Rechercher
Rechercher

Lifestyle - Design

Liwan, la chaleur du Liban à Paris

Un liwan, dans l’architecture levantine, c’est ce grand salon central qui vous accueille de plain-pied dès l’entrée, rythmé de plusieurs portes qui donnent sur autant de chambres. En ces temps compliqués où tout déplacement ressemble à une épreuve de saut d’obstacles, la maison Liwan, qui prend racine à Beyrouth et s’évase à Paris, offre un voyage onirique mais jamais immobile.

Liwan, la chaleur du Liban à Paris

Anne Racine en veste Liwan. Photos DR

Elles sont trois derrière cette entreprise fabuleuse qui, depuis 1992, tient salon, 8, rue Saint-Sulpice, à Paris, dans un petit caravansérail où l’hospitalité est tout simplement solaire dans un déploiement de trésors réalisés par les meilleurs artisans d’Orient. Lina Audi, Dina Haïdar, Christine Bergstrom, trois parcours qui se croisent pour faire advenir la magie.

La ceinture Wafa déclinée en plusieurs couleurs. Photos DR

Lina Audi d’abord, l’âme du lieu, le lien mouvant et émouvant entre Beyrouth et Paris, le produit et la main qui le façonne. Jeune bénévole au Mouvement social fondé par le père Grégoire Haddad au début des années 1970, elle s’y lie d’amitié avec les artisans en formation. Elle qui se destinait à l’architecture trouve dans la conception d’objets une jubilation créative et une liberté qui vont se canaliser dans une des premières entreprises à but non lucratif de la région : Les Artisans du Liban et d’Orient, dirigée par Lucette Khoury. Dans le magnifique espace ouvert sur la mer, l’enseigne propose les fleurons du savoir-faire libanais : ciselage du cuivre et de l’argent, céramique, bijoux, tissages, abayas, chaussons traditionnels, linge brodé. La guerre survenue en 1975 et qui allait durer 15 ans rend de plus en plus difficile un marché qui compte essentiellement sur les touristes. Mais Lina Audi n’abandonne ni la partie ni ses artisans. Elle continue à concevoir des objets à la fois ancrés dans la tradition et épurés de manière à s’adapter à la vie contemporaine.


Accessoires Liwan. Photos DR

Une histoire d’amitié

Pendant ce temps, une autre jeune artiste, Dina Haïdar, fuyant le milieu traditionnel étouffant de sa Baalbeck natale, intègre l’équipe des Artisans du Liban et d’Orient avant de s’envoler pour Paris où elle travaille pour le Festival du film arabe. Dans ses bagages, les produits des Artisans qu’elle porte sur le tapis rouge font merveille. L’idée d’une boutique à Paris prend forme, ce sera Laimoun, ouverte en 1986. Déjà l’atmosphère chaleureuse et vibrante du lieu, les pépites qu’il recèle, le sens de l’hospitalité qui en est l’âme en font une adresse incontournable. Un jour, parmi tant d’autres piliers de la mode et du cinéma qui vibrionnent autour de la boutique, Christine Bergstrom pousse la porte à son tour. Égérie d’Azzedine Alaïa et de Claude Montana, le mannequin s’éprend de cette boutique où chacun est reçu en ami. Trois ans plus tard, quand l’enseigne Liwan est créée, elle fera partie de l’équipe. Rue Saint-Sulpice, voici le noyau formé : Lina Audi qui veille à la production, Christine Bergstrom à la communication et aux relations publiques, et Dina Haïvdar à l’administration. En 2006, non loin du port, s’ouvre l’antenne beyrouthine de Liwan. Arielle de Ravenel, binôme de Loulou de la Falaise, y expose avec succès les bijoux dessinés par l’intime d’Yves Saint Laurent. Le 4 août 2020, tout est emporté par la double explosion au port, Lina Audi est sérieusement blessée, mais dans la boutique parisienne elle-même plombée par la pandémie, la vie continue avec la même chaleur. Liwan Beyrouth a été reconstruite et attend des jours plus propices pour rouvrir ses portes aussitôt que possible.


Nathalie Ours en abaya Zena et babouches Liwan. Photos DR

L’incontournable veste Dafa

Si Liwan continue à offrir le meilleur de la production artisanale libanaise, son concept s’ouvre désormais à tous les savoir-faire de la région, comme si ses portes s’ouvraient sur de nouvelles chambres de plus en plus nombreuses et surprenantes. La ligne de vêtements s’affine et séduit une clientèle éclectique qui vit à la croisée des cultures et y puise un vestiaire singulier, inclusif, taillé à la perfection dans des tissus traditionnels de grande qualité. L’offre est augmentée de linge d’intérieur, de fabuleux boutis, d’articles de maison en métal ciselé, en albâtre d’Égypte ou en verre soufflé, une ligne hammam, de petits meubles en cuivre et fer blanc ou bois marqueté, de poufs et même de deux modèles de divans modulables baptisés avec humour Sit-in. Les vestes unisexes Dafa sont de véritables objets de désir qui non seulement tiennent chaud comme leur nom l’indique, mais vont à merveille à toutes les silhouettes avec leur coupe d’un confort inégalé. Tout se passe comme si le Liban, affaibli sur son territoire, n’en rayonne que davantage partout où ses créateurs continuent à l’exporter.

Pour mémoire

L’ode de Salim Azzam au « Vieux Monde »


Elles sont trois derrière cette entreprise fabuleuse qui, depuis 1992, tient salon, 8, rue Saint-Sulpice, à Paris, dans un petit caravansérail où l’hospitalité est tout simplement solaire dans un déploiement de trésors réalisés par les meilleurs artisans d’Orient. Lina Audi, Dina Haïdar, Christine Bergstrom, trois parcours qui se croisent pour faire advenir la magie.La ceinture...

commentaires (2)

Les explosions à Beyrouth étaient le 4 août et non le 8

PHILIPP Eric

16 h 44, le 15 septembre 2021

Tous les commentaires

Commentaires (2)

  • Les explosions à Beyrouth étaient le 4 août et non le 8

    PHILIPP Eric

    16 h 44, le 15 septembre 2021

    • Merci pour votre commentaire, l'erreur a été corrigée.

      L'Orient-Le Jour

      16 h 54, le 15 septembre 2021

Retour en haut