands hommes se révèlent dans le tumulte du monde. A notre président de prouver qu’il en est un.

    Sissi zayyat

    11 h 38, le 12 juin 2026

  • Notre président a affirmé que « la partie israélienne fait preuve d’intransigeance, fait traîner les choses et n’a présenté aucun plan clair»Et quand est il de la partie libanaise alors? Elle a eu un an pour montrer sa détermination à désarmer ces vendus et a freiné des quatre fers en nous mentant, prétextant que le sud du pays était complètement désarmé pendant que ces vendus creusaient des tunnels et fabriquaient des armes afin de reprendre comme en l’an quarante. A un moment il faut être cohérent. Il n’y a pas de quoi fanfaronner tant que des armes étrangères sont aux mains des mercenaires

    Sissi zayyat

    11 h 18, le 12 juin 2026

  • Pour ceux qui parlent de barbus médiévaux, mafieux et autres « enturbanés », petit rappel: « Qui connaît son ennemi comme il se connaît, en cent combats ne sera point défait. Qui se connaît mais ne connaît pas l’ennemi sera victorieux une fois sur deux. Que dire de ceux qui ne se connaissent pas plus que leurs ennemis ? »

    Falpes04

    11 h 14, le 12 juin 2026

  • Wow , plus ou moins 250 lignes pour ne rien dire. Bravo !

    Antoine Chouery

    06 h 57, le 12 juin 2026

  • Le Président a raison. Une précision toutefois, la milice d’Iran ne nuira pas à son public si elle reste en guerre, elle l’a déjà nui, et son public se déplace d’une tente à l’autre. Raggi est plus clair, le hezbollah est un tout, et distinguer entre aile politique et militaire est faux. Les deux ailes obéissent à la même tête criminelle, celle des barbus médiévaux. Ça suffit de porter des gants avec ces misérables vendus.

    NG

    05 h 58, le 12 juin 2026

  • Le Hezbollah est un état dans l’état, il fat è que les Le Hezbollah est. Un état dans. L’état il est aux ordres des mafieux iraniens

    Eleni Caridopoulou

    00 h 50, le 12 juin 2026

  • Notre Mahmoud Abbas libanais…

    EL RIZ Mohamed

    20 h 08, le 11 juin 2026

  • Et pourtant !

    Falpes04

    18 h 44, le 11 juin 2026

  • La seule comparaison possible avec la France sont les soit disant resistants communistes qui n'étaient pas résistants pour la France tant que l'Allemagne était alliée à L'URSS. Donc si comparaison il y a c'est entre les communistes français agents soviétiques et la milice création 100% iranienne d'ailleurs ils ne s'en cachent pas. La différence aussi cest que la milice a provoqué 2 fois notre voisin bien plus fort tout en sachant que le résultat serait l'occupation pour justifier le maintienne leurs armes et la tyrannie chez l'énorme majorité des Libanais qui les hait,

    Liban Libre

    18 h 08, le 11 juin 2026

  • Ce n'est pas d'un ridicule. Ceci releve de l'imbecilite absolue!

    sancrainte

    17 h 40, le 11 juin 2026

  • Bravo M. Le président, la majorité écrasante vous soutiens et se tient derrière vous

    Ata

    17 h 25, le 11 juin 2026

  • Comparer le Hezbollah à De Gaulle!!! Mais quel ridicule.

    Ras le bol

    16 h 40, le 11 juin 2026

  • 17 juin 1940 : la France capitule. Seul De Gaulle, en véritable homme d’État, refuse le néant et incarne la légitimité. 6 juin 1944 : les « alliés » débarquent pour imposer leur tutelle et leur monnaie. De Gaulle fait bloc. 25 août 1944 : l’Allemagne capitule, l'occupant est chassé et les Anglo-Américains doivent renoncer à leur protectorat. Face aux prédateurs de tous bords, là où le résistant n’était qu'un terroriste pour l'un ou un pion pour l’autre, un seul homme a su s'élever au-dessus du chaos. Par sa seule stature d'homme d'État, De Gaulle a sauvé la France et restauré sa souveraineté.

    Falpes04

    16 h 03, le 11 juin 2026

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