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Lifestyle - Archéologie

L’Espagne, la Bolivie et la Colombie se disputent le fabuleux trésor de San José

La Colombie a décidé de repêcher le « Saint Graal » des épaves, qui transportait dans ses cales des richesses estimées à des milliards d’euros. L’opération est prévue début avril.

L’Espagne, la Bolivie et la Colombie se disputent le fabuleux trésor de San José

Images de l'épave du San José rendues publiques en 2022 par la Colombie. Photo AFP

Il y a plus de trois siècles, après une bataille avec la flotte britannique, le 8 juin 1708, le galion espagnol San José coulait dans la mer des Caraïbes, au large de la Colombie, emportant avec lui la quasi-totalité de son équipage et la cargaison qu’il acheminait depuis les colonies espagnoles en Amérique vers la cour du roi Philippe V d’Espagne.

C’était durant la guerre de la Succession (1701-1714) qui opposait l’Espagne à la Grande-Bretagne. D’après les chroniques de l'époque, le galion était chargé de 200 tonnes de pièces d’or et d’argent, de coffres d’émeraudes, de pièces de céramique et autres objets de grand prix, estimés entre 3,7 et 15,6 milliards d’euros, selon la BBC.

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Le fabuleux trésor, considéré comme le plus important jamais transporté entre l’Amérique et l’Europe, est au centre d'une bataille entre la Colombie, la Bolivie et l’Espagne, qui se disputent la propriété de l’épave.

La Bolivie affirme que les richesses du San José devraient leur être restituées, car elles sont issues de leur terre. Le groupe indigène bolivien, les Qhara Qhara, rappelle en effet que ce sont leurs aïeuls qui ont été contraints d’extraire l’argent de Potosi, une des plus grandes mines d'argent du monde à l’époque. « Ce n’est pas qu’une question de symbolique, a déclaré le leader bolivien indigène à Carthagène, Samuel Flores, c’est avant tout une question spirituelle. Nous voulons que nos ancêtres reposent en paix. »

L’Espagne estime que le San José était un « navire d’État » et qu’en vertu de la convention de l’Unesco sur le droit de la mer, une épave appartient à l’État qui la possédait. Les règlements de l'Unesco lui donnent donc le droit d’en revendiquer la propriété et par conséquent la précieuse cargaison.

Cette photo non datée, publiée le 5 décembre 2015 par le service de presse du ministère colombien de la Culture, montre les restes du galion espagnol coulé au large de la côte caraïbe colombienne. Photo AFP

Opération de repêchage début avril

Mais la Colombie, qui n’a pas ratifié la convention de l’Unesco, considère que l'épave du San José lui appartient, puisqu’elle se trouve dans ses eaux territoriales. Son ministre de la Culture, Juan David Correo, a confié à l’agence de presse Bloomberg que le président Gustavo Petro veut récupérer le trésor d’ici à la fin de son mandat, en 2026.  Aussi, un plan de repêchage a été élaboré par une commission technique colombienne composée du ministère des Cultures, des Arts et du Savoir, de l’Institut colombien d’anthropologie et d’histoire, de la direction générale maritime et de la marine colombienne. « Les objets visibles autour de l’épave seront d’abord remontés à la surface afin de voir de quelle manière ils se comportent en sortant (de l’eau) et de comprendre ce que l’on peut faire pour la suite des opérations », a affirmé le ministre Juan David Correa. Concernant ces objets visibles autour de l’épave, l’AFP rapporte que l’armée colombienne avait révélé en 2022 et au terme de quatre campagnes d’observation, des images inédites : « On distinguait des canons en fonte ornés de dauphins, des pièces de vaisselle en porcelaine, des poteries, des pièces apparemment en or et une partie de la proue du navire couverte d’algues et de coquillages. »

Peint par Samuel Scott, le galion San José durant son combat au large de Carthagène, en juin 1708. Photo Creative Commons

Les travaux de repêchage seront lancés début avril, et ce à l’aide d’un robot pouvant descendre à la profondeur de 600 mètres, là où se trouve l’épave, et d’un drone sous-marin qui sera dirigé depuis l’ARC Caribe, un navire polyvalent doté de compétences spécifiques. L’opération est estimée à plus de 4 millions d’euros. Et les résultats devraient être dévoilés au public cette année.

Rappelons qu’après des décennies de recherches, le San Jose, annoncé comme le « Saint Graal » des épaves, a été découvert en 2015. Selon l’Icomos, des relevés sous-marins ont dévoilé de solides preuves soutenant l'affirmation que l'épave du galion espagnol avait été localisée. Mais son emplacement est resté secret afin d’éviter que des chasseurs de trésors ne viennent le piller et causer des dégâts sur le site archéologique sous-marin, perturbant ainsi l'observation et la documentation des historiens sur les technologies de construction navale et les instruments utilisés dans les champs de bataille maritimes à cette période, sur le commerce transatlantique et le transport de marchandises à la fin du XVIIe et au début du XVIIIe siècle.

Il y a plus de trois siècles, après une bataille avec la flotte britannique, le 8 juin 1708, le galion espagnol San José coulait dans la mer des Caraïbes, au large de la Colombie, emportant avec lui la quasi-totalité de son équipage et la cargaison qu’il acheminait depuis les colonies espagnoles en Amérique vers la cour du roi Philippe V d’Espagne. C’était durant la guerre de...
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Le rêve des chercheurs d'épaves.

Dorfler lazare

16 h 42, le 19 mars 2024

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  • Le rêve des chercheurs d'épaves.

    Dorfler lazare

    16 h 42, le 19 mars 2024

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