Le drapeau libanais flottant au-dessus de la baie de Jounieh. Photo d'archives Patrick Baz/AFP
Incantations, appels à l'action, messages politiques : nombre de personnalités et dirigeants ont multiplié les vœux mardi à l'occasion du 79ème anniversaire de l'Indépendance du Liban. Certains acteurs internationaux ont, quant à eux, appelé les décideurs à "traiter d'urgence" la situation du pays, qui est plongé dans une grave crise économique et traverse une crise politique inédite.
Depuis le 1er novembre, le Liban est entré dans une vacance politique totale de l'Exécutif, sans président et avec un gouvernement d'expédition des affaires courantes. Et après six séances parlementaires consacrées à l'élection présidentielle, les députés n'ont toujours pas réussi à élire un successeur à Michel Aoun, la vacance ayant d'ailleurs entraîné l'annulation du défilé militaire prévu pour cette fête.
Les espoirs de Mikati, "l'affection de la France"
"Nous espérons tous que les députés coopéreront pour élire un nouveau président, pour instaurer une nouvelle ère de rétablissement et de redressement", a écrit le Premier ministre sortant Nagib Mikati sur Twitter mardi. "Nous poursuivrons aussi le travail national et constitutionnel qui nous est demandé, convaincus que l'indépendance est un combat quotidien sous toutes ses formes", a-t-il poursuivi avant d'adresser ses vœux pour la fête de l'Indépendance. Depuis le 22 mai, son cabinet expédie les affaires courantes, et le Parlement a confirmé qu'il pouvait continuer à le faire après le départ de M. Aoun, qui avait vainement tenté de faire révoquer M. Mikati, qui est également Premier ministre désigné.
Côté international, l'ambassadeur de l'Union européenne (UE) au Liban, Ralph Tarraf, a "souhaité la force au peuple libanais" pour cet anniversaire, dans un message également sur Twitter. "J'espère que cette période de vacance politique et d'instabilité économique arrivera bientôt à sa fin, et j'appelle les décideurs libanais à traiter d'urgence cette situation", a-t-il ajouté.
Wishing the Lebanese people strength on their 79th Independence Day. I hope this time of political vacuum and economic instability will soon come to an end, and call on the ?? decision makers to urgently address the situation. #The_Time_To_Act_Is_Now pic.twitter.com/dXZZAkRg6r
— Ralph Tarraf (@EUAmbLebanon) November 22, 2022
Sur le même réseau social, l'ambassadrice de France au Liban, Anne Grillo, a réaffirmé "la profonde affection et l’engagement constant de la France aux côtés du Liban, de ses institutions et des Libanais, afin d’aider à dépasser les différentes crises qui les entravent". Elle a également assuré qu'elle continuera à "s'y employer au quotidien (...) au nom des liens historiques qui nous unissent".
Messages politiques
Certains ont délivré des vœux au sous-texte plus politique, dans un contexte où les différentes forces du Parlement n'arrivent pas à se mettre d'accord sur un candidat présidentiable.
Le député de Zghorta Michel Moawad, qui a jusqu'ici été le seul à rassembler les voix de plusieurs formations, a rendu hommage à son père René Moawad, ancien président assassiné le 22 novembre 1989 en pleine guerre civile. "Trente-trois ans, et la blessure ne guérit pas. Trente-trois ans, et le Liban paye toujours le prix de ton assassinat", a-t-il écrit sur Twitter, avant de conclure : "Trente-trois ans et notre combat continue, pour restaurer le Liban auquel tu as donné ta vie". Un message qui résonne avec les paroles récentes du candidat, qui avait affirmé qu'il "mènera jusqu'au bout" la bataille présidentielle.
Les alliés de M. Moawad, qui votent pour lui à chaque séance électorale, ont également salué la mémoire de son père : il s'agit notamment du chef des Forces Libanaises (FL) Samir Geagea, du député indépendant Fouad Makhzoumi, ou encore du général Achraf Rifi.
Pour sa part, le mufti jaafarite Ahmad Kabalan, proche du Hezbollah, a insisté sur l'importance du consensus et du dialogue au Parlement, alors que certains soutiennent l'idée lancée par le patriarche maronite Béchara Raï d'une conférence internationale sur le Liban. "L'indépendance signifie s'appuyer sur le Parlement comme référence pour sauver les institutions de l'État du vide, loin des serres de l'extérieur. L'indépendance signifie le vivre-ensemble entre musulmans et chrétiens et un attachement absolu au caractère définitif de cette patrie", a-t-il affirmé, dans des propos rapportés par l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).
Le Hezbollah et ses alliés appellent régulièrement à l'élection d'un président "de consensus", qui ne nuise pas aux intérêts de la formation chiite. De son côté, l'opposition prône plutôt un candidat qui affronte ouvertement le parti pro-iranien, notamment les FL et certains députés indépendants. Les députés de la contestation populaire sont moins unis sur la question, et certains ont évoqué l'éventualité de voter pour Michel Moawad à la prochaine séance électorale, jeudi 24 novembre.



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"Nous espérons tous que les députés coopéreront pour élire un nouveau président, pour instaurer une nouvelle ère de rétablissement et de redressement", a écrit le Premier ministre sortant Nagib Mikati sur Twitter mardi. " Vous pouvez toujours rêver, M. Mikati...Mais, comme disait le grand Al-Moutanabbi: ma koullouma yatamanna'l mar2ou youdrikouhou!
11 h 48, le 23 novembre 2022