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Société - Crise au Liban

Premier jour de grève pour les employés de l'hôpital de Sibline

"Ce que nous gagnons ne nous suffit pas pour vivre", dénonce le personnel de cet établissement public du Chouf.

Premier jour de grève pour les employés de l'hôpital de Sibline

Des employés devant l'hôpital de Sibline dans l'Iqlim el-Kharroub au Liban, le 15 juillet 2021. Photo Lyana Alameddine

Les employés de l'hôpital de Sibline dans la région de l'Iqlim el-Kharroub, dans le Chouf au sud de Beyrouth, ont observé jeudi le premier jour de leur grève ouverte, pour protester contre la détérioration de leurs conditions de travail et la situation financière des établissements publics, rapporte notre journaliste sur place, Lyana Alameddine. Ils se sont rassemblés devant les urgences de l'établissement et ont coupé la route.

"Je n'ai plus rien"

"Nous faisons la grève pour les habitants de l'Iqlim, pour que les prix des soins restent les mêmes pour eux et que l'Etat intervienne pour trouver une solution", a confié une femme qui travaille dans un laboratoire. "Nous n'avons pas augmenté les prix. Tout le matériel est en dollars et nos prix sont restés les mêmes en livres libanaises", a-t-elle assuré. "Il faut que nous puissions continuer à assumer nos responsabilités. Nous venons tous les jours au travail mais nous peinons à trouver de l'essence", a déploré la soignante. "Nous poursuivrons notre action jusqu'à ce que nos demandes soient prises en compte", a-t-elle promis. "Je gagne l'équivalent de 50 dollars par mois. Au cinquième jour du mois, entre le loyer, l'électricité, l'abonnement Internet... je n'ai plus rien",  déplore pour sa part une infirmière, mère de famille.

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"Ce que nous gagnons ne nous suffit pas pour vivre", a renchéri un employé de l'hôpital où travaillent 250 employés et 80 médecins. . "Avant la pandémie, ça pouvait encore aller mais les hôpitaux publics ont porté tout le fardeau du coronavirus. Cela a épuisé nos liquidités, des factures n'ont pas été réglées", a-t-il dénoncé. Le personnel dénonce un manque de moyens qui affecte la capacité à assurer la mission de soins.

"Nous avons en principe un rendez-vous demain à 10h avec le ministre de la Santé", a annoncé dans ce cadre Sami Abou Daher, un employé de l'hôpital. Nous allons lui exposer nos demandes. Elles peuvent toutes être mises en œuvre, certaines dès maintenant, d'autres dans un deuxième temps", a-t-il estimé. "Nous allons également demander à pouvoir investir dans des scanners et des équipements en prévision d'une nouvelle vague de la pandémie", a-t-il poursuivi.

Grève "pour tous les patients"

L'hôpital n'accepte que les cas urgents et critiques, notamment les patients qu'on ne peut transférer dans un autre établissement et ceux qui viennent faire leur dialyse. "Les gens viennent deux ou trois fois par semaine pour effectuer leur dialyse. On ne peut pas arrêter le traitement, sinon ils mourront", a prévenu une néphrologue. "Oui, nous défendons nos intérêts, mais nous prenons l'humain en considération. Cette grève est pour les patients", a-t-elle assuré à notre journaliste.

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L'établissement gouvernemental accepte en outre uniquement d'administrer les secondes doses de vaccin contre le coronavirus. Ceux qui viennent pour recevoir leur première dose sont renvoyés chez eux, alors même que les nouvelles contaminations sont à la hausse dans le pays. "Peut-être que demain nous arrêterons les secondes doses", prévient une infirmière.

Dans dix jours, l’hôpital de Sibline ne serait plus en mesure de payer les salaires de ses employés. "Nous avons demandé au ministère de la Santé de nous soutenir en versant 3 milliards de LL, et en assurant une augmentation pour nos employés qui désormais ne gagnent pas plus de 40 dollars (au taux du marché parallèle). Nous attendons demain (aujourd'hui) pour voir si le ministère nous répondra", avait déclaré Ali al-Barrage, médecin de contrôle à l’hôpital, à notre confrère L’Orient Today. En raison de la crise, les salariés  de l'hôpital de Chahar el-Gharbi (caza de Aley) sont eux aussi en grève.


Les employés de l'hôpital de Sibline dans la région de l'Iqlim el-Kharroub, dans le Chouf au sud de Beyrouth, ont observé jeudi le premier jour de leur grève ouverte, pour protester contre la détérioration de leurs conditions de travail et la situation financière des établissements publics, rapporte notre journaliste sur place, Lyana Alameddine. Ils se sont rassemblés devant les...

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