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Lifestyle - Archéologie

Les missions libano-italiennes donnent une nouvelle impulsion aux fouilles

Sondages, fouilles et enquêtes scientifiques ont repris sur le terrain après une interruption en 2020, en raison de la pandémie du Covid-19.

Les missions libano-italiennes donnent une nouvelle impulsion aux fouilles

L’église de Saint-Jean à Amioun visitée par l’équipe du Northern Lebanon Project. Nadim Ghatous/NoLep/DGA

Dire que 2020 fut une année difficile relève de l’euphémisme. La plupart des pays et secteurs ont été touchés par la pandémie et ses conséquences. Le monde de l’archéologie en a également ressenti les effets, puisque de nombreuses fouilles ont été annulées ou réduites. 2021 voit toutefois les frémissements d’une reprise des activités archéologiques.

En ce qui concerne le Liban, à l’été 2021, les missions archéologiques italo-libanaises ont donné une vive impulsion à leurs travaux qui se sont étendus sur des sites situés au Sud, au Nord et dans le Chouf. Sous la direction d’Ida Oggiano, du Conseil national italien de la recherche (CNR), et de Wissam Khalil (Université Libanaise), une équipe d’archéologues s’est penchée sur l’étude et la cartographie du site de Jemjim (bronze tardif – époque du fer) et du sanctuaire de Kharayeb, situés au Liban-Sud. Datant des époques phénicienne et hellénistique, le temple de Kharayeb avait déjà été fouillé dans la seconde moitié du XXe siècle, livrant de nombreuses figurines en terre cuite. Celles-ci ont fait l’objet d’une recherche approfondie libano-italienne de 2013 à 2020, contribuant ainsi à fournir des informations sur le développement de cet art, et sa technique de production dans les ateliers de poterie de la région de Tyr et de son arrière-pays. De même, les récentes recherches archéologiques ont mis en lumière les différentes phases de l’architecture du temple, les influences artistiques, et les rituels pratiqués. Le prochain objectif de la mission serait la création d’un musée archéologique dans la localité.

Regard sur les paysages de l’Antiquité

Silvia Festuccia (Université Suor Orsola Benincasa) et Myriam Ziadé (Direction générale des antiquités du Liban) portent leurs efforts sur le projet archéologique multidisciplinaire de Qalaat el-Hosn (1 200 m d’altitude), situé à environ un kilomètre à l’ouest du village de Maasser el-Chouf. Leur objectif est l’étude de la présence humaine de l’âge de bronze à la période ottomane, à travers l’analyse systématique de la région. Les deux spécialistes visent également à reconstituer le paysage naturel et anthropique de l’Antiquité, en raison du grand nombre de sites archéologiques partiellement documentés. D’autre part, ce site a été choisi comme étude de cas pour les investigations archéologiques et les conservations.

Pour mémoire

Un temple romain émerge des ruines de Tyr

Les premières recherches y ont révélé la présence d’un temple, des zones d’extraction de pierres et de nombreuses tombes souterraines à arcosolium. Ce type de tombe utilisé depuis l’Antiquité, notamment dans les catacombes à l’époque paléochrétienne, a la forme d’une niche semi-circulaire avec un arc creusé au-dessus du cercueil, le plus souvent un sarcophage. L’analyse préliminaire des structures et des matériaux de la forteresse suggère que l’occupation la plus intense du site remonte à la période romaine. Toutefois, les fragments de poterie de l’âge du bronze final attestent d’une occupation antérieure sur le site. Et ce n’est pas tout. Les archéologues Festuccia et Ziadé se proposent également d’étudier les changements climatiques et paysagers de la zone située entre la vallée de la Békaa et le littoral méditerranéen, ainsi que l’histoire de son peuplement, à partir de l’âge du bronze et jusqu’à la période ottomane (dernière phase d’occupation du site).

Qalaat al-Nawas

Cap sur le Liban-Nord où, depuis 2017, une mission dirigée par Marco Iamoni (Université d’Udine) et May Haidar (UL) concentre ses activités sur une zone archéologique d’environ 10 000 mètres carrés, dans le district de Koura. Les deux archéologues ont établi un plan de mise en valeur du site de Aïn Akrin. Cette petite localité du Koura, située à 650 mètres d’altitude, abrite Qalaat al-Nawas, qui comprend deux temples romains : l’un a été édifié au IIe siècle après Jésus-Christ et rappelle celui de Bacchus à Baalbeck. L’autre, dont la construction a été entamée au IVe siècle, est resté inachevé. Le premier a été partiellement restauré au début des années soixante-dix, avant que les travaux ne soient interrompus à cause de la guerre du Liban. Le terrain a été ensuite occupé par l’armée syrienne. Aujourd’hui, les travaux reprennent. À signaler que la mission Iamoni-Haïdar prévoit en 2022 une campagne d’exploration dans le district de Zghorta.

À la (re)découverte de Hammon

Une mission s’est également posée à Umm el-Amed, dans la localité de Naqoura, dirigée par Hassan Ramez Badawi de l’Université libanaise, et Michele Guirguis de l’Université de Sassari (Sardaigne) qui entreprennent depuis septembre des fouilles dans les temples de l’ancienne Hammon. Deux lieux de cultes de l’époque hellénistique construits entre 287 et 222 avant J-C et qui avaient été dégagés dans les années 1942-1945 par Vincent Durand et Raymond Duru. Ce dernier avait mené aux côtés de Henry Seyrig les fouilles de l’agora de Palmyre en Syrie. Le plan des deux temples, dont l’un est dédié au dieu de Hammon Milkashtart, est presque identique, et est typique des édifices sacrés de l’époque hellénistique-romaine : une salle hypostyle donnant sur une cour fermée par des portiques ; précédée d’un court escalier, une cellule étroite et longue est posée sur un podium. Le temple Est a révélé les restes d’un trône de pierre flanqué de sphinx. Les matériaux récupérés – sculptures, inscriptions, céramique et monnaies – ont permis de dater les deux édifices cultuels. Au centre du site (350 × 500 m), qui n’avait pas été fouillé, affleure une agglomération irrégulière de maisons. Les lieux, abandonnés à l’époque romaine, ont connu une occupation à l’époque byzantine et une église a été édifiée au milieu des vestiges phéniciens. Actuellement sur le terrain, la mission libano-sarde bénéficie de la contribution de la brigade Sassari, membre du contingent italien à la Finul, pour mener des excavations.

Dire que 2020 fut une année difficile relève de l’euphémisme. La plupart des pays et secteurs ont été touchés par la pandémie et ses conséquences. Le monde de l’archéologie en a également ressenti les effets, puisque de nombreuses fouilles ont été annulées ou réduites. 2021 voit toutefois les frémissements d’une reprise des activités archéologiques. En ce qui concerne le...
commentaires (1)

Petite correction , PHOTO : découverte du colombario romain byzantin ,or , la photo represente le Temple de BZIZA , nord Liban .

aliosha

10 h 40, le 26 octobre 2021

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Commentaires (1)

  • Petite correction , PHOTO : découverte du colombario romain byzantin ,or , la photo represente le Temple de BZIZA , nord Liban .

    aliosha

    10 h 40, le 26 octobre 2021

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