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Platitude binaire


S’il est une leçon qu’on a fini par apprendre par cœur à la faveur de cette castagne américano-israélo-iranienne, c’est bien la névrose face aux belligérants des dirigeants politiques et autres commentateurs, toujours prompts à inventer des arguments binaires compatibles avec leur sympathie ou antipathie. Le monde se noie ainsi dans une soupe aux neurones, et c’est définitivement la stratégie du brumisateur. Objectif : laisser bronzer idiot le citoyen de basse fosse, et empêcher toute érection de son encéphalogramme plat.

Dans la vaste panoplie des cerveaux déstructurés, on retrouve d’abord les trumpinolâtres pur jus, pressés de voir leur demi-dieu échevelé cogner à coups de vitamine B2 sur tout ce que la République des gardiens a enfanté comme agités du turban et de la babouche, à travers leurs contrées de prière et de poussière. Eux rêveraient de voir leur octogénaire favori installé au pied de nez levé sur un tapis persan à mitonner sa tambouille nucléaire à des Iraniens qui s’éparpillent et caquètent dans tous les sens. Ils sont impatients de voir leur champion placer son programme sur orbite, un plan réglé comme une bordée de missiles sur Téhéran. C’est ce qu’on appelle la démocratie à fragmentation : les trésors de l’ex-palais impérial seront remplacés par des copies en beurre de cacahuète, le MacDo sera la nouvelle arme de destruction massive dans les restos d’Ispahan et la pendaison fera place à la chaise électrique branchée sur internet.

À l’autre bout du sèche-linge, d’autres excités de la guerre des mondes, mais dont les batailles se concentrent sur leur console de drone à gâchette turbophasée. D’une façon générale, ils sont davantage préoccupés à réserver un chien de leur chienne à l’Occident décadent et à libérer une Palestine inaccessible qu’à nourrir leur population qui s’en bat les claouis.

Mais « secousse sismique à Ormuz, répliques simiesques à Beyrouth », dit-on. Le Hezbollah millésimé s’en est allé, le Hezbollah nouveau est arrivé. Et avec quel cheptel ! Un patron sinistre comme une porte de prison, caché dans une armoire au fond d’un tunnel, et un soviet de miliciens de génération Z plus acharnés que jamais à aller au paradis du casse-pipe pour la plus grande joie de leurs suzerains iraniens. De quoi se plaignent-ils ? Le Trumpinator et le Nataniais d’à côté ne font qu’accélérer le processus…

Enfin, au beau milieu de cette guirlande de disjonctés, on retrouve la bonne vieille camarilla européenne des fifty-fifty, moyens-moyeux, mi-pastèque mi-melon. Eux n’agitent le hochet du droit international que face aux Américains, mais regardent ailleurs en sifflotant dès lors que les spadassins du guide massacrent leur propre population. Ils ont les épaules larges et la veste ample. Ce qui dans le premier cas permet de changer de fusil, et dans le second de retourner le tissu. Ceux-là, jamais en panne d’idée originale, sont toujours à la recherche, devinez quoi… d’un cessez-le-feu ! Avec, pourquoi pas, des majorettes barbues en jupette pour protéger les détroits et les tankers.

Une belle image qui aidera probablement à oublier cette nouvelle crise du pétrole. Tant il est vrai qu’en Iran comme dans les autres pays du Golfe, l’essence est la quintessence de l’existence.

gabynasr@lorientlejour.com

S’il est une leçon qu’on a fini par apprendre par cœur à la faveur de cette castagne américano-israélo-iranienne, c’est bien la névrose face aux belligérants des dirigeants politiques et autres commentateurs, toujours prompts à inventer des arguments binaires compatibles avec leur sympathie ou antipathie. Le monde se noie ainsi dans une soupe aux neurones, et c’est définitivement la stratégie du brumisateur. Objectif : laisser bronzer idiot le citoyen de basse fosse, et empêcher toute érection de son encéphalogramme plat. Dans la vaste panoplie des cerveaux déstructurés, on retrouve d’abord les trumpinolâtres pur jus, pressés de voir leur demi-dieu échevelé cogner à coups de vitamine B2 sur tout ce que la République des gardiens a enfanté comme agités du turban et de la babouche, à travers leurs...
commentaires (2)

Qu'est-ce qu'il est gentil Gaby de qualifier ces braves europeens de "moyen-moyeux"!!! Je pense qu'il veut dire: "Empetres beatement dans le luxe de la pax americana" qui leur sert ou ... servait de bouclier, leur economisant tant de milliards de defense pour se prelasser dans le bonheur tranqille!!!

RAYMOND SAIDAH

00 h 01, le 08 mai 2026

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Commentaires (2)

  • Qu'est-ce qu'il est gentil Gaby de qualifier ces braves europeens de "moyen-moyeux"!!! Je pense qu'il veut dire: "Empetres beatement dans le luxe de la pax americana" qui leur sert ou ... servait de bouclier, leur economisant tant de milliards de defense pour se prelasser dans le bonheur tranqille!!!

    RAYMOND SAIDAH

    00 h 01, le 08 mai 2026

  • "" au beau milieu de cette guirlande de disjonctés, on retrouve la bonne vieille camarilla européenne des fifty-fifty, moyens-moyeux, Eux n’agitent le hochet du droit international que face aux Américains, mais regardent ailleurs en sifflotant dès lors que les spadassins du guide massacrent leur propre population"" Maman Emmanuelle en fait elle partie ?

    L’acidulé

    09 h 42, le 01 mai 2026

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