Le milieu de terrain iranien Mehdi Ghayedi (n°10) et ses coéquipiers participent à une séance d'entraînement en vue du match du groupe G de la Coupe du monde de football 2026 contre la Nouvelle-Zélande, à Tijuana, au Mexique, le 13 juin 2026. Photo Guillermo Arias / AFP
Le président de la fédération iranienne de football Mehdi Taj a rappelé samedi que la Fifa devait s'assurer que seul le drapeau iranien serait visible dans les stades du Mondial, alors que des Iraniens de la diaspora pourraient vouloir brandir des bannières de l'opposition lors des matches de la Team Melli aux États-Unis. Attendu dimanche à Los Angeles, l'Iran affrontera lundi la Nouvelle-Zélande pour son entrée en lice dans la Coupe du monde.
« La Fifa est responsable conformément aux protocoles », a rappelé M. Taj, interrogé par l'AFP sur la question du drapeau lors d'un entraînement de la sélection iranienne à Tijuana, au Mexique. « L'un de ces protocoles stipule que le drapeau officiel d'un pays doit être présent dans le stade. »
Le premier match de la « Team Melli » lundi pourrait être tendu, car Los Angeles - parfois surnommée Tehrangeles - abrite la plus importante diaspora au monde, et une large partie de ses membres sont des opposants à la République islamique.
Plusieurs organisations prévoient de manifester lundi autour du stade, pour agiter l'ancien drapeau iranien, celui qui avait cours avant la révolution islamique. La bannière verte blanche et rouge était surmontée d'un lion et d'un soleil. Certains protestataires pourraient aussi s'inviter à l'intérieur de l'enceinte et huer l'hymne iranien, comme au Qatar en 2022.
Téhéran a prévenu cette semaine que ce scénario serait inacceptable. Le ministre iranien des Sports, Ahmad Donyamali, a prévenu que l'Iran surveillerait particulièrement « drapeaux et slogans », menaçant de l'arrêt du match en cas de symboles hostiles à la République islamique.
Le règlement de la Fifa interdit tout accessoire de « nature politique » dans les stades. Mais son application a été à géométrie variable lors des précédents tournois, et nul ne sait comment les opposants munis de billets seront traités.
« Nous avons communiqué le drapeau officiel de notre pays à la Fifa, qui s'efforce de résoudre les problèmes et s'est montrée coopérative », a poursuivi M. Taj. « Cependant, elle a réussi à résoudre certains problèmes, tandis que d'autres restent en suspens. Nous espérons que les conditions s'amélioreront à l'avenir », a-t-il ajouté.
Ces incertitudes sur l'accueil réservé à la Team Melli ajoutent à la pression qui entoure l'équipe depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. Avec le conflit déclenché par les frappes américano-israéliennes sur l'Iran le 28 février, Téhéran a entretenu jusqu'au bout le doute sur la participation de la Team Melli au Mondial.
Les États-Unis ont refusé d'accorder des visas à une quinzaine de membres de l'encadrement et l'équipe a également au dernier moment son camp de base à Tijuana au Mexique, l'un des trois coorganisateurs avec le Canada, plutôt qu'à Tucson (Arizona).

