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Rapport

Détérioration "dramatique" de la situation des droits humains au Liban, s'alarme HRW

L'ONG estime qu'il est "urgent de répondre à la double crise économique et politique" qui frappe le pays.

Détérioration

Des femmes manifestant contre les violences domestiques au Liban. Photo d'archives AFP/Anwar Amro

Dans un Liban confronté à une grave crise économique et politique, l'ONG Human Rights Watch (HRW) a dénoncé mercredi dans un rapport une détérioration "dramatique" de la situation des droits humains. Elle a une nouvelle fois épinglé les autorités libanaises pour leur négligence et leur incapacité à régler ces crises, les rendant ainsi responsables, entre autres, du déclin en matière de liberté d'expression et de manifestation et du non-respect de la dignité humaine.

"Il est urgent de répondre à la double crise économique et politique", souligne d'emblée HRW. "La corruption des autorités libanaises et leur incapacité à faire face aux crises massives auxquelles le pays est confronté sur le plan politique et économique ont entraîné la détérioration la plus dramatique de la situation des droits humains depuis des décennies", a estimé l'organisation dans son Rapport mondial 2021 où elle examine les pratiques en matière de droits de l'Homme dans plus de cent pays. HRW énumère les circonstances aggravantes en la matière : "La crise économique sans précédent, aggravée par la pandémie de Covid-19, qui a fait doubler le taux de pauvreté au cours de l'année écoulée ; et l'enquête locale sur les causes de la double explosion meurtrière au port de Beyrouth le 4 août dernier, qui n'est ni indépendante, ni transparente, ni crédible". En effet, cinq mois après le drame qui a couté la vie à plus de 200 personnes et blessé 6.500 autres, aucun résultat de l'enquête sur les causes des déflagrations n'a été dévoilé. De nombreux Libanais dénoncent la négligence criminelle des responsables politiques qui avaient connaissance de la présence de 2.750 tonnes de nitrate d'ammonium dans un hangar du port depuis 2014. Toutefois, pour l'heure, aucun des quatre responsables politiques inculpés par le juge Fadi Sawan, notamment le Premier ministre démissionnaire Hassane Diab, n'a encore été entendu. Le président de la République, Michel Aoun, s'était opposé pour sa part à une enquête internationale.

Une vie "de plus en plus insupportable"

"Chaque jour qui passe, la vie des citoyens libanais, des migrants et des réfugiés devient de plus en plus insupportable", dénonce Aya Majzoub, chercheuse sur le Liban à Human Rights Watch. "Pourtant, l'élite politique en est encore à marchander sur la manière de se partager le maigre butin pour s'enrichir tout en appauvrissant le pays", dit-elle, en référence notamment à la formation d'un nouveau gouvernement qui se fait attendre depuis cinq mois déjà, et qui bute sur les rivalités entre les dirigeants politiques.

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Face à une crise financière et économique d'une ampleur sans précédent, HRW reproche aux autorités de ne pas avoir "élaboré de plan d'assistance rapide, solide ni coordonné" et dresse un bilan dramatique de la situation sociale. "À mesure que la livre libanaise se déprécie, le prix des produits de base augmente rapidement, érodant la capacité des populations à se nourrir, à se loger et à bénéficier de soins de santé. La pandémie a aggravé la pauvreté et les difficultés économiques, touchant de manière disproportionnée les groupes marginalisés, notamment les familles à faible revenu, les personnes en situation de handicap, les migrants, les réfugiés et les personnes LGBT", écrit l'organisation dans son rapport, rappelant que "quatre-vingt-huit pour cent des réfugiés syriens au Liban vivent dans une extrême pauvreté".

Contre la liberté d'expression

Le rapport signale aussi la régression des libertés d'expression et de réunion suite au soulèvement populaire du 17 octobre 2019. "Les forces de sécurité – notamment l'armée, la police anti-émeute et la police parlementaire – ont utilisé une force excessive et parfois létale contre des manifestants pour la plupart pacifiques", estime HRW . "Mais au lieu d’exiger des comptes aux responsables de l'application de la loi, les agences de sécurité se sont mutuellement accusées pour les abus".

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Les travailleurs domestiques migrants, qui sont environ 250.000 dans le pays, en majorité des femmes, n'échappent pas à ce déclin. "Le Conseil d'Etat, la plus haute juridiction administrative du pays, a porté un coup dur à ces travailleurs en suspendant la mise en œuvre d'un nouveau contrat type unique, qui comportait de nouvelles protections et aurait été un premier pas important vers l'abolition du système de parrainage abusif appelé kafala", affirme HRW dans son rapport, ajoutant que "les autorités libanaises n'ont pas respecté leurs obligations de protéger les femmes et les filles de la violence et de mettre fin à la discrimination à leur encontre".

Enfin, l'organisation dénonce l'échec des autorités à éviter une crise sanitaire majeure, laquelle compromet le droit des personnes à recevoir des soins. "L’incapacité du gouvernement à rembourser aux hôpitaux les fonds qu’il leur doit a compromis la capacité des hôpitaux à fournir des soins urgents et vitaux et à répondre à la pandémie de Covid-19."


Retrouvez l'intégralité du rapport de HRW ici


Dans un Liban confronté à une grave crise économique et politique, l'ONG Human Rights Watch (HRW) a dénoncé mercredi dans un rapport une détérioration "dramatique" de la situation des droits humains. Elle a une nouvelle fois épinglé les autorités libanaises pour leur négligence et leur incapacité à régler ces crises, les rendant ainsi responsables, entre autres, du déclin en...

commentaires (3)

Faut vraiment que cette racaille dégage, les pieds devant s'il le faut, le pays est à l'agonie.

Je partage mon avis

19 h 48, le 13 janvier 2021

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Commentaires (3)

  • Faut vraiment que cette racaille dégage, les pieds devant s'il le faut, le pays est à l'agonie.

    Je partage mon avis

    19 h 48, le 13 janvier 2021

  • ET LA LIBERTE D.EXPRESSION DANS L.OLJ EST CENSUREE PAREILLEMENT. DOMMAGE !

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    18 h 39, le 13 janvier 2021

  • Mais les gouvernants du Liban voulaient résoudre tous les problèmes mais ILS ne leur ont pas permis

    Liberté de Penser

    18 h 15, le 13 janvier 2021