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Campus - ORIENTATION

À l’USJ, le département d’histoire-relations internationales prépare les étudiants pour l’avenir

Le département, dirigé par Christian Taoutel, accueille chaque mois des acteurs de l’actualité régionale ou internationale.

À l’USJ, le département d’histoire-relations internationales prépare les étudiants pour l’avenir

En mars 2023, soixante-dix étudiants se sont rendus au port de Beyrouth afin de visiter le navire de guerre KRI Frans Kaisiepo-368 pour mieux comprendre le rôle de l’armée nationale indonésienne dans le maintien de la sécurité mondiale au sein de la Finul et voir comment les côtes libanaises sont protégées. Photo DR

En 1976, la faculté des lettres et des sciences humaines (FLSH) est créée à l’USJ. C’est au sein de cette faculté naissante qu’un département d’histoire et de géographie est fondé. Vingt ans plus tard, une restructuration académique sépare les deux disciplines en deux départements distincts : « histoire et relations internationales » d’un côté et « géographie et aménagement du territoire » de l’autre. C’est ainsi que depuis 1996, le département d’histoire et relations internationales (H.R.I.) se focalise sur le Liban, le Moyen-Orient, mais également sur les liens historiques tissés entre la région et l’Europe. « Nos cours offrent une formation articulant l’histoire et les relations internationales, et une attention spéciale est réservée à l’actualité du Moyen-Orient et aux zones les plus sensibles du monde », indique Christian Taoutel, chef de ce département depuis 2018, tout en soulignant l’importance des relations internationales, du dialogue et de la communication, en cette période marquée par les conflits et la complexité. « Nous ne pouvons pas comprendre le conflit actuel entre la Russie et l’Ukraine, par exemple, sans savoir comprendre comment se sont terminées les deux guerres mondiales. De même, nous ne pouvons pas comprendre les malheurs à Gaza aujourd’hui sans revenir aux sources du conflit israélo-arabe et une relecture de la déclaration de Balfour de 1917 », souligne Christian Taoutel, pour qui l’histoire et les relations internationales sont indissociables.Considéré comme « l’un des plus actifs de l’université », ce département, animé par une équipe d’enseignants passionnés, offre des formations dans les trois cycles : licence, master et doctorat. Le cursus complet s’étale sur huit ans au minimum et couvre l’histoire et les enjeux géopolitiques du Moyen-Orient. « Successivement, les chefs du département, les professeurs Raoul Assaf, Christine Babikian, Carla Eddé, ont veillé à ce qu’il reste soudé par des liens très cordiaux et radicaux. Aujourd’hui, je poursuis moi-même la tâche avec le même dévouement et l’objectif de préserver l’esprit d’équipe grâce à un excellent groupe d’enseignants chercheurs. Une belle équipe qui collabore en harmonie loin de toute logique de concurrence », confie Christian Taoutel en soulignant par ailleurs la fidélité des enseignants qui « n’ont pas abandonné l’enseignement même pendant la crise ». « Et ceux qui ont été contraints de quitter le Liban continuent d’offrir des cours en ligne. Ils n’ont pas lâché », répète-il, reconnaissant, et indiquant que de nombreux enseignants du département viennent de l’étranger, dans le cadre de conventions d’échanges avec de prestigieuses universités partenaires. Ces derniers animent des séminaires intensifs et des cours interactifs. Une ouverture vers l’Europe renforcée par la signature de plusieurs conventions avec des universités européennes, essentiellement françaises, allemandes, espagnoles et polonaises, qui permettent entre autres l’échange d’enseignants.

Rencontre avec la police libanaise pour examiner les tâches et le rôle de surveillance de la police de Beyrouth dans le maintien de la sécurité et la poursuite des criminels. Photo DR

Ressources multimédias et activités extra-muros

Près de la moitié des effectifs étudiants du département vient de l’étranger, surtout d’Europe. La curiosité intellectuelle de ces jeunes et leur soif de découvrir le Moyen-Orient les poussent à suivre ce cursus. Pour les aider à s’intégrer, le département offre un système de tutorat où chaque étudiant étranger est accompagné par un étudiant libanais qui le guide et l’accompagne pendant son séjour au pays du Cèdre. « En fonction des semestres, nous avons près de 40 à 50 étudiants en provenance de l’étranger, des étudiants en mobilité », précise Christian Taoutel, qui rélève que depuis la crise en 2019, il n’y a pas eu de changement majeur dans le nombre total des étudiants inscrits en licence, « mais une légère baisse a été observée au master et au doctorat ». Par ailleurs, pour répondre à une « demande récente », le département envisage de relancer à la prochaine rentrée un diplôme universitaire en archéologie, alors que la section archéologie existante avait été mise en veille depuis quelques années. « Notre département collabore avec des partenaires internationaux, régionaux et locaux. Nous nous assurons d’intégrer des outils modernes et d’actualité dans nos cours », souligne-t-il encore. Insistant sur l’aspect pratique de la formation, M. Taoutel indique également que les étudiants sont appelés à faire un stage obligatoire. Une démarche facilitée par les conventions mises en place par le département avec des partenaires locaux.En ce qui concerne le déroulement des apprentissages, le département intègre fréquemment de nouveaux cours mais également les nouvelles technologies et outils disponibles. « Les visioconférences, les numérisations d’archives et les supports visuels comme des documentaires filmés et cartes enrichissent les nombreuses ressources déjà existantes dans nos bibliothèques », précise Christian Taoutel. L’apprenant a aussi accès aux archives de la presse libanaise et « des magnifiques ouvrages et manuscrits préservés religieusement à la Bibliothèque orientale qui fait la fierté de l’université en matière de sources. » « L’analyse des supports visuels éveille chez l’étudiant le côté analytique, la multiplicité des sources lui permet de se faire une idée plus objective et générale du sujet en question », estime-t-il. L’enseignement se fait intra et extra-muros. Le département H.R.I organise régulièrement des visites sur le terrain qui permettent de sortir du cadre des cours magistraux. « Les visites sur le terrain sont incontournables », considère Taoutel. En mars passé, soixante-dix étudiants se sont rendus au port de Beyrouth afin de visiter le navire de guerre KRI Frans Kaisiepo-368 de l’armée indonésienne de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) pour mieux comprendre le rôle de l’armée nationale indonésienne dans le maintien de la sécurité mondiale au sein de la Finul et voir comment les côtes libanaises sont protégées. Le département a également organisé en 2023 une rencontre avec la police libanaise pour examiner les tâches et le rôle de surveillance de la police de Beyrouth dans le maintien de la sécurité et la poursuite des criminels. Les étudiants ont ainsi découvert le processus de localisation d’un criminel et comment traquer un vol tout en repérant les empreintes digitales. Ils ont observé les manœuvres qui permettent de détecter la présence de drogue ou de tout autre élément illicite. Les étudiants ont aussi récemment rencontré le chef de l’armée libanaise pour mieux comprendre le rôle de l’armée dans le contrôle de la frontière avec la Syrie. « Des visites de cimetières militaires, de centres culturels et de musées font partie de la formation. La Fondation Charles Corm et l’Institut français sont des partenaires privilégiés aussi », ajoute Taoutel.

Photo souvenir lors de la cérémonie d’inauguration du jardin de la francophonie au campus des sciences humaines. Photo DR

Ancré dans l’actualité régionale et internationale

Parmi les activités extracurriculaires qui caractérisent ce département, figure l’accueil mensuel d’acteurs importants de l’actualité régionale ou internationale. Les étudiants participent activement à ces rencontres, contactant les invités et préparant les entretiens. En 2019, dans le cadre d’une série de rencontres intitulée « 24h dans la vie de… », le département a accueilli l’ancien président français François Hollande qui a inauguré une conférence-débat tenue au campus des sciences humaines de l’Université Saint-Joseph de Beyrouth. Et en 2020, l’historien Stéphane Bern, animateur vedette de la télévision française, fut l’invité du département en collaboration avec le département de lettres françaises, pour parler des « liaisons dangereuses entre l’histoire, la littérature et le patrimoine ». Le patriarche maronite, Béchara Raï, a lui aussi animé une conférence sur la question de la neutralité du Liban. Un débat autour de la diplomatie scandinave avec les ambassadeurs de Finlande, de Suède, du Danemark et de la Norvège a été mis en place en 2023 ainsi qu’une rencontre sur la sécurité en Europe de l’Est avec les ambassadeurs de Tchéquie, Roumanie, Bulgarie, Slovaquie, Pologne et Ukraine. « Nous avons été les pionniers dans les débats autour de l’agression russe sur l’Ukraine, en recevant l’ambassadeur de l’Ukraine au 3e jour de la guerre », se félicite Christian Taoutel. « Nous recevons régulièrement des anciens chefs d’Etats libanais, des ministres, des députés, et des ambassadeurs. Nous prévoyons plusieurs rencontres au prochain semestre », annonce-t-il. Au mois de novembre 2023, une table ronde organisée par le département a analysé les développements historiques et politiques du conflit israélo-palestinien. Elle a réuni l’ancien ministre des Affaires étrangères français, Hubert Védrine, (en visioconférence), l’ambassadeur de Palestine au Liban, Achraf Dabbour et le directeur de l’Institut des études palestiniennes à Beyrouth, Rami Rayess. Elle a permis aux étudiants de s’exprimer sur le sujet et d’interroger les intervenants pour mieux comprendre la position officielle palestinienne et la nouvelle politique française au Moyen-Orient.Par ailleurs, des évènements, festifs ou culturels, sont régulièrement organisés. « Nous avons inauguré un jardin de la francophonie en collaboration avec d’autres départements partenaires au sein de la FLSH. Nous organisons des dîners, un iftar annuel, et une soirée internationale chaque année, rassemblant des étudiants de tous les pays… », indique encore le chef de ce département axé sur l’examen du passé, ancré dans le présent et orienté vers l’avenir.

En 1976, la faculté des lettres et des sciences humaines (FLSH) est créée à l’USJ. C’est au sein de cette faculté naissante qu’un département d’histoire et de géographie est fondé. Vingt ans plus tard, une restructuration académique sépare les deux disciplines en deux départements distincts : « histoire et relations internationales » d’un côté et...
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