Les cofondateurs de Superpowders, Andy Kazandjian (à gauche) et Youssef Taher (à droite).
Il y a environ trois ans et demi, à Dubaï, deux amis libanais discutaient de la création d’une entreprise dans un appartement. Youssef Taher, 29 ans, banquier d’investissement, et Andy Kazandjian, 27 ans, directeur de croissance dans une entreprise de cosmétiques, n’avaient pas encore de produit. Mais alors que l’essentiel des conversations dans l’écosystème des start-up se tournait vers l’intelligence artificielle (IA), les deux amis regardaient vers une autre tendance en plein essor : la santé et le bien-être.
Soucieux de leur santé, ils consommaient déjà des produits de bien-être aux États-Unis et au Royaume-Uni, notamment des poudres vertes, sans trouver d’équivalent sur le marché local. Ce constat devient leur point de départ. Pendant environ six mois, ils testent des produits, créent des échantillons et travaillent sur les mélanges, avant de trouver leur produit : le café aux champignons, une alternative au café à base de champignons fonctionnels et de plantes adaptogènes, sans « le coup de fatigue ni la nervosité souvent associés à la caféine ».
Superpowders a officiellement été lancée en mars 2023, avec des opérations basées au Liban. La première production est limitée à environ 1 000 sachets, avec l’idée d’avancer prudemment et de tester le marché. « Nous avons tout écoulé en moins d’un mois », dit Youssef Taher à L’OLJ.
Le pari de l’autofinancement
L’entreprise démarre avec environ 12 000 dollars d’apport initial des fondateurs. À mesure que les ventes progressent, ils réinvestissent environ 100 000 dollars sur l’année suivante. Trois ans plus tard, Superpowders dépasse les 50 000 clients et réalise plusieurs millions de dollars de chiffre d’affaires annuel. S’autofinancer a changé leur rapport au risque. « C’est votre argent durement gagné que vous mettez dans quelque chose, explique Kazandjian. Vous vous battez pour chaque dollar, parce qu’il est à vous. »
Après le café aux champignons, Superpowders se développe sur les électrolytes, devenus son produit phare, dans un contexte de montée des pratiques liées au fitness et à une alimentation plus saine.
Jusqu’en avril 2026, les deux fondateurs dirigent encore l’entreprise en parallèle de leurs emplois à temps plein. Mais à mesure que l’activité se développe, Youssef Taher quitte la finance pour se consacrer à Superpowders à plein temps, renonçant à un salaire d’environ 20 000 dollars par mois hors bonus. Andy Kazandjian continue de partager son temps entre entre l’entreprise de cosmétiques et Superpowders. Cette organisation relève d’un choix assumé : l’un se consacre pleinement à la société, tandis que l’autre maintient une activité parallèle pour sécuriser le développement, compte tenu des passerelles naturelles entre les deux secteurs. La majorité des revenus est réinvestie pour soutenir la croissance de la compagnie.
La marque s’est depuis développée au-delà du Liban. « Nous sommes aujourd’hui présents au Liban et aux Émirats arabes unis, ainsi que dans des pays comme l’Irak, le Nigeria, l’Égypte et l’Arabie saoudite à travers des distributeurs », a déclaré Youssef Taher. Superpowders vend ses produits en ligne et dans plus de 500 points de vente, notamment des pharmacies, salles de sport, supermarchés et applications de livraison au Liban. La marque cible les consommateurs soucieux de leur santé et les sportifs, mais aussi les personnes cherchant à ajuster progressivement leurs habitudes quotidiennes, comme remplacer les boissons gazeuses.
Prochaine étape : continuer d’investir et renforcer la pénétration régionale. « Je me vois clairement passer plus de temps au Liban, dit Youssef Taher, mais aussi en Arabie saoudite, à Oman, au Qatar et en Jordanie – tous les marchés dans lesquels nous voulons nous développer. »


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