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Économie - Audit juricomptable

Le Liban signe un nouveau contrat avec Alvarez & Marsal

Le Liban signe un nouveau contrat avec Alvarez & Marsal

Un nouveau contrat a été signé hier entre l’État libanais et le cabinet d’audit Alvarez & Marsal. Photo João Sousa

Le Liban a signé hier matin un nouveau contrat avec la société internationale Alvarez & Marsal (A&M), qui devrait porter sur l’audit des comptes de la Banque du Liban (BDL) et d’autres institutions de l’État dans un contexte de crise économique et financière. Selon le ministre des Finances, Youssef Khalil, qui représente la partie libanaise, le cabinet s’est engagé à fournir un rapport préliminaire dans les douze semaines « à compter de la date de début du travail ». Ce délai arrivera à échéance la semaine du 6 décembre, à condition que l’équipe d’A&M commence à se pencher sur ce dossier dès lundi. Le président de la République Michel Aoun, qui réclamait cet audit, s’est félicité hier de ce développement, tout en précisant que l’audit des comptes des institutions publiques se fera « plus tard », en commençant par celles « sur lesquelles pèsent des soupçons depuis les trente dernières années ». La loi de levée du secret bancaire sur les comptes de la BDL et les institutions d’État prend fin le 21 décembre, date limite d’accès aux documents étatiques. A&M avait déjà signé un contrat avec le Liban uniquement pour auditer les comptes de la BDL, et des sources proches du dossier avaient précisé à L’Orient-Le Jour que pour englober l’audit des comptes des institutions publiques, il fallait signer un nouveau contrat. Ce qui a donc été fait hier. Par conséquent, la déclaration du président sème le doute sur le sort de l’audit des institutions publiques. Le ministère des Finances, lui, n’a toujours pas publié le contrat. Selon une source proche du dossier, le nouveau gouvernement planchera « après le vote de confiance » du Parlement prévu lundi sur la gestion de cet audit, indiquant alors qu’il ne s’est pas encore totalement occupé de ce dossier. Alvarez & Marsal avait signé le 1er septembre 2020 un contrat avec l’État libanais, mais avait finalement jeté l’éponge en novembre en raison du refus de la banque centrale de lui fournir les informations demandées, sous couvert de secret bancaire. Un argument que plusieurs observateurs avaient réfuté, à l’instar de l’ancienne ministre de la Justice Marie-Claude Najm. Rien ne garantit aujourd’hui qu’Alvarez & Marsal recevra effectivement les documents requis.

« 2,74 millions de dollars »

Alors que l’ancien contrat portait sur 2,1 millions de dollars, le nouveau devrait, lui, coûter au Liban « 2,74 millions, payables en trois fois », selon une source proche du dossier. La BDL a déjà payé à A&M en août 2021 150 000 dollars, correspondant à ce que le cabinet pouvait garder dans le cas où il n’aurait pas réussi à obtenir tous les documents requis pour entamer son audit. Selon l’accord, la société avait besoin de 10 semaines pour rédiger son rapport, et la période commencera à être comptée à partir du moment où elle reçoit les documents de la part de la BDL.Cet audit fait partie des nombreuses réformes demandées par la communauté internationale pour que le Liban puisse bénéficier d’une aide financière nécessaire pour le sortir de la crise économique dans laquelle il s’enfonce depuis deux ans.Le plan de redressement économique élaboré par le gouvernement de Hassane Diab au printemps 2020 estimait les pertes brutes de l’ensemble du secteur bancaire (BDL et banques) à 177 000 milliards de livres et les pertes nettes à 121 000 milliards de livres, tout en indiquant ne pas être sûr à propos des pertes subies par la banque centrale. Or, si le nouveau gouvernement de Nagib Mikati veut mettre en place des réformes, comme il s’y engage dans sa déclaration ministérielle, il devra avoir connaissance de ces chiffres. Cet audit permettra également d’infirmer ou de confirmer les rumeurs de transfert de plusieurs milliards de dollars vers l’étranger par la classe politique et les banques, alors que ces dernières ont mis en place depuis la fin de l’été 2019 des mesures de contrôle de capitaux illégales.


Le Liban a signé hier matin un nouveau contrat avec la société internationale Alvarez & Marsal (A&M), qui devrait porter sur l’audit des comptes de la Banque du Liban (BDL) et d’autres institutions de l’État dans un contexte de crise économique et financière. Selon le ministre des Finances, Youssef Khalil, qui représente la partie libanaise, le cabinet s’est engagé à...

commentaires (1)

Bin entendu, personne n’est contre l’audit, mais dire que celui des autres institutions de l’Etat se fera plus tard nous laisse sceptiques! Quand plus tard, apres le deluge ?!

Goraieb Nada

08 h 17, le 18 septembre 2021

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Commentaires (1)

  • Bin entendu, personne n’est contre l’audit, mais dire que celui des autres institutions de l’Etat se fera plus tard nous laisse sceptiques! Quand plus tard, apres le deluge ?!

    Goraieb Nada

    08 h 17, le 18 septembre 2021

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