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Économie - Infrastructures

Ce que le gouvernement prévoit pour pallier les « carences » de l’AIB

Les mesures ont été approuvée par le gouvernement le 19 octobre et certaines d’entre elles pourraient bénéficier de financements étrangers.

Ce que le gouvernement prévoit pour pallier les « carences » de l’AIB

Le ministre sortant des Travaux publics et des Transports, Ali Hamiyé, (g) lors de sa conférence de presse le 26 octobre 2023 à la Direction de l'aviation civile. Photo Mohammad Yassine/L’Orient-Le Jour

Le ministre des Travaux publics et des Transports, Ali Hamiyé, a présenté au cours d’une conférence de presse jeudi les différentes mesures récemment adoptées par le Conseil des ministres le 19 octobre dernier pour pallier l’essentiel des « carences » de l’Aéroport international de Beyrouth (AIB). Le président du conseil d'administration de la Middle East Airlines, Mohammad el-Hout, était aussi présent.

Le timing de cette conférence de presse organisée juste après une réunion à la direction de l’Aviation civile libanaise peut surprendre, dans la mesure où la guerre qui fait rage depuis le 7 octobre entre le Hamas et Israël déborde au Liban-Sud, ce qui a considérablement impacté l’activité de cette infrastructure. Une poignée de compagnies aériennes ont provisoirement arrêté de desservir Beyrouth, tandis que la MEA a considérablement réduit ses vols. Mais l'aéroport n’est pas déserté pour autant.

Les mesures évoquées par le ministre pendant la réunion à laquelle il a participé avant sa conférence de presse visent moins à répondre aux enjeux de la crise qu’à tenter de résoudre « 80 % » des problèmes de l’AIB. Ces failles ont été identifiées durant l'été dans un rapport d'audit de l'Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA) et de l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI). Le ministre n’a en revanche communiqué aucun des montants qui seront alloués pour financer les différentes mesures adoptées.

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Nouveaux radars et davantage de contrôleurs

1 - L’aéroport sera équipé de nouveaux radars qui seront financés par l’OACI. Cette dernière prépare le cahier des charges pour un marché de « plusieurs millions de dollars » qui sera « bientôt » lancé.

2 - Le Conseil des ministres a débloqué un budget pour permettre à l’aviation civile d’engager des prestataires afin d'assurer la maintenance des postes d’inspection et de filtrage des passagers et des marchandises à « toutes les entrées » de l’AIB. Le ministre n’a pas précisé les montants en jeu.

3 – Sur la question du manque d’effectifs dont se plaignent régulièrement les contrôleurs aériens de l’aviation civile, Ali Hamiyé a fait plusieurs annonces :

• L’exécutif a signé un décret autorisant 25 nouveaux contrôleurs aériens pour combler les postes vacants.

• Il a autorisé le ministère des Travaux publics à signer un contrat avec un institut de formation reconnu et spécialisé dans ce domaine, en vue de préparer les nouvelles recrues.

• Le gouvernement a également autorisé le ministère à conclure un contrat avec l’armée libanaise pour affecter « 15 officiers » possédant les compétences nécessaires pour épauler les contrôleurs aériens.

• Pour trouver une entreprise spécialisée dans la formation des contrôleurs aériens, la Direction de l’aviation civile libanaise a déjà pris contact avec « 15 entreprises » et « attend une réponse de leur part ». La question de savoir si les contrôleurs seront formés à l’AIB ou « en dehors de l’aéroport » sera tranchée plus tard, a précisé Ali Hamiyé.

• La possibilité d’ouvrir un centre de formation pour contrôleurs aériens au sein de la MEA est aussi étudiée. La compagnie aérienne nationale possède déjà un centre de formation des pilotes dans l’enceinte de son siège installé à côté de l’AIB.

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Modernisation, loi de 2002 et « fast track »

4 – Le ministère veut moderniser le système de communication entre l’AIB et les autres aéroports, qui a été « installé par le français Thalès en 1998 et qui était mis à jour et entretenu depuis ». L’opération devrait se faire via le Conseil de développement et de la reconstruction, institution publique autonome.

5 – Le gouvernement a approuvé la création par le ministère des Travaux publics, de deux commissions spécialisées composée notamment d’experts de l’OACI, pour rédiger les décrets d’application manquant en vue de mettre en œuvre toutes les dispositions de la loi n° 481 de 2002, qui a remplacé celle en place de 1971. Cette loi prévoit notamment la création d’une Autorité de l’aviation civile indépendante, qui inclurait notamment un corps d’inspection des services de la navigation aérienne. Cela permettrait en théorie d’éviter que les nominations de contrôleurs aériens soient bloquées pour des considérations politiques.

6 – Le ministre a évoqué le déblocage possible d’un autre budget par l’OACI, concernant les procédures de « flight check », sans plus de détail. La direction de l’Aviation civile n’a pas répondu à nos appels visant à préciser de quoi il s’agissait exactement. Selon un pilote que nous avons contacté et qui souhaite rester anonyme, le ministre pourrait avoir évoqué des instruments utilisés lors des procédures d’approches des aéronefs.

7 – Un contrat sera signé avec la direction des affaires géographiques au sien de l’armée libanaise en vue d’actualiser la topographie du territoire autour de l’AIB et identifier les « obstacles » sur les trajectoires de vols potentiels des avions à l’atterrissage et au décollage. Selon le pilote précité, il peut s’agir d’obstacle naturels ou même de nouvelles constructions qui peuvent gêner les pilotes pendant ces phases de vol.

8 – Le gouvernement débloquera une enveloppe pour permettre à MEAS (Middle East Airlines Services), filiale de la compagnie aérienne nationale, d'entreprendre des opérations de maintenance au sein de l’AIB.

9 – Le ministère envisage de réactiver le projet de travaux d’aménagements d’un « fast lane » ou « fast track », interrompus en 2017, un accès qui permet de franchir les contrôles de sécurité plus rapidement. Selon Ali Hamiyé, ces travaux permettront d’augmenter la capacité de l’AIB de 2 millions de personnes supplémentaires par an, pour un seuil actuel de 6 millions, et régler les problèmes de congestion.

10 – L’exécutif organisera un concours pour recruter 25 pompiers supplémentaires dans la brigade affectée à l’AIB.

Répondant enfin à une question pendant la conférence de presse, le ministre a rejeté la possibilité que l’État libanais demande une « assistance internationale » pour protéger l’aéroport, ajoutant que ce domaine relevait de la responsabilité de l’armée et des services de sécurité du pays.

Le ministre des Travaux publics et des Transports, Ali Hamiyé, a présenté au cours d’une conférence de presse jeudi les différentes mesures récemment adoptées par le Conseil des ministres le 19 octobre dernier pour pallier l’essentiel des « carences » de l’Aéroport international de Beyrouth (AIB). Le président du conseil d'administration de la Middle East Airlines, Mohammad...
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Mais ils sont très occupés nos responsables de l’aéroport. Nous sommes venus au Liban en début de semaine alors que tous nos amis nous traitaient de fous, on s’attendait à une sortie rapide de l’aéroport, mais que nenni, les douanes libanaises faisaient passer tous les bagages au scanner provoquant des files d’attente interminables. Voilà comment l’Etat Libanais s’affirme: en appliquant les mesures les plus ridicules au moment le moins opportun. Incompétents un jour, incompétents toujours

Lecteur excédé par la censure

09 h 44, le 28 octobre 2023

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Commentaires (1)

  • Mais ils sont très occupés nos responsables de l’aéroport. Nous sommes venus au Liban en début de semaine alors que tous nos amis nous traitaient de fous, on s’attendait à une sortie rapide de l’aéroport, mais que nenni, les douanes libanaises faisaient passer tous les bagages au scanner provoquant des files d’attente interminables. Voilà comment l’Etat Libanais s’affirme: en appliquant les mesures les plus ridicules au moment le moins opportun. Incompétents un jour, incompétents toujours

    Lecteur excédé par la censure

    09 h 44, le 28 octobre 2023

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