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Politique - Crise au Liban

"L'obstruction délibérée par les forces politiques doit cesser", affirme Paris

L'audit de la Banque du Liban doit être mené à son terme de manière effective, de même que l'ensemble des réformes auxquelles aspire le peuple libanais, affirme la porte-parole du Quai d'Orsay.

Photo d'archives AFP du Quai d'Orsay

Alors que la crise politique autour de la formation du gouvernement au Liban ne cesse de s'approfondir, et au moment où les efforts diplomatiques de la France et de l'Egypte ne parviennent toujours pas à aboutir à une percée, Paris a une nouvelle fois dénoncé "l'obstruction délibérée de la part des forces politiques" du pays, les appelant à mettre un terme à un tel comportement. Le Quai d'Orsay a également estimé que l'audit de la Banque du Liban devait être mené, cette réforme étant l'une des conditions de la communauté internationale pour débloquer des aides financières au Liban en crise.

"Le ministère libanais des Finances et la Banque centrale obstruent délibérément le processus d'audit bancaire afin de laisser impunis les responsables du retrait illégal de fonds de comptes bancaires à l'extérieur du pays, avait déclaré mercredi soir le président libanais Michel Aoun. Il avait souligné que l'échec de l'audit de la Banque centrale serait 'un coup dur pour l'initiative française' de résolution de la crise au Liban. Comment réagissez-vous à cette situation ?", a-t-on demandé à la porte-parole du Quai d'Orsay, Agnès von der Mühll, lors d'un point de presse jeudi soir.

"Comme le ministre ( français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, ndlr) l'a rappelé au Sénat hier, la prolongation de la crise que traverse le Liban est le résultat de l'obstruction délibérée de la part des forces politiques libanaises qui refusent de s'entendre sur la composition d'un gouvernement. Cette obstruction doit cesser. Il est attendu de tous les acteurs politiques libanais sans exception qu'ils permettent au Liban de sortir de la crise", a fait savoir la porte-parole de la diplomatie française. "L'audit de la Banque du Liban doit être mené à son terme de manière effective, de même que l'ensemble des réformes auxquelles aspire le peuple libanais", a-t-elle ajouté. "Face à cette situation, le président de la République et le ministre ont indiqué aux principaux responsables libanais que la France n'hésiterait pas à agir à l'encontre de ceux qui ont abandonné l'intérêt général au profit de leurs intérêts personnels. Nous continuons de nous tenir aux côtés du peuple libanais et de travailler avec ceux qui portent l'espoir et l'avenir de ce pays", a conclu Mme von der Mühll.

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Le Liban sombre dans une crise socio-économique et financière aiguë depuis l'été 2019. La situation s'est aggravée en raison de l'impasse politique actuelle, qui empêche la formation d'un gouvernement depuis huit mois, sur fond de bras de fer politique entre le président Aoun et le Premier ministre désigné, Saad Hariri.

Dans un discours adressé aux Libanais mercredi, le président de la République avait estimé qu'il n'y avait aucune volonté réelle parmi les responsables de mener l'audit juricomptable, critiquant ses adversaires politiques, notamment le président du Parlement Nabih Berry, qu'il accuse de bloquer le processus. Michel Aoun a dans ce contexte prévenu que l’abandon de l'audit des comptes de la Banque du Liban ainsi que celui des autres institutions publiques porterait un coup à l’initiative française en faveur du Liban.

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Le cabinet américain Alvarez & Marsal avait été mandaté en septembre 2020 pour réaliser l’audit juricomptable des comptes de la BDL, une opération qui vise à remonter à la source des transactions inscrites dans le but de détecter d’éventuelles fraudes. Il avait fini par jeter l’éponge deux mois plus tard après le refus de la Banque centrale de fournir les informations demandées. Un refus que la BDL avait justifié en invoquant la loi sur le secret bancaire. Après des mois de promesses non tenues et de tergiversations, puis l'adoption d'un texte levant le secret bancaire sur les comptes de la Banque centrale et des administrations, une réunion entre la BDL, le ministère des Finances et Alvarez & Marsal a eu lieu mardi en visioconférence et a débouché sur un calendrier qui permettrait de relancer l’audit. Une nouvelle réunion doit se tenir aujourd'hui.

Le président français, Emmanuel Macron, s'est fortement impliqué, sans résultats tangibles jusqu'à présent, pour tenter de débloquer la crise politique libanaise en lançant le 1er septembre 2020 une initiative en faveur du pays du Cèdre. Cette feuille de route table sur la mise en place d'un cabinet de mission formés d'experts qui lancerait le chantier de réformes exigées par les pays donateurs pour débloquer des aides financières. Après avoir d'abord écarté toute imposition immédiate de sanctions contre les dirigeants libanais, le chef de l'Etat français a revu sa copie et semble désormais prêt à franchir le pas. 

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Dans ce contexte, le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, a haussé le ton mercredi, affirmant que "si certains responsables libanais ne prennent pas leurs responsabilités, nous n'hésiterons pas à prendre les nôtres", sans toutefois employer clairement le terme de "sanctions". Dernièrement, Jean-Yves Le Drian avait déploré "le blocage complet depuis des mois" des discussions visant à former un gouvernement au Liban. Il avait dans ce contexte estimé que "l’heure est venue de renforcer les pressions pour y parvenir". Déjà le 22 mars, le ministre français des Affaires étrangères avait demandé à l'Union européenne d'actionner "des leviers" contre les responsables politiques libanais pour qu'un gouvernement soit formé et des réformes lancées dans ce pays "à la dérive".


Alors que la crise politique autour de la formation du gouvernement au Liban ne cesse de s'approfondir, et au moment où les efforts diplomatiques de la France et de l'Egypte ne parviennent toujours pas à aboutir à une percée, Paris a une nouvelle fois dénoncé "l'obstruction délibérée de la part des forces politiques" du pays, les appelant à mettre un terme à un tel comportement. Le...

commentaires (2)

Tous les coupables qui bloquent délibérément la formation du gouvernement, le font pour échapper à devoir rendre compte de leurs exactions, et leur incompétence.

Esber

15 h 58, le 09 avril 2021

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Commentaires (2)

  • Tous les coupables qui bloquent délibérément la formation du gouvernement, le font pour échapper à devoir rendre compte de leurs exactions, et leur incompétence.

    Esber

    15 h 58, le 09 avril 2021

  • L,OBSTRUCTION DELIBEREE ! GENERALISSIME (?) , AU PARCOURS SEME DE DEFAITES, DE BOYCOTTAGES, DE BLOCAGES AU SERVICE D,ES VENDUS... LE LECTEUR LES CONNAIT... AMERICAINS, EUROPEENS ET ARABES TOUS S,ADRESSENT A CEUX QUI CREENT DES EXIGENCES ET DES PREROGATIVES IMAGINAIRES ET QUI BLOQUENT LA FORMATION D,UN GOUVERNEMENT DE MISSION, D,INDEPENDANTS, DITES-MOI GENE-RAL A VOTRE AVIS ILS BLAMENT HARIRI N,EST-CE PAS ? AH CET ENNEMI QUI INSISTE SUR UN CABINET DE MISSION DE 18 MINISTRES INDEPENDANTS QU,IL EST OPPORTUM POUR NE PAS SUIVRE LA LISTE SOUMISE PAR VOUS ET VOTRE GENDRE. TOUS DISENT QU,IL FAUT FORMER CE GOUVERNEMENT D,INDEPENDANTS QUI APPLIQUERAIT LES REFORMES DONT LES CONTROLES JURIS COMPTABLES ... A COMMENCER PAR VOS 80.- MILLIONS DE DOLLARS ET A SUIVRE PAR LES 48 MILLIARDS DE DOLLARS DES DEFICITS DE L,EDL QUE VOTRE CPL CONTROLAIT POUR PLUS DE 9 ANS, JE CROIS 11 ANS. VOILA LA MOITIE DE LA DETTE DU PAYS DONT VOUS ETES RESPONSABLE PLUS LES BARGES TURQUES DU GENDRE ET DE LA CORRUPTION GALOPANTE DES DERNIERES 5 ANS OU VOUS ETES AU POUVOIR. HARIRI ?

    ABOLIR LA CENSURE = REABONNEMENT ET SOUTIEN.

    14 h 12, le 09 avril 2021

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