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Politique - Guerre à Gaza

Sommet arabe de Riyad : le Liban officiel face à un énième jeu d’équilibriste

« Nous espérons que le Premier ministre prendra une position à la hauteur de la tragédie et des massacres commis par l’ennemi israélien », affirme le porte-parole du Hezbollah à « L'OLJ ».

Sommet arabe de Riyad : le Liban officiel face à un énième jeu d’équilibriste

Le Premier ministre sortant, Nagib Mikati, au Sérail. Photo d'archives Joseph Eid/AFP

Riyad, samedi 11 novembre 2023. C’est là que le Premier ministre sortant, Nagib Mikati, est attendu pour un nouveau rendez-vous diplomatique. Le chef du gouvernement préside en effet la délégation libanaise qui prendra part au sommet arabe « urgent », le premier depuis le début de l’opération Déluge d’al-Aqsa (le 7 octobre) opposant Israël au Hamas soutenu par le Hezbollah. Et c’est là que les choses se compliquent, M. Mikati se retrouvant face au défi de réussir, une nouvelle fois, un subtil jeu d’équilibriste. Car les dirigeants arabes se réuniront à l’heure où la communauté internationale accentue sa pression sur le Liban pour le garder à l’abri du conflit et en vue d’empêcher le Hezbollah d’aller vers une escalade qui ouvrirait un second front face à l’État hébreu. En face, le parti chiite, tout en voulant calmer les appréhensions des Libanais quant à une réédition du scénario de la guerre de juillet 2006, laisse toutes les options ouvertes face à Israël. Entre sa volonté de ne pas se mettre à dos l’Occident, notamment les États-Unis, et sa détermination à ne pas mécontenter le « parti de Dieu », un des principaux parrains de son cabinet, que dira Nagib Mikati – qui avait dès les premiers jours de cette séquence affirmé que la décision de guerre et de paix ne relève pas du gouvernement libanais – devant les chefs d’État et de gouvernement arabes ?

La question se pose parce que lors de la réunion des ministres arabes des Affaires étrangères tenue au Caire, quelques jours après le début de la guerre à Gaza, la prise de position du Liban officiel a irrité le Hezbollah. Ce dernier a reproché au chef de la diplomatie, Abdallah Bou Habib, d’avoir avalisé le communiqué final de la réunion qui « mettait sur un pied d’égalité le bourreau et la victime », pour reprendre les termes de ministres relevant du tandem chiite. « Le ministre des Affaires étrangères ne coordonne avec personne et ne veut rien entendre de personne », commente pour L’Orient-Le Jour le cheikh Sadek Naboulsi, proche du parti de Dieu ». « Tel n’est pas le cas avec le Premier ministre sortant », dit-il faisant état d’une « coordination » entre le Hezbollah et le Sérail à ce niveau. 

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Une information que les milieux officiels du parti de Hassan Nasrallah ne confirment pas. « Nous espérons que le Premier ministre prendra une position à la hauteur de la tragédie et des massacres commis par l’ennemi israélien », se contente de dire le porte-parole du parti, Mohammad Afif Naboulsi. « L’heure est actuellement à la pression pour freiner les massacres et décréter un cessez-le-feu », ajoute-t-il. 

En attendant, le Hezbollah critique la réunion arabe avant même sa tenue. C'est le cheikh Nabil Kaouk, membre du conseil central du parti chiite, qui s'en est chargé jeudi. « L'ennemi israélien ne craint pas les tonnes de communiqués des sommets arabes. Il a peur d'une roquette lancée depuis Gaza ou le Liban-Sud », a-t-il dit. Et de poursuivre : « Les Gazaouis assiégés n'ont besoin ni des armes ni des armées arabes. Ils veulent que ces pays (qui ont normalisé leurs rapports avec Tel-Aviv) rompent leurs relations avec l'ennemi et empêchent le passage d'avions israéliens dans les espaces aériens du Golfe. 

Un cessez-le-feu et une solution à deux États
De son côté, Nagib Mikati a défini les grandes lignes de son discours prévu pour l'occasion. « Nous allons plaider pour un cessez-le-feu et appeler à ce que les agressions israéliennes prennent fin », confie une source proche du Sérail qui a requis l’anonymat. « Nous insisterons aussi sur l’importance de mettre en place une solution à deux États », ajoute la source, indiquant que le chef du gouvernement affirmera que les affrontements enregistrés au quotidien au Liban-Sud sont le résultat des « provocations israéliennes ». Aux yeux du Liban officiel, pour garantir le retour au calme, il revient donc à la communauté internationale d’exercer des pressions sur Israël pour mettre fin à la guerre qu’il a lancée à Gaza et au Liban. Une position que le président de la Chambre, Nabih Berry, a exprimée devant le diplomate américain Amos Hochstein, lors de sa visite-éclair à Beyrouth, mardi. Ce dernier, selon plusieurs médias locaux, aurait enjoint aux autorités libanaises d'éviter une position tranchée en faveur du Hamas lors du sommet arabe. « Il est venu nous presser d’éviter toute escalade qui emporterait le Liban dans une guerre totale », se contente d'affirmer à L’OLJ un proche du président de la Chambre, allié le plus constant du Hezbollah.

À son tour, Abdallah Bou Habib a tenu des propos similaires devant son homologue britannique, James Cleverly, jeudi à Riyad. Selon le bureau de presse du palais Bustros, le ministre a affirmé qu’Israël devrait mettre un terme à ses « agressions et déclarations provocatrices à l’encontre du Liban et des Palestiniens ». Les deux homologues se sont entretenus en marge de la réunion des ministres arabes des Affaires étrangères, en prévision du sommet de samedi. Selon les informations de L’OLJ, les Arabes préparent un communiqué final bien dosé. Ils vont condamner les opérations militaires israéliennes et les agressions commises contre les civils, sans pointer un doigt accusateur en direction du Hamas. De quoi faciliter la tâche à Nagib Mikati qui ne veut certainement pas aller à l’encontre de l’unanimité arabe. Le sommet se tiendra quelques heures avant un discours du secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, le second depuis le début de la guerre. Va-t-il se joindre aux efforts diplomatiques de M. Mikati ?

Riyad, samedi 11 novembre 2023. C’est là que le Premier ministre sortant, Nagib Mikati, est attendu pour un nouveau rendez-vous diplomatique. Le chef du gouvernement préside en effet la délégation libanaise qui prendra part au sommet arabe « urgent », le premier depuis le début de l’opération Déluge d’al-Aqsa (le 7 octobre) opposant Israël au Hamas soutenu par le Hezbollah....

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LE LIBAN OFFICIEL ? IL ME VIENT A RIRE SI CE N,ETAIT D,UN DRAME QU,IL EN EST QUESTION. LE LONG, LE BARBU ET L,IMBERBE. ET VOILA ! LES QUADRUPEDES N,ONT MEME PAS L,INSTINCT DE DONNER DES COUPS DE PIEDS, OCCUPES QU,ILS SONT A RUMINER DANS L,ETABLE.

LA LIBRE EXPRESSION

11 h 13, le 10 novembre 2023

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Commentaires (1)

  • LE LIBAN OFFICIEL ? IL ME VIENT A RIRE SI CE N,ETAIT D,UN DRAME QU,IL EN EST QUESTION. LE LONG, LE BARBU ET L,IMBERBE. ET VOILA ! LES QUADRUPEDES N,ONT MEME PAS L,INSTINCT DE DONNER DES COUPS DE PIEDS, OCCUPES QU,ILS SONT A RUMINER DANS L,ETABLE.

    LA LIBRE EXPRESSION

    11 h 13, le 10 novembre 2023

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