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Nos Lecteurs ont la Parole

De Mussolini à Aoun, une répétition de l’histoire ?

Les cérémonies de départ du président Aoun dans notre petit pays totalement effondré nous rappellent l’histoire de Mussolini.

Michel Aoun qui a été pendant six ans le président de la République s’alloue dans son discours de départ le rôle de leader de l’opposition luttant contre des autorités qui puent la corruption, alors qu’au cours de son mandat, la livre libanaise a perdu 90 % de sa valeur, les médicaments ont manqué, les tribunaux ont fermé et de nouveaux juges ont été choisis parmi ses partisans. Pour la première fois, les juges ont fait grève et, pour la première fois, le Conseil supérieur de la magistrature s’est accordé sur une formation de juges dans son travail d’épuration de la justice, mais Aoun a gardé la liste dans son tiroir pendant deux ans jusqu’à la fin de son mandat.

Les coupures d’électricité sont continues dans tout le pays. Le déficit d’EDL a atteint les 40 milliards de dollars. Faut-il rappeler que le parti de Aoun n’avait, bien des années avant l’arrivée de Aoun au pouvoir et jusque après sa présidence, accepté la nomination de ministres de l’Énergie non affiliés à ce parti.

C’est bien lui qui avait reconduit Riad Salamé dans ses fonctions par un décret non inscrit à l’ordre du jour du Conseil des ministres. Sur un autre plan, les relations du Liban avec ses frères arabes ont été rompues. Il a fait procéder à la nomination de 31 mille fonctionnaires de son parti ou de ses partisans. Il a, pour résumer, confié le pouvoir à son gendre et fait obéissance au Hezbollah qui l’a accompagné dans son œuvre.

Michel Aoun a cité tout ce qui précède dans son discours, mais l’étrange et l’incroyable, c’est qu’il a attribué tous ces méfaits à l’équipe gouvernante. Il n’oublie pas de notifier par la suite au président de la Chambre son acceptation de la démission du gouvernement constitutionnellement démissionnaire depuis les élections législatives, démission à l’issue de laquelle il avait convoqué les députés en vue de consultations pour la nomination d’un Premier ministre. La majorité avait désigné Nagib Mikati à ce poste et il avait été chargé de former le nouveau gouvernement mais il n’avait pas convenu avec lui des noms des ministres.

Y aurait-il un parallèle avec Mussolini et l’histoire risquerait-elle de se répéter?

Mussolini avait créé le mouvement fasciste en Italie et avait réussi à le faire entrer au Parlement, armé et enrichi par la corruption. Il avait ensuite offert aux fascistes des privilèges qui aidèrent à la création de milices fascistes qui lui permirent de faire de son parti une alternative à un État devenu inexistant. La situation économique de l’Italie avait périclité et le gouvernement n’avait pu intervenir.

En octobre 1922, 14 mille fascistes ont pris la route vers Rome à bord de trains et de charrettes, ce qui provoqua une grande peur aux alentours. Le roi Victor Emmanuel III chargea Mussolini de former un nouveau gouvernement. Il avait alors 39 ans. Mais la Seconde Guerre mondiale avait été lourde pour l’Italie à la suite de l’alliance avec l’Allemagne et le Japon. Aux premiers jours de l’année 1945, l’Italie était au bord du gouffre. Son armée était vaincue et affamée et elle manquait de matériel et d’armes. Le pays manquait lui-même de provisions.

Le peuple en colère s’opposa alors à la guerre et comprit que Mussolini lui avait menti et que le seul résultat avait été l’invasion de son pays par les armées américaine et britannique. Mussolini devint dès lors l’ennemi du peuple et le roi ordonna de l’arrêter. Il tenta de s’évader à deux reprises, mais il fut emprisonné dans la région du lac de Côme au nord du pays. Jusqu’à ce qu’il fut assassiné le 29 avril 1945, lors d’une nouvelle tentative de fuite.

Avocat

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Les cérémonies de départ du président Aoun dans notre petit pays totalement effondré nous rappellent l’histoire de Mussolini. Michel Aoun qui a été pendant six ans le président de la République s’alloue dans son discours de départ le rôle de leader de l’opposition luttant contre des autorités qui puent la corruption, alors qu’au cours de son mandat, la livre libanaise a perdu...

commentaires (2)

Haram Mussolini, il ne méritait pas cette comparaison…

Gros Gnon

11 h 39, le 29 novembre 2022

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Commentaires (2)

  • Haram Mussolini, il ne méritait pas cette comparaison…

    Gros Gnon

    11 h 39, le 29 novembre 2022

  • Haram Mussolini, il ne méritait pas cette comparaison…

    Gros Gnon

    11 h 39, le 29 novembre 2022

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