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Politique - Présidentielle au Liban

Pluie de commentaires politiques avant le duel Frangié/Azour de mercredi

La 12ème séance parlementaire consacrée à l'élection présidentielle est prévue mercredi 14 juin, à 11 h.


Pluie de commentaires politiques avant le duel Frangié/Azour de mercredi

Sleiman Frangié (g) et Jihad Azour, candidats à la présidentielle libanaise. Montage photos Twitter

Sleiman Frangié ou Jihad Azour ? Le Liban se dotera-t-il mercredi d'un nouveau président ? Les députés, partis politiques et leaders spirituels multiplient les déclarations à trois jours de la 12ème séance parlementaire consacrée à l'élection présidentielle, défendant leurs candidats respectifs et donnant leur avis sur l'issue possible de ce duel, le Liban étant sans chef d'État depuis la fin du mandat de Michel Aoun le 31 octobre 2022.

Les votes de mercredi devraient principalement se diviser entre deux candidats : les blocs parlementaires du Courant patriotique libre (CPL, aouniste), des Forces libanaises (FL), des Kataëb de Samy Gemayel, du Parti socialiste progressiste (PSP, joumblattiste) et plusieurs députés indépendants soutiennent la candidature de Jihad Azour, ex-ministre des Finances et haut fonctionnaire au Fonds monétaire international (FMI). Le tandem chiite Hezbollah-Amal appuie le chef du courant des Marada, Sleiman Frangié. Plusieurs parlementaires, indépendants ou non, restent indécis ou ont annoncé leur intention de voter pour l'ancien ministre de l'Intérieur Ziad Baroud, à l'instar du député Elias Jaradé. 

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Présidentielle libanaise : qui votera quoi lors de la séance du 14 juin ?

La semaine dernière, le président du Parlement, Nabih Berry, a convoqué une douzième séance électorale pour la présidentielle le mercredi 14 juin à 11 h. Avant cette séance, les commentaires politiques pleuvaient ce weekend : le Hezbollah et Amal défendent "celui qui ne travaille pas selon les instructions américaines", l'opposition assure que M. Azour "ne défie pas le Hezbollah"... Florilège.

"Frangié ne travaille pas sur base d'instructions américaines"
Le secrétaire général adjoint du Hezbollah, le cheikh Naïm Kassem, a ainsi assuré dimanche que le Hezbollah "participera mercredi à la session électorale (...) et votera pour le ministre Frangié". Entre 1990 et 2005, M. Frangié a été nommé ministre à huit reprises, détenant notamment les portefeuilles de l'Intérieur et de la Santé. Le numéro deux du 'parti de Dieu' a également souligné que certains parmi ceux qui rejettent la candidature Frangié "déclarent ne pas avoir de problème personnel avec lui, mais avec le Hezbollah. Cela signifie que leur souci avec M. Frangié est politique, non pas parce qu'il est avec le Hezbollah, mais plutôt parce qu'il ne travaille pas sur base d'instructions américaines, ne vend pas le sang des martyrs, et ne poignarde pas la Résistance (nom par lequel le Hezbollah s'auto-définit, ndlr) dans le dos".

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Le cheikh Kassem a ajouté que les derniers progrès réalisés entre certains partis politiques avant la séance de mercredi, sur le soutien à Jihad Azour "ne se basent pas sur un consensus visant à élire un président à temps. Il est donc difficile qu'il y ait un résultat" à la séance.

En règle générale, les présidents au Liban sont élus après un accord politique préalable entre différents partis politiques en dehors du Parlement, ce qui fait de la séance électorale une simple validation d'une décision déjà prise. Un second tour décisif entre MM. Frangié et Azour au Parlement mercredi pourrait être empêché par la sortie des députés de l'Hémicycle, ce qui provoquerait un défaut du quorum nécessaire à l'élection.

Amal et son Liban "pays de surprises"
Quant à Kassem Hachem, député du bloc du mouvement Amal de Nabih Berry, il a déclaré, dans une interview dimanche à la radio La Voix du Liban, que son parti "s'efforce de mobiliser des voix pour M. Frangié dans le cadre d'un jeu démocratique, qui permet notamment de quitter la chambre et de provoquer un défaut de quorum". "Jusqu'à présent, nous n'envisageons pas de quitter la session avant le second tour, mais la décision peut être prise sur le moment. Le Liban est un pays de surprises, et nous pourrions assister à l'élection d'un président au cours de cette session", a ajouté M. Hachem. Il a également critiqué "le soutien de l'autre camp à la candidature de l'ancien ministre Jihad Azour, qu'il avait accusé par le passé de faire partie du système qui a détruit le pays".

CPL : Nous ne défions pas le Hezbollah avec Jihad Azour

"L'autre camp" y est également allé de ses commentaires pendant le weekend. Le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, a qualifié de "moment charnière" la séance à venir. "Quiconque déposera un bulletin blanc, votera pour un nom qui n'est pas celui d'un des deux candidats ou pour un slogan, aidera la moumanaa (l'axe pro-iranien, ndlr) à bloquer l'élection présidentielle", a-t-il averti.

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Bassil donne son mot d’ordre : que feront les frondeurs ?

Pour sa part, le député du CPL George Atallah a déclaré dimanche que tous les députés de son bloc voteraient pour Jihad Azour, que son parti considère comme un "candidat sérieux et non comme un candidat qui défie le Hezbollah". La déclaration de M. Atallah est intervenue alors que le conseil politique du CPL a sommé tous les députés du bloc de voter pour M. Azour. Certains observateurs font pourtant état de divisions au sein de ce parti sur le soutien à l'ex-ministre des Finances, et des députés frondeurs pourraient ne pas se conformer au mot d'ordre du chef du parti, Gebran Bassil.

Le député Marwan Hamadé, membre du bloc du Rassemblement démocratique affilié au PSP, a déclaré dans une interview rapportée par l'Agence nationale d'information (Ani, officielle) dimanche que "nous n'avons pas adopté M. Azour comme candidat de défi (comme le Hezbollah le prétend), et nous ne nous considérons pas comme défiant qui que ce soit". Et d'ajouter : "Si M. Frangié obtient une majorité claire, il sera le bienvenu. En fin de compte, nous ne pouvons pas dire non au jeu démocratique" a poursuivi M. Hamadé, mettant en garde toutefois contre "le jeu du quorum, qui est inacceptable". Il a également averti : "Nous ne laisserons pas Bachar el-Assad revenir au palais de Baabda".

Dans les homélies, l'espoir d'une "séance démocratique"
Pour sa part, le patriarche maronite Béchara Raï a estimé, dans son homélie dominicale, que "les Libanais au Liban et à l'étranger, ainsi que certains pays qui aiment le Liban, attendent la séance de mercredi". "Les discussions officielles se concentrent malheureusement sur le défaut de quorum, ce qui annule la démocratie, approfondit la division dans le pays et le fait tomber dans des crises encore plus profondes", a dénoncé le prélat. Il a également exprimé son souhait que "tous les partis abandonnent leur esprit de défi, leurs inimitiés et leur volonté d'imposer leurs idées aux autres" en faveur de "l'union nationale et de la fraternité, même si les opinions diffèrent, ce qui est naturel".

Quant au métropolite grec-orthodoxe de Beyrouth, Elias Audi, il a espéré que la séance parlementaire aboutisse à l'élection d'un président qui "sauvera le pays", et souhaité une "session calme et démocratique qui respecte la Constitution, sans aucun défi, blocus ou menace".

Toutes les sessions précédentes - dont la première s'est tenue le 29 septembre 2022 - consacrées à l'élection du prochain chef de l'État n'ont pas donné de résultats. Pour tenir séance, le Parlement doit réunir un quorum de deux tiers des députés (86 sur 128). Pour être élu président, un candidat doit obtenir soit la majorité des deux tiers lors d'un vote au premier tour, soit la majorité simple (65 voix) lors d'un vote au second tour. Les députés d'Amal et du Hezbollah, ainsi que leurs alliés, se sont systématiquement retirés de l'hémicycle après le premier tour de scrutin lors des onze premières séances, ce qui a entraîné la levée du quorum et donc de la séance. Le président du Parlement a décidé que, pour chaque séance électorale, le vote reprendrait au premier tour.

Le Liban est confronté à une double vacance du pouvoir exécutif pour la première fois de son histoire depuis la fin du mandat de M. Aoun, le gouvernement de Nagib Mikati n'exerçant qu'une fonction d'expédition des affaires courantes depuis les élections législatives de mai 2022.

Sleiman Frangié ou Jihad Azour ? Le Liban se dotera-t-il mercredi d'un nouveau président ? Les députés, partis politiques et leaders spirituels multiplient les déclarations à trois jours de la 12ème séance parlementaire consacrée à l'élection présidentielle, défendant leurs candidats respectifs et donnant leur avis sur l'issue possible de ce duel, le Liban étant sans chef d'État...
commentaires (6)

Il est étonnant de voir que le Hezbollah parle de candidat de provocation alors que Franjieh, un suppôt de Damas, l'est avec un grand "C". Ce dernier a un parti qui a trahi le pays pendant pendant la guerre, il fait parti de la classe politique qui a mis le pays a genou, il appui le Hezbollah contre l’état, le couvre dans tous ses crimes, etc... Provocateurs, libres ils sont, provocateurs, libres les partis de l'opposition le sont aussi.

Pierre Christo Hadjigeorgiou

08 h 32, le 12 juin 2023

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Commentaires (6)

  • Il est étonnant de voir que le Hezbollah parle de candidat de provocation alors que Franjieh, un suppôt de Damas, l'est avec un grand "C". Ce dernier a un parti qui a trahi le pays pendant pendant la guerre, il fait parti de la classe politique qui a mis le pays a genou, il appui le Hezbollah contre l’état, le couvre dans tous ses crimes, etc... Provocateurs, libres ils sont, provocateurs, libres les partis de l'opposition le sont aussi.

    Pierre Christo Hadjigeorgiou

    08 h 32, le 12 juin 2023

  • Quand le Hezb impose le corbeau du perchoir, c’est un droit acquis pour les Chiites; il ne faut toucher à ce DROIT! Mais il n’a pas honte de vouloir coûte que coûte imposé un président qui ne bénéficie d’un minimum de représentation chrétienne. Est-ce-que c’est aussi un droit acquis pour les Chiites. C’est le monde à l’envers…

    Georges S.

    03 h 25, le 12 juin 2023

  • L’important est de respecter le Liban, donc le quorum.

    Mohamed Melhem

    00 h 51, le 12 juin 2023

  • Dommage qu’on n’ait pas un vrai débat d’idée et télévisé entre les 2 candidats

    Liban Libre

    00 h 23, le 12 juin 2023

  • Entre 1990 et 2015 M. Frangieh a participe directement ou par des membres de son entourage a TOUS les gouvernements sans exception. Qu'il ne vienne pas nous raconter maintenant qu'il est hors du systeme. Ca ne prend plus.

    Michel Trad

    20 h 42, le 11 juin 2023

  • "… Entre 1990 et 2005, M. Frangié a été nommé ministre à huit reprises …" - nommé par Assad!

    Gros Gnon

    17 h 01, le 11 juin 2023

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