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Nos lecteurs ont la parole

Raymond Eddé ou les pyramides perpétuelles

Raymond Eddé, comment vous nous avez laissés avec Ali Baba et les 40 voleurs ? Votre culture, votre intégrité, votre audace et votre esprit sont toujours présents en nous et ce sont vos valeurs qui font toujours de nous des Libanais. Vous restez toujours présent dans nos cœurs, dans notre pensée, dans la politique, dans la loi et dans l’édification de l’État. Vous êtes notre inspiration et notre référence et vous nous guidez par votre lumière. Vous êtes pour le Liban ce que les pyramides sont pour l’Égypte.

Quatre jours avant votre décès, vous avez levé votre verre en l’honneur de Fouad Chéhab en disant « À la santé du champion national qui a édifié l’État ! » déclaration à laquelle Johnny Abdo répondit « As-tu oublié que tu as accusé Fouad Chéhab d’être un danger pour le Liban ? » et vous de répondre « J’avais tort et ce fut la plus grande faute de ma vie politique ! »

Raymond, si vous aviez gouverné le Liban après Fouad Chéhab, le Liban aurait été un paradis sur terre et la Suisse de l’Orient. Mais nos politiciens ont conclu l’accord du Caire auquel vous vous êtes avec acharnement opposé car il présentait un projet de guerre civile ! Quand Kamal Joumblatt a insisté pour que vous l’acceptiez, vous avez refusé en déclarant que c’est un accord qui mènera à une guerre civile et à un président de la République régnant sur un gouvernorat syrien et que vous ne voulez pas que le Liban soit un gouvernorat sous le règne de la famille Assad !

C’est vous qui avez promulgué la loi sur le secret bancaire permettant ainsi la prospérité du Liban. Mais la bande d’Ali Baba a volé et gaspillé les fonds de l’État ! Non moins de 65 milliards de dollars ont été gaspillés par le ministère de l’Énergie sans qu’il y ait pour autant une alimentation en courant électrique et cela n’est qu’un seul exemple parmi des milliers. Un jour, un musée sera ouvert exposant cette espèce humaine sauvage, l’espèce d’Ali Baba « le fort ».

Vous avez su comment faire régner la sécurité au Liban. Vous avez modifié les lois pour exécuter les criminels, vous avez appréhendé « al-Takmil » et vous l’avez condamné à la peine de mort. C’est ainsi que la sécurité a régné au Liban pendant dix ans après cette exécution ! Où sont ces gibets ?

Nous en avons besoin ces jours-ci ! Que toute la classe politique dirigeante soit pendue, d’Ali Baba aux 40 voleurs ! Ali Baba « le fort » et le détestable gendre qui réclame les droits des chrétiens, d’une part, mais les affaiblit et les humilie par ses actions, d’autre part !

C’est vous qui avez promulgué les lois pour l’édification du Liban et c’est vous qui avez été le gardien de la législation et de la magistrature.

Le Patriarche Raï, qui défend la neutralité du Liban, aurait dû être votre allié. Mais qu’est-ce qui a poussé le patriarche à inviter Bassil à dîner ?

Qu’est-ce qui l’a poussé à rendre visite à Michel Aoun ? Pourquoi ce changement ? Vous preniez toujours le chemin droit tout au long de votre vie politique ! Vous ne changiez pas d’avis comme de chemise. Vous avez fait face à tous ceux qui ont porté atteinte au Liban et vous avez risqué votre vie pour le Liban. La communauté arabe et la communauté internationale vous témoignaient beaucoup de respect.

Lors des 20 années que j’ai vécues à Paris, suite à la tentative des organisations palestiniennes de libérer la Palestine en passant par ma maison et en tuant ma fille Joumana, et au cours desquelles j’ai été élu à Paris secrétaire général de l’Association arabe pour l’arbitrage international qui comprenait des juges et des professeurs en droit venant de toutes les universités arabes, tout le monde me demandait d’organiser une réunion avec vous. Et vous avez effectivement tenu des réunions avec des juges et des doyens de facultés de droit égyptiens, jordaniens, marocains, koweïtiens, saoudiens, émiratis, etc. qui vous considéraient comme le héros de la liberté dans le monde arabe et le héros du patriotisme ! Tous les Libanais étaient fiers de vous !

Vous aviez toujours considéré Israël comme notre ennemi car il cherche à nous ôter notre rôle ! Mais vous n’aviez jamais livré bataille à Israël moyennant une guerre civile au Liban !

Vous étiez magnanime, vous étiez chrétien et musulman car vous étiez croyant et vous étiez un modèle de la croyance chrétienne, le christianisme de l’amour et du pardon !

Les malfaiteurs ont semé la discorde entre Fouad Chéhab et vous !

Vous n’étiez pas convaincu de la violence usée par Béchir Gemayel, mais la guerre est l’incarnation de la violence ! Vous n’aviez pas pardonné à Béchir, qui vous considérait comme son idéal, quand il était venu à Paris pour se réunir avec vous et discuter de son point de vue. Il n’y a pas de place pour le pardon au sein de la violence. Si seulement il nous avait été possible de vous inciter à vous rapprocher de Béchir Gemayel !

Nous avions besoin de vous deux !

Mais vous nous avez quittés vous les deux, vous en raison de votre âge avancé et lui en raison de son assassinat par certains Kataëb, les Syriens et Israël ! S’il nous avait été possible d’œuvrer à vous rapprocher, le Liban ne serait pas tombé dans l’abîme dans lequel il se trouve sous le régime d’Ali Baba « le fort ». Si vous étiez toujours vivant, le Liban aurait été votre Liban, le Liban des Libanais non celui des Palestiniens, des Syriens et des Iraniens ! Nous vivons sous le régime nazi, non sous le régime allemand, et nous vivons sous le régime du Baas, non sous le régime syrien, deux régimes auxquels nous ne pouvons nous opposer que par le biais du général de Gaulle. Mais où est notre général De Gaulle ? Vous nous manquez. Le régime nazi qui nous gouverne nous a transformés en un gouvernorat iranien, même pas en un gouvernorat syrien ! C’est la raison pour laquelle nous avons besoin de vous durant ces temps difficiles.

Nous levons nos mains vers le ciel et vers Dieu et prions pour que votre âme soit en paix, pour qu’elle nous garde et nous guide dans le parcours que nous suivons pour nous débarrasser de la classe politique présidée par Ali Baba « le fort » et sortir de l’enfer qu’elle a créé.

Ceux qui ont usurpé vos gloires, votre nom et votre parti iront en enfer car ils usurpent l’identité du géant libanais Raymond Eddé. Ils ne sont que des nains devant la grandeur et l’héritage de Raymond Eddé, des rats qui parlent sans rien dire !

Pendant vingt ans, vous aviez refusé de rencontrer Michel Aoun à Paris et à chaque fois que nous vous demandions d’accepter sa rencontre, vous nous répondiez en disant : « Cet homme est lunatique et malheur au Liban s’il arrive à la présidence de la République ! » Vous étiez perspicace. Vous aviez su ce que l’avenir nous réserverait s’il était élu président !

Les pyramides sont la fierté de l’Égypte et son histoire, et vous, Raymond Eddé, vous êtes les pyramides perpétuelles du Liban.

Abdel Hamid EL-AHDAB

Avocat

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour. Merci de limiter vos textes à un millier de mots ou environ 6 000 caractères, espace compris.

Raymond Eddé, comment vous nous avez laissés avec Ali Baba et les 40 voleurs ? Votre culture, votre intégrité, votre audace et votre esprit sont toujours présents en nous et ce sont vos valeurs qui font toujours de nous des Libanais. Vous restez toujours présent dans nos cœurs, dans notre pensée, dans la politique, dans la loi et dans l’édification de l’État. Vous êtes notre inspiration et notre référence et vous nous guidez par votre lumière. Vous êtes pour le Liban ce que les pyramides sont pour l’Égypte. Quatre jours avant votre décès, vous avez levé votre verre en l’honneur de Fouad Chéhab en disant « À la santé du champion national qui a édifié l’État ! » déclaration à laquelle Johnny Abdo répondit « As-tu oublié que tu as accusé Fouad Chéhab d’être un danger pour le...
commentaires (1)

raymond edde a compris tres tot ce que les autres Nationalistes libanais n'ont toujours pas compris : peine perdue avec la conjugaison de la Crasse politique & et de la non-culture des citoyens libanais, s'agissant de civisme et de correction.

Gaby SIOUFI

10 h 36, le 24 mai 2021

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Commentaires (1)

  • raymond edde a compris tres tot ce que les autres Nationalistes libanais n'ont toujours pas compris : peine perdue avec la conjugaison de la Crasse politique & et de la non-culture des citoyens libanais, s'agissant de civisme et de correction.

    Gaby SIOUFI

    10 h 36, le 24 mai 2021

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