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Économie - Électricité

Une partie des avances à EDL aurait été validée par Wazni

Une partie des avances à EDL aurait été validée par Wazni

Les problèmes financiers d'Électricité du Liban, essentiellement structurels, se sont aggravés depuis la destruction de son siège lors de la double explosion du 4 août dernier. Photo João Sousa

Le ministre sortant des Finances, Ghazi Wazi, aurait signé hier l’ouverture de 60 millions de dollars de lettres de crédit à destination d’Électricité du Liban (EDL) pour payer une partie du carburant destiné à ses centrales, selon une source proche d’EDL contactée par L’Orient-Le Jour.

La décision aurait été prise pendant une réunion hier soir entre Ghazi Wazni, le ministre sortant de l’Énergie et de l’Eau Raymond Ghajar et une délégation d’EDL présidée par son directeur général, Kamal Hayek, réunion consacrée justement au dossier des avances à EDL qui doit approvisionner rapidement ses centrales en carburant pour éviter le black-out à court terme. Aucune annonce officielle n’a en revanche été faite à l’issue de la réunion.

La source a précisé que les 60 millions de dollars permettraient de payer les chargements de quatre « petits » navires-citernes contenant jusqu’à 30 000 tonnes de fuel-oil qui est consommé par une partie des centrales du pays. Certains de ces navires avaient accosté au Liban il y a un mois, toujours selon la source. La quantité d’heures supplémentaires de courant ou la période que le carburant permettra de couvrir dépend de trop d’inconnues pour être déterminée sans plus d’informations sur le nombre d’unités de production en ligne ou la consommation actuelle des abonnés.

Timing

Ce qui est en revanche certain, c’est que cette somme – si sa validation se confirme – ne constitue qu’un simple appoint qui doit encore être décaissé par la Banque du Liban, tandis que d’autres crédits devront être rapidement débloqués pour acheter cette fois du gasoil consommé par une autre portion des centrales – notamment une partie des unités de production de celles de Zahrani (Liban-Sud) et de Deir Ammar (Liban-Nord).

Cet accord, s’il se confirmait, interviendrait dans un contexte très délicat. Tout d’abord parce que le Liban est en crise et que la baisse des fonds alloués à EDL l’a contraint à augmenter le rationnement déjà important en temps normal. Le fournisseur est en effet contraint de compter sur ces avances pour compenser le déficit lié au fait que ses tarifs soient fixés sur la base d’un baril à une vingtaine de dollars depuis le début des années 1990 et pouvoir financer ses achats de carburant.

Ensuite parce que l’avance de 300 milliards de livres (200 millions de dollars au taux officiel), votée fin mars par le Parlement et que la BDL n’avait toujours pas décaissée, a été bloquée pendant deux semaines avant d’être suspendue à titre conservatoire un mois plus tard par le Conseil constitutionnel saisi d’un recours déposé par des députés des Forces libanaises. Or, le décès récent d’un magistrat de cette juridiction a paralysé la procédure pour une question de quorum, laissant courir le délai prévu jusqu’à hier. Délai à l’issue duquel la loi débloquant les avances redevenait en principe applicable.

Enfin parce que c’est justement la fin de cette échéance que le ministre sortant des Finances a choisie pour envoyer à EDL un courrier lui demandant de lui expliquer comment l’institution comptait rembourser au ministère les avances que le Trésor a octroyées à l’institut public entre 1997 et fin 2020, et qui s’élèvent à plus de 37 000 milliards de livres (24 milliards de dollars, au taux officiel de 1 507,5 livres le dollar, ou 2,85 milliards de dollars, au taux du marché parallèle, qui a atteint hier les 13 000 livres, selon nos calculs). Une demande aussi surréaliste que le timing auquel elle est intervenue, d’autant plus que, selon une source proche de l’administration, le ministère a adressé cette demande en sachant pertinemment qu’EDL n’est pas en capacité de rembourser les montants cumulés des avances. Elle a de plus justifié le timing du ministère par le fait qu’EDL a indiqué à plusieurs reprises « que le Trésor lui devait de l’argent, alors que, selon ce dernier, c’est plutôt lui qui leur en doit ».

La loi du budget 2019 octroyait 2 000 milliards de livres d’avances à EDL. Un montant revu à la baisse en 2020 dans la loi de finance de cette même année à 1 500 milliards de livres en prévision de réformes du secteur qui n’ont, à ce jour, encore jamais été appliquées. Les problèmes chroniques du secteur, qui sont une des conséquences les plus visibles des dégâts provoqués par le clientélisme politique et la mauvaise gestion, ont contribué à pérenniser la présence des propriétaires de générateur – des exploitants illégaux mais tolérés – qui comble le déficit de production d’EDL, mais à un prix bien plus élevé.


Le ministre sortant des Finances, Ghazi Wazi, aurait signé hier l’ouverture de 60 millions de dollars de lettres de crédit à destination d’Électricité du Liban (EDL) pour payer une partie du carburant destiné à ses centrales, selon une source proche d’EDL contactée par L’Orient-Le Jour.
La décision aurait été prise pendant une réunion hier soir entre Ghazi Wazni, le ministre...

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