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Politique - Présidentielle

Bassil : Refuser le dialogue, c'est rendre service à Berry

Le chef du CPL essaye, de nouveau, de se positionner à égale distance du camp du 8 Mars et de l'opposition. 

Bassil : Refuser le dialogue, c'est rendre service à Berry

Le leader du Courant patriotique libre Gebran Bassil prononçant un discours en 2020, à Beyrouth. Photo d'archives AFP

Le chef du Courant patriotique libre, Gebran Bassil, a dit craindre que le camp de l’opposition et celui du 8 Mars ne fassent « voler en éclat l’opportunité d’élire un président de la République ». Il a tenu ces propos lors d'un discours prononcé jeudi à l'occasion du dîner annuel de son parti à Batroun.

Depuis le début de l’échéance présidentielle en septembre 2022, le leader de la formation aouniste essaye de s’ériger en électron libre, maintenant les canaux de communication ouverts avec les deux camps. D'un côté, il a convergé avec l'opposition sur un soutien à la candidature de l’ancien ministre Jihad Azour à la présidentielle pour barrer la voie au candidat du tandem chiite, le chef des Marada, Sleiman Frangié. D'un autre, il a repris le dialogue avec le Hezbollah après des mois de froid pour négocier un accord sur ce dossier. Lors de son discours, il a clairement voulu consolider ce positionnement en s’attaquant aux deux camps. « Nous avons un engagement clair envers la résistance contre Israël et Daech, a-t-il réaffirmé. Mais en ce qui concerne la politique étrangère de ce camp, nous estimons que le Liban n’est pas concerné et doit en être distancié. » Et d’ajouter : « Cependant, le camp du refus (l’opposition, NDLR) ne fait rien à part rêver d'un retour à la guerre. »  

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Les critiques de M. Bassil interviennent alors que les deux camps n’arrivent pas à s’entendre sur le nom du prochain président de la République, ni sur le processus qui doit précéder son élection. Alors que l’opposition souhaite une séance électorale ouverte qui ne sera levée qu’après l’élection du prochain chef de l’État, le camp du Hezbollah veut la tenue d’un dialogue national en amont. Pour tenter de débloquer la situation, Gebran Bassil a annoncé être en contact avec Paris, dont l’émissaire, Jean-Yves Le Drian, est attendu lundi à Beyrouth. « Alors que nous discutions avec les Français d'un format consistant en un dialogue limité dans le temps suivi par des séances électorales ouvertes, le président du Parlement décide de convoquer à un dialogue traditionnel au Parlement, proposant des séances successives dans une formule ambiguë », lance le chef du CPL. Pourtant, ce dernier s'était montré ouvert à l'initiative présentée par Nabih Berry le 31 août dernier,  contrairement à la frange la plus intransigeante de l’opposition. « Comme s'il y avait une intention de perdre une opportunité » de résoudre ce dossier, a-t-il ajouté, dans ce qui sonne comme des accusations implicites au chef du législatif de vouloir saboter les efforts français. M. Bassil n'a pas ménagé non plus le camp adverse. « De son côté, l'opposition rejette le dialogue dans son ensemble, comme pour rendre un service à l’initiateur de cette proposition et retarder l’élection d’un président. » Le député Ali Hassan Khalil, conseiller de M. Berry, s'est empressé de répondre au chef du CPL. « Il n'est pas surprenant de voir celui qui a pris l'habitude de bloquer le pays et ses institutions se retourner contre l'initiative de dialogue de Nabih Berry », a-t-il écrit dans un communiqué, accusant de son côté le chef aouniste de vouloir torpiller tous les efforts menant à sortir de l'impasse.  

M. Bassil a pris la parole en parallèle aux fuites – non démenties – sur une récente réunion entre Mohammad Raad, le chef du bloc parlementaire du Hezbollah, et le général Joseph Aoun, commandant de l’armée. Si le général Aoun est perçu, notamment par la communauté internationale, comme le présidentiable consensuel par excellence, il est la bête noire de Gebran Bassil qui est allé jusqu'à l'accuser de corruption. Le chef du CPL n’a pas commenté ce tête-à-tête lors de son discours, mais il a quand même veillé à critiquer implicitement le patron de la troupe. « Michel Aoun (ancien chef de l'armée, ex-président de la République et fondateur du CPL) a renforcé mon attachement à l’armée, surtout lorsqu’elle était dirigée par un véritable résistant », a-t-il lancé. Samedi, une délégation qatarie est attendue au Liban pour une tournée sur les différents acteurs. Gebran Bassil tiendra-t-il ce même discours alors que Doha est le soutien numéro un de Joseph Aoun dans cette bataille ?

Le chef du Courant patriotique libre, Gebran Bassil, a dit craindre que le camp de l’opposition et celui du 8 Mars ne fassent « voler en éclat l’opportunité d’élire un président de la République ». Il a tenu ces propos lors d'un discours prononcé jeudi à l'occasion du dîner annuel de son parti à Batroun.Depuis le début de l’échéance présidentielle en septembre 2022, le...
commentaires (5)

L’OLJ, j’espère que vous aurez l’honnête de publier mon commentaire.

Sissi zayyat

10 h 59, le 09 septembre 2023

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Commentaires (5)

  • L’OLJ, j’espère que vous aurez l’honnête de publier mon commentaire.

    Sissi zayyat

    10 h 59, le 09 septembre 2023

  • La résistance va avoir sa peau et il le sait mieux que personne, d’où son excès de zèle pour montrer sa loyauté sans borne envers les fossoyeurs de son pays. Il croit pouvoir récolter le fruit de son labeur et se rendrait vite à l’évidence qu’ils l’ont toujours utilisé pour mieux l’évincer le moment venu. Ce jour là, il ne servirait à rien de pleurer dans les chaumières il aurait vendu son pays contre des promesses mensongères qui auraient causées la perte de notre pays et sa perte, mais ça personne ne viendrait le regretter, ce ne serait que justice. Comment les cadres de ce parti et ses adhérents consentent à le laisser détruire toute une nation pour simplement exister? N’y a t-il pas un seul patriote parmi eux pour mettre le HOLÀ et l’arrêter dans son élan destructeur avant qu’il ne soit trop tard?

    Sissi zayyat

    10 h 35, le 09 septembre 2023

  • Ainsi parla Zarathoustra, pardon Bassil ! Le contorsionniste du cirque libanais nous fait le grand écart … attention aux castagnettes ! Olé et … vivent les bananes !

    Ayoub Elie

    23 h 39, le 08 septembre 2023

  • Toi tu aimes le bla bla bla . Dans ton groupe, il n'y a personne pour te conseiller ? Ou bien tu nages en solitaire seul aux quatre vents!

    Esber

    21 h 11, le 08 septembre 2023

  • Mais qu'il est fatiguant ...

    Emmanuel Durand

    21 h 10, le 08 septembre 2023

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