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Campus - PUBLICATION

Auteurs et chercheurs se penchent sur la question de la création après la catastrophe

Les professeurs Sylvie Dallet et Élie Yazbek dirigent un ouvrage collectif portant sur la catastrophe libanaise du 4 août 2020, dans l’intention d’y répondre par une réflexion littéraire, créatrice et artistique inédite.

Auteurs et chercheurs se penchent sur la question de la création après la catastrophe

Sylvie Dallet. Photo Laurence Honnorat

Paru le 5 juin dernier dans la collection Éthiques de la création aux éditions L’Harmattan (Paris), Créer après la catastrophe est un ouvrage de 154 pages qui permet aux lecteurs, par le biais des textes signés par Roger Assaf, Yves Chemla, Sylvie Dallet, Marie-Paule Farina, Raymond Farina, Lara Kanso, Tania Hadjithomas, Hyam Yared, Noha Maroun, Jana Mrad, Hoda Rizk Hanna, Chérine Yazbeck et Élie Yazbeck, de penser la catastrophe dans un esprit de résistance spirituelle. Ces contributions d’auteurs et de chercheurs libanais et français mettent en lumière le fait que la littérature et l’expression artistique se nourrissent des traumatismes et permettent de faire face à un drame. Il y est, en particulier, question de Beyrouth, qui est une ville créatrice et résistante, et de l’importance de poursuivre la création littéraire et artistique après une catastrophe traumatique telle que la double explosion au port de Beyrouth. « Pouvoir parler du 4 août 2020 n’est pas évident.

Élie Yazbeck

Plusieurs œuvres ont surgi quelques mois après le drame (une série télévisée, des sculptures, des expositions dans des galeries, des écrits littéraires, un timbre…) et nous nous sommes posé des questions au sujet du regard qu’un artiste porte sur un événement qui a coûté la vie à plus de 240 personnes. Nous avons voulu travailler sur ce livre pour exprimer notre refus du désespoir et de l’anéantissement que ressentent beaucoup de personnes », confie Élie Yazbeck, écrivain et dramaturge, professeur de cinéma et de théâtre à l’Université Saint-Joseph de Beyrouth où il dirige l’École doctorale des sciences de l’homme et de la société. « Le désespoir qui a suivi la catastrophe nous a poussés à agir afin de retrouver des forces vives. Nous, artistes et intellectuels, savons que l’énergie de vivre ne consiste pas uniquement en la survie matérielle, et qu’elle doit trouver sa force dans un dépassement de soi, une entraide collective, une dimension spirituelle où la pensée, l’espoir et l’énergie construisent quelque chose de nouveau pour soi et pour les autres », souligne Sylvie Dallet. Cette dernière, qui est autrice, peintre et professeure d’art à l’université Paris Saclay ajoute : « Par le biais de cet ouvrage nous voulions intervenir en aidant à faire un travail de mémoire à chaud (en ce sens ce livre pluriel est unique en son genre) et contribuer à l’histoire intime du ressourcement des esprits. »

La couverture de l’ouvrage.

L’importance de la création

Sylvie Dallet et Élie Yazbeck précisent que deux années ont été nécessaires pour rassembler les contributions qui ont constitué l’ouvrage collectif Créer après la catastrophe. « Nous avons souhaité publier des réflexions et des témoignages lucides liés à des prises de conscience humanistes dont la qualité sensible redonne de la confiance à nos futurs lecteurs », note Sylvie Dallet. L’écrivaine Hyam Yared et l’artiste Chérine Yazbeck font partie des personnes qui ont accepté d’écrire sur la catastrophe du 4 août 2020. « Nous avons décidé de ne pas précipiter les choses, de donner le temps aux contributeurs afin qu’ils puissent soumettre leurs propositions. Dès le début, nous avons voulu mélanger des textes de réflexion et d’autres de création, avec notamment des poèmes inédits de Roger Assaf et de Raymond Farina », explique Élie Yazbeck. Créer après la catastrophe est une lecture édifiante puisque l’ouvrage rassemble des témoignages précieux, qui constitueront des archives, permettant au public de faire un travail de réflexion pour dépasser une catastrophe traumatique. Il rappelle aux lecteurs, par la même occasion, le rôle important de la création dans le processus de guérison progressive des esprits. Si l’ouvrage, publié en français, est destiné principalement aux personnes francophones, les professeurs Dallet et Yazbek espèrent qu’il pourra être traduit, dans un futur proche, dans d’autres langues.

Paru le 5 juin dernier dans la collection Éthiques de la création aux éditions L’Harmattan (Paris), Créer après la catastrophe est un ouvrage de 154 pages qui permet aux lecteurs, par le biais des textes signés par Roger Assaf, Yves Chemla, Sylvie Dallet, Marie-Paule Farina, Raymond Farina, Lara Kanso, Tania Hadjithomas, Hyam Yared, Noha Maroun, Jana Mrad, Hoda Rizk Hanna, Chérine...
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