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Société - Covid-19

L’UL finance 50 000 doses de vaccin à sa communauté

« En aucun cas ces initiatives n’enfreindront la vaccination des groupes prioritaires », assure Abdel Rahman Bizri.

L’UL finance 50 000 doses de vaccin à sa communauté

L’Université libanaise s’apprête à financer 50 000 doses de vaccin dans une première initiative. Photo João Sousa

La troisième semaine de vaccination contre le Covid-19 est à peine entamée que tombe l’annonce du recteur de l’Université libanaise, Fouad Ayoub : « À l’issue d’un accord avec le ministère de la Santé, l’université publique a financé l’achat de 50 000 doses du vaccin britannique AstraZeneca. » Une initiative destinée à vacciner les quelque 90 000 étudiants, professeurs et membres du personnel de l’institution, et qui s’ajoute aux commandes déjà effectuées par les autorités libanaises de vaccins Pfizer/BioNTech et AstraZeneca. « Au moins 30 % de nos étudiants n’ont pas les moyens financiers de suivre les cours à distance, explique à L’Orient-Le Jour le docteur Ayoub. C’est pour leur permettre de retrouver les bancs de l’université en toute sécurité que nous avons pris cette décision. »

L’initiative, « en préparation depuis deux mois », donnera la priorité aux « enseignants, étudiants et personnel des filières médicales et laborantines, et à tous ceux qui ont une obligation de présence », précise le responsable.

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La campagne de vaccination de l’UL ne devrait pas s’arrêter en si bon chemin. Le recteur s’attelle à obtenir davantage de doses pour immuniser la communauté de l’UL dans sa totalité. « Nous tentons d’obtenir l’autorisation de financer 129 000 doses supplémentaires. Cela ne saurait tarder et devrait largement suffire à vacciner l’ensemble de notre communauté. Et pour le cas où il nous resterait des doses non utilisées, nous les offririons au ministère de l’Éducation », promet-il. Quant au mode de financement, Fouad Ayoub rappelle que l’institution a assuré « des rentrées financières » conséquentes grâce aux tests PCR de dépistage du Covid-19 réalisés par la faculté des sciences à l’aéroport de Beyrouth. Elle compte aussi sur quelques « économies réalisées ».

Une « initiative sociale » destinée à atteindre l’immunité collective

L’affaire est certes une excellente nouvelle pour les étudiants de la seule université publique du pays, dont une importante partie n’a ni connexion internet ni équipements électroniques adéquats pour bénéficier des cours virtuels. Sauf qu’elle risque de chambarder l’ordre des priorités établi jusque-là qui consistait à vacciner d’abord le personnel médical aux premières lignes de la lutte contre le coronavirus et les personnes âgées de plus de 75 ans. Des priorités établies conformément aux règles édictées par l’Organisation mondiale de la santé et par la Banque mondiale qui finance l’achat d’un million et demi de doses de vaccin pour la population du Liban. « Notre initiative vient s’ajouter à celle des autorités libanaises », assure le Dr Ayoub. Elle découle « d’une volonté de contribuer à l’immunité collective » et « d’aider les étudiants, dont une grande partie appartient à la catégorie défavorisée, à reprendre une vie universitaire normale ». Les doses de vaccin que doit recevoir l’UL à la mi-mars ne seront donc pas puisées des réserves importées par l’État libanais, mais elles seront acheminées parallèlement, depuis l’usine indienne du fabricant pharmaceutique AstraZeneca. « Six centres de vaccination seront aménagés en temps voulu, dans le respect des règles sanitaires et des gestes barrières », promet le recteur.

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Sollicité par L’OLJ, le président de la Commission nationale de vaccination, le Dr Abdel Rahman Bizri, souligne que le financement de vaccins par l’UL pour sa communauté se situe dans le cadre de « l’initiative sociale » que développent actuellement nombre d’entreprises, d’organisations ou d’individus en coordination avec les autorités. « Parmi ces groupes qui envisagent de vacciner leurs communautés, la compagnie aérienne nationale Middle East Airlines, le secteur bancaire ou l’entreprise de l’homme politique Fouad Makhzoumi », explique le Dr Bizri. De même, l’armée devrait recevoir une quantité de doses, don du fabricant chinois Sinopharm, pour vacciner ses troupes. « En aucun cas ces initiatives n’enfreindront la vaccination des groupes prioritaires, affirme le responsable de la campagne de vaccination. Bien au contraire, elles se déroulent parallèlement à la campagne étatique et permettront d’atteindre l’immunité collective. »

La vaccination, d’une lenteur…

Car une réalité saute au visage. Au rythme actuel (50 893 personnes seulement avaient été vaccinées au Pfizer-BioNTech, hier à 19 heures, selon la plateforme Impact développée par l’Inspection centrale), l’immunité de groupe risque de ne jamais être atteinte au Liban. Le docteur Firas Abiad, directeur de l’hôpital public Rafic Hariri, révélait lundi dans un tweet que « seulement 50 % du corps médical et 50 % des personnes âgées ont été vaccinés jusque-là ». « Avec la réouverture des commerces et la circulation de nouveaux variants, on craint même de voir le nombre de contaminations repartir à la hausse » et les hôpitaux refuser des patients, met en garde le Dr Georges Ghanem, directeur médical à l’hôpital Rizk-LAUMC.

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Autre certitude, les doses commandées par le ministère de la Santé, six millions trois cent mille au total (entre les commandes soutenues par la BM et la plateforme Covax destinée aux pays en développement) sont insuffisantes à protéger 80 % de la population durant l’année 2021. « Onze millions de doses sont nécessaires, sachant que la population totale à vacciner s’élève à cinq millions et demi de personnes », précise le Dr Abdel Rahman Bizri. D’où la nécessité de « mettre à contribution le secteur privé et les groupes professionnels susceptibles de financer des quantités de doses pour vacciner leurs secteurs, à la condition que ces initiatives se déroulent par le biais du ministère de la Santé pour une bonne centralisation des données relatives à la vaccination ».

Si pour l’instant le Liban n’a reçu que 100 000 doses du vaccin Pfizer/BioNTech, « il se prépare à recevoir incessamment près de 340 000 doses d’AstraZeneca », assure le responsable de la campagne de vaccination. Des quantités qui devraient permettre d’accélérer un processus d’une lenteur extrême, mais surtout suffire à inoculer « le personnel de santé et les personnes âgées », sans oublier « les secondes doses que nombre de patients doivent commencer à recevoir dès la semaine prochaine ».

61 décès et 3 463 nouveaux cas sur les dernières 24 heures
Le Liban a enregistré hier 61 décès et 3 463 nouvelles contaminations au coronavirus. Ce qui fait grimper à 383 482 le nombre cumulé des cas depuis le début de l’épidémie le 21 février 2020, au nombre desquels 4 866 décès et 298 206 guérisons. Parmi les cas toujours actifs, 2 178 personnes sont hospitalisées, dont 886 en soins intensifs. Selon le bilan quotidien du ministère de la Santé, le taux de positivité au SARS-CoV-2 est de 17,6 %.

La troisième semaine de vaccination contre le Covid-19 est à peine entamée que tombe l’annonce du recteur de l’Université libanaise, Fouad Ayoub : « À l’issue d’un accord avec le ministère de la Santé, l’université publique a financé l’achat de 50 000 doses du vaccin britannique AstraZeneca. » Une initiative destinée à vacciner les quelque 90 000...

commentaires (1)

TRES DROLE :"""L’UL finance 50 000 doses de vaccin à sa communauté"" a croire que l'UL s'autofinance sans recourir au tresor de l'etat . HAHAHA !

gaby sioufi

11 h 46, le 04 mars 2021

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Commentaires (1)

  • TRES DROLE :"""L’UL finance 50 000 doses de vaccin à sa communauté"" a croire que l'UL s'autofinance sans recourir au tresor de l'etat . HAHAHA !

    gaby sioufi

    11 h 46, le 04 mars 2021

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