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Nos Lecteurs ont la Parole

Monsieur Macron, les élections ne changeront rien

Monsieur le Président Emmanuel Macron, la France n’a jamais cessé de soutenir le Liban par tous les moyens possibles, et il existe entre nos deux peuples une relation exceptionnelle qui n’existe nulle part ailleurs. Aujourd’hui, je vous écris tout simplement pour vous demander d’aider notre Liban, ce Liban de la culture, de la liberté et de l’histoire, carrefour entre l’Orient et l’Occident. Ce Liban qui risque de perdre toute son identité et tous ses atouts. Monsieur le Président, croyez-moi, de nouvelles élections ne changeront rien à la donne parce que la corruption des dirigeants libanais est enracinée depuis les années 90 dans toutes les institutions étatiques, et la nation tout entière est désormais prise en otage.

Le judiciaire est lui aussi gangrené, tantôt incapable, il a les pieds et poings liés, et tantôt impitoyable, il est complice de nos bourreaux. Et nos bourreaux sont sans merci, Monsieur le Président, implacables, inflexibles, ils ont eu, avec beaucoup de sang-froid, assez de culot pour remplacer le juge en charge du dossier sur la double explosion tragique du port, de peur qu’il n’enquête sur des personnalités politiques. Nous avions soif de la vérité, Monsieur le Président, car elle seule aurait pu aider à panser les plaies béantes du peuple libanais. Cette même classe dirigeante, d’une arrogance outrageante, a encore osé manipuler les listes des personnes inscrites pour l’obtention du vaccin anti-Covid afin qu’elle se fasse elle-même vacciner avant les personnes âgées ou avant le corps médical.

Économiste et politologue de formation, je ne vois désormais que deux issues possibles : soit la séparation totale en deux entités souveraines, où chaque entité aurait le pouvoir absolu de définir son identité, ses priorités, ses politiques extérieures et ses valeurs (et vous verrez alors le schisme qui existe entre les Libanais qui partagent vos valeurs, d’un côté, et, de l’autre, des Libanais loin, très loin même, du Liban que nous défendons).

La seconde solution consisterait en une adaptation du modèle bosniaque qui nous ressemble beaucoup. Des catholiques, des orthodoxes et des sunnites qui ne cessaient de s’entretuer sur une même terre. Pour mettre un terme au conflit, il a fallu l’intervention des forces internationales et la désignation de Paddy Ashdown comme dirigeant national. Pour nous, ce Paddy Ashdown devrait d’abord désigner des juges intègres qui eux-mêmes nommeront les magistrats de la nation, tout en écartant ceux manipulables, renforcer ensuite la productivité des fonctionnaires en renvoyant ceux qui sont payés pour ne rien faire et organiser enfin des élections parlementaires après s’être assurés que le peuple est prêt et qu’aucune milice ne détient encore d’armes illégales sur l’ensemble du territoire.

Très cordialement,


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Monsieur le Président Emmanuel Macron, la France n’a jamais cessé de soutenir le Liban par tous les moyens possibles, et il existe entre nos deux peuples une relation exceptionnelle qui n’existe nulle part ailleurs. Aujourd’hui, je vous écris tout simplement pour vous demander d’aider notre Liban, ce Liban de la culture, de la liberté et de l’histoire, carrefour entre l’Orient et...

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