Le siège d’Électricité du Liban (EDL) à Beyrouth. Photo Joao Sousa
Électricité du Liban (EDL) a confirmé lundi que la centrale de Deir Ammar, l'une des deux centrales électriques opérationnelles du pays, a « temporairement cessé ses activités » depuis le 6 juillet, tandis que celle de Zahrani a « partiellement suspendu ses opérations » depuis dimanche en raison de contraintes financières. Alors que plusieurs parties ont tiré la sonnette d'alarme, une source au sein du ministère de l'Énergie a affirmé à notre publication que les centrales devraient être à nouveau approvisionnées en courant « demain » (mardi).
Une source au sein d'EDL a affirmé à L'Orient Today que le fournisseur public a averti que certaines installations étatiques vitales, notamment l'aéroport de Beyrouth, pourraient être exposées à des coupures de courant si ces contraintes ne sont pas levées. « En raison de différends financiers impliquant les gouvernements libanais et irakien ainsi que la Banque du Liban (BDL), EDL n'a pas pu décharger une première partie de la cargaison de fuel prévue pour juin », a indiqué l'opérateur public dans un communiqué publié lundi.
Selon EDL, le navire transportant la cargaison est actuellement ancré près de la centrale Deir Ammar, dans l'attente des résultats des tests de laboratoire effectués par Bureau Veritas, dont les bureaux se trouvent à Dubaï, aux Émirats arabes unis. La deuxième partie de la cargaison, arrivée le 4 juillet, est également bloquée en raison de retenues financières. Cela a contraint EDL à fermer temporairement la centrale de Deir Ammar depuis le 6 juillet, et à suspendre en partie les opérations de la centrale de Zahrani depuis le 7 juillet. Il est également prévu que le dernier groupe opérationnel au sein de la centrale de Zahrani cesse de fonctionner le 11 juillet, lorsque le reste du stock de fuel sera épuisé, a ajouté EDL.
« En réponse à cette situation critique indépendante de notre volonté, EDL a accordé la priorité à l'alimentation en électricité des installations vitales telles que les aéroports, les ports, les stations de pompage d'eau, les systèmes d'égouts, les prisons et les universités », a-t-elle souligné dans un communiqué. Le fournisseur public a également assuré qu'il s'engageait à rétablir rapidement les opérations dans les centrales affectées dès la résolution des contraintes financières et le déchargement des cargaisons de fuel.
Un accord, conclu en juillet 2021 et entamé au mois de septembre suivant, prévoyait initialement une fourniture d'un million de tonnes de fuel oil en provenance d'Irak sur une période de 12 mois. Le Liban avait l'intention d'échanger ce fuel oil contre d'autres types compatibles avec ses centrales électriques, car celui produit par la compagnie pétrolière irakienne SOMO ne correspond pas aux spécificités des installations libanaises. L'objectif principal de l'accord, qui a été renouvelé en août 2022, était de combler en partie les besoins en carburant du Liban.
Le ministère de l'Énergie promet du fuel oil mardi
Une source au sein du ministère de l'Énergie a affirmé que le ministre est « intervenu auprès des Irakiens au cours du mois dernier et plus particulièrement ces derniers jours (...) alors que le Parlement libanais et le gouverneur par intérim de la BDL finalisent les mesures permettant le transfert de cotisations irakiennes sur le compte irakien au sein de la BDL ». Elle a également indiqué que « le Premier ministre irakien a adressé une lettre datée du 4 juillet au ministre irakien du Pétrole et à la compagnie pétrolière irakienne SOMO pour faciliter le chargement de la cargaison actuellement en attente en Irak, ce qui résout le problème (d'approvisionnement en électricité) pour le mois de juillet ». La source a indiqué que selon le directeur général de la SOMO, le ministre irakien « devait recevoir lundi une clarification du Premier ministre irakien pour valider le contenu de la lettre ». La compagnie pétrolière irakienne estime que « cela permettra le chargement de la cargaison au plus tard mardi », a-t-elle poursuivi. La source a enfin estimé que « le problème devait être résolu par la partie irakienne dans la journée (de lundi), ce qui permettrait le déchargement du fuel oil dans les réservoirs des centrales électriques d'EDL mardi ». Il n'est toujours pas clair si la cargaison en provenance d'Irak ou si les navires ancrés près de Deir Ammar seraient déchargés.
Une source de la BDL a déclaré à L'Orient Today que la banque centrale n'était pas impliquée dans la question de la pénurie de carburant. Il n'est pas vrai que la BDL bloque les fonds d'EDL, a-t-elle ajouté, notant que « le ministère de l'Énergie est libre de gérer son compte bancaire comme il l'entend ». « Cependant, le problème réside dans le fait que le ministère veut dépenser plus que son budget ou les fonds disponibles sur son compte », a nuancé cette source.
Réagissant à l'annonce d'EDL, le ministre sortant de l'Économie Amine Salam a pour sa part appelé à « décréter l'état d'urgence pour (le secteur de) l'énergie afin de préserver la sécurité publique ». Dans un message publié sur X, il a également appelé à « prendre des mesures nationales et audacieuses pour accepter et mettre en œuvre des projets qataris énergétiques, étant donné que ni les générateurs privés ni EDL ne répondent aux besoins de nos installations publiques ».
De son côté, l'Office des Eaux du Liban-Sud a appelé dans un communiqué publié lundi dans l'après-midi à « rationaliser la consommation de l'eau », notant que « le rationnement de l'électricité affectera l'approvisionnement en eau ».
L'électricité rétablie à l'aéroport
Selon plusieurs médias locaux, ce problème a engendré des coupures de courant ce lundi à l'aéroport. S'exprimant à ce sujet, le ministre sortant des Transports Ali Hamiyé a affirmé auprès de la chaîne al-Jadeed qu' « à midi, le courant a été rétabli et que la climatisation fonctionnait, mais elle a été interrompue pendant une demi-heure lors du recours aux générateurs privés ».
Les centrales électriques d'EDL manquent régulièrement de carburant, ce qui provoque une pénurie d'électricité chronique dans le pays et oblige les Libanais à recourir à des générateurs privés.



Et dire que les factures d’électricité d’EdL ont été multipliées par 60 et toujours pas de courant. Une seule explication: le vol des ressources financières du pays continuent par le gouvernement actuel
22 h 35, le 09 juillet 2024