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Culture - Concert

Quels meilleurs ambassadeurs de la culture libanaise que Les Cordes résonnantes ?


Quels meilleurs ambassadeurs de la culture libanaise que Les Cordes résonnantes ?

À Beit Tabaris, l’ensemble Les Cordes résonnantes sous la direction de Joe Daou. Photo DR

Dans le cadre de la riche saison musicale de Beit Tabaris, résidence d’artistes et de masterclass, se tenait un concert très inédit par l’ensemble Les Cordes résonnantes sous la direction de Joe Daou, moment musical exclusivement consacré à la musique savante libanaise.

Ce jeune ensemble a de beaux jours devant lui. Fondé en 2018 par Joe Daou et Élie Sfeir, il a été, comme la totalité du milieu musical libanais, très touché par la crise. Ce qui ne l’a pas empêché, depuis sa création, de se faire connaître surtout pour ses interprétations de musique baroque et classique. Mais la formation a décidé de s’intéresser au patrimoine musical libanais et de porter un projet intitulé « En harmonie libanaise ». Déjà présenté au Festival de Belfort en juin dernier, c’est ce programme qui était joué à Beit Tabaris, avant d’être interprété le 20 novembre prochain au festival Musicales du Liban à Paris et de faire l’objet d’un enregistrement en 2023.

Dès les premières notes, ce florilège de couleurs, de sons surprise, de dynamiques aussi excitantes qu’inattendues suscite de la part du public une écoute étonnée, puis attentive et enfin totalement admirative et captivée. Il est clair que les œuvres sont absolument originales et novatrices, et que l’ensemble est d’excellente facture : homogénéité, écoute, sensibilité, le tout sous la direction fougueuse et inspirée de Joe Daou. Œuvres variées, d’Orient ou d’Occident, de langages musicaux divers, contemporain, traditionnel ou néoromantique, le patrimoine musical libanais est à l’image de l’âme libanaise : un pont entre les cultures.

De Jamal Abou el-Hosn (né en 1957), les Variations pour cordes sur un thème libanais donnent d’emblée le ton. On est en Orient, certes, mais on maîtrise parfaitement les outils de la musique occidentale. Puis vient la sublime pièce de Béchara el-Khoury (né en 1957) Unfinished Journey, œuvre pour violon solo et orchestre à cordes, totalement mystérieuse, déchirante, merveilleusement interprétée par le premier violon solo de l’orchestre, Camil Muca, qui, avec virtuosité, en a parfaitement saisi et restitué l’intensité et la profondeur.

Ensuite, Deux hymnes maronites pour cordes, du grand organiste, improvisateur et compositeur Naji Hakim (né en 1955), parfaits exemples de l’extraordinaire travail effectué par l’artiste sur les mélodies traditionnelles libanaises, leur redonnant un souffle nouveau.

Le concert se poursuit avec deux œuvres de Iyad Kanaan (né en 1971), Danse tribale pour orchestre à cordes et Libanaise n° 6. Le langage musical de ce compositeur, grand mélodiste, vient du cœur et parle au cœur. Le public y adhère immédiatement. Comme d’ailleurs aux deux pièces de Wadia Sabra (1876-1952), Gavotte en ré mineur, clin d’œil fort réussi à la musique baroque, et Marche orientale n° 6, enlevée, enjouée et interprétée avec une joie manifeste par les instrumentistes et leur chef. Georges Baz (1926-2012), le « Debussy libanais », est également au programme avec un délicieux Ave Maria pour orchestre à cordes, dont la version pour chœur et soliste avait été dédiée à son épouse Simone.

Quoi, c’est déjà fini ? L’assistance en redemande impérieusement ! Et l’ensemble revient avec une œuvre bouleversante, arrangement de l’hymne Ya Mariamou par Iyad Kanaan. L’introduction au violon solo par Ramzi Kandalaft est à pleurer d’émotion. Retenez ce nom. C’est un jeune homme qui ira loin.

Quels meilleurs ambassadeurs de la culture libanaise que Les Cordes résonnantes ? Ce jeune ensemble qu’il convient de découvrir et d’encourager offre une si belle image de notre cher petit pays, une image de civilisation et de raffinement, loin des exactions diverses qui de plus en plus souvent hélas nous caractérisent.

L’ensemble Les Cordes résonnantes donne un concert ce soir mardi 25 octobre, à 19h, au musée national de Beyrouth, à l’initiative du Club social Bacchus.

Dans le cadre de la riche saison musicale de Beit Tabaris, résidence d’artistes et de masterclass, se tenait un concert très inédit par l’ensemble Les Cordes résonnantes sous la direction de Joe Daou, moment musical exclusivement consacré à la musique savante libanaise.Ce jeune ensemble a de beaux jours devant lui. Fondé en 2018 par Joe Daou et Élie Sfeir, il a été, comme la...
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