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Pénuries bucoliques

Il est quand même intéressant de constater comment les chemins qui mènent aux pénuries finissent par se ressembler. Suivant un principe immuable, ils traversent les mêmes étapes bucoliques et suscitent les mêmes réactions, tant auprès de la population qui en souffre qu’au niveau des turlupins du pouvoir qui n’en ont rien à braire et se ruent sur les caméras en aboyant bien fort, assurant du coup le chaînon manquant entre les équidés et les canidés.

Étape 1 : le ministre en charge commence par annoncer en amont qu’il n’y a aucun risque de pénurie et que les stocks sont approvisionnés normalement. Comme le plus souvent il ment comme un arracheur de dents, on peut déjà commencer à se méfier.

Étape 2 : les files d’attente commencent à éclore. Oh, rien de bien méchant à ce stade, quatre ou cinq badauds tout au plus, venus s’aligner instinctivement « pour le cas où… ».

Étape 3 : les queues devant les boulangeries, les stations-service et les pharmacies se mettent à champignonner. Le ministre, lui, continue de jurer par le Koullouna, ses cèdres et leurs dépendances que tous les produits sont disponibles. Forcément, puisque lui ne consomme jamais le pain arabe qu’il trouve vulgaire, que son bahut ne s’arrête jamais à la pompe pour faire le plein, et qu’il a toujours sous la main un esclave qui lui cherchera ses médocs.

Étape 4 : dans les files d’attente, les couteaux sont tirés. On se bat pour un bidon d’essence, une boîte de thon ou de lait infantile. Bronca du ministre, qui se lave les mains du schmilblick et trouve plus commode de tomber sur les commerçants, ces salauds de riches, plutôt que sur ses complices de la classe politique, qui pendant des décennies se sont gavés à pleines brassées jusqu’au dernier fifrelin du Trésor public.

Fin de l’histoire. Le Libanais du bas d’en bas, et même celui de beaucoup plus haut, est alors à point : il est dans le noir, transpire comme une raie en sauce et vagit prostré devant son frigo qui baille au vent.

En attendant de savoir s’il y a de l’espoir au fond du bavoir, on pourra toujours se régaler à la vue de la classe politique s’adonnant à son passe-temps favori : Mongénéral contre le Ramolli désigné, Istiz Nabeuh contre le Basileus et le Basileus contre la République entière. On ne peut pas dire que ces trois-là forcent leur talent pour se rendre populaires. Mais qu’importe, ils ne sont pas pressés tant que Tonton Diab se complaît à brouter paisiblement ses affaires courantes. Avec, à la clé, une vieille recette de politique politicienne : donner ce qu’on n’a pas et promettre ce qu’on n’a plus les moyens de donner.

Allez, ça suffit ! On tire la chasse, on attend le flux… Et rendez-vous à la pénurie prochaine.

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Il est quand même intéressant de constater comment les chemins qui mènent aux pénuries finissent par se ressembler. Suivant un principe immuable, ils traversent les mêmes étapes bucoliques et suscitent les mêmes réactions, tant auprès de la population qui en souffre qu’au niveau des turlupins du pouvoir qui n’en ont rien à braire et se ruent sur les caméras en aboyant bien fort,...

commentaires (2)

ASSURANT DU COUP LE CHAINON MANQUANT ENTRE LES EQUIDES ET LES CANIDES. BIEN DIT. JE REPETE TOUJOURS QU,IL N,Y A PAS DE PARTIS POLITIQUES AVEC IDEAL DANS CE PAYS. IL Y A DES PANURGES, CHACUN AVEC SON ETABLE BOURREE DE MOUTONS BELEURS, D,ANES ET DE MULETS SOUVENT DIPLOMES MAIS QUI BRAIENT POUR LE PANURGE QUI LEUR SERT L,AVOINE A PROFUSION.

L,EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

14 h 00, le 18 juin 2021

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Commentaires (2)

  • ASSURANT DU COUP LE CHAINON MANQUANT ENTRE LES EQUIDES ET LES CANIDES. BIEN DIT. JE REPETE TOUJOURS QU,IL N,Y A PAS DE PARTIS POLITIQUES AVEC IDEAL DANS CE PAYS. IL Y A DES PANURGES, CHACUN AVEC SON ETABLE BOURREE DE MOUTONS BELEURS, D,ANES ET DE MULETS SOUVENT DIPLOMES MAIS QUI BRAIENT POUR LE PANURGE QUI LEUR SERT L,AVOINE A PROFUSION.

    L,EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    14 h 00, le 18 juin 2021

  • On tire la chasse sur cette chasse gardée qui reste accrochée aux parois de la cuvette et qu’on a de la peine à décrotter faute de produits abrasifs et une brosse à récurer pour les éliminer. Du coups le pays empeste et nous avec. Bravo Gaby.

    Sissi zayyat

    08 h 54, le 18 juin 2021

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