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Société - Crise

Au Liban, neuf réfugiés syriens sur dix vivent dans l'extrême pauvreté

"La moitié de la population réfugiée est en insécurité alimentaire, contre un peu plus d'un quart l'année précédente", déplore l'ONU.

Au Liban, neuf réfugiés syriens sur dix vivent dans l'extrême pauvreté

Des petits Syriens dans un camp de réfugiés à Jabaa, un village de la Békaa, en décembre 2014. Photo d'archives AFP/Anwar Amro

Dans un Liban frappé de plein fouet par une grave crise économique, une inflation galopante et les conséquences de la pandémie du coronavirus et impacté par la double explosion meurtrière du 4 août au port de Beyrouth, près de neuf réfugiés syriens sur dix vivent désormais sous le seuil de l'extrême pauvreté, déplore l'ONU.

Les derniers chiffres publiés par le Haut-Commissariat aux Réfugiés (HCR), le Programme alimentaire mondial (PAM) et le Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF) dans leurs conclusions de 2020 sur la vulnérabilité des réfugiés syriens au Liban sont alarmants. En effet, la moitié de près d'un million de réfugiés syriens au Liban se dit en insécurité alimentaire. Le marasme économique et la fermeture des écoles à cause du coronavirus ont provoqué une hausse du travail des enfants.

"Survivre jusqu'au lendemain"

"L'un des indicateurs les plus inquiétants des effets des crises sur la population réfugiée est la croissance du nombre de ménages vivant sous le seuil de l'extrême pauvreté. Ils représentent 89% en 2020, contre 55% un an avant. Ils vivent avec moins de 308.728 livres libanaises par mois, la moitié du salaire minimum", affirment ces conclusions générales onusiennes pour l'année 2020. "Ils ne peuvent même plus couvrir leurs besoins vitaux, comme le prouve le taux d'endettement, plus élevé que jamais". La dette moyenne d'une famille de réfugiés s'élève ainsi à environ 1.840.000 livres libanaises, en augmentation de 18%, et neuf ménages sur dix sont touchés par ce problème, selon l'ONU. "Ils s'endettent surtout pour acheter de la nourriture, puis pour se loger et se soigner", écrivent les agences. "La moitié de la population réfugiée se trouve en insécurité alimentaire, contre un peu plus d'un quart l'année précédente et le taux de familles se nourrissant mal ou peu a aussi augmenté", avertissent encore les Nations unies au Liban.

"Les crises consécutives ont affecté toutes les communautés au Liban - les Libanais, les réfugiés, les migrants - et les plus vulnérables sont les plus touchés. La situation des réfugiés syriens au Liban se dégrade depuis des années mais les statistiques de cette année sont un indicateur dramatique de combien il est difficile pour eux de survivre jusqu'au lendemain. Ces découvertes clés sont publiées alors que les réfugiés syriens affrontent leur hiver le plus dur au Liban, avec très peu pour être au chaud et en sécurité", affirme Mireille Girard, la représentante du HCR au Liban.

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Depuis octobre 2019, le Liban est en proie à une crise financière, économique et sociale sans précédent, avec une dévaluation de la monnaie locale par rapport au dollar, conduisant à une inflation des prix de 174%. Au même moment, la pauvreté comme le chômage ont grimpé en flèche et les revenus des ménages ont drastiquement diminués. Il n'y a pas de perspective d'amélioration de la situation sur le court terme, alors que le pays est sans gouvernement depuis plus de quatre mois.

Le Liban affirme accueillir 1,5 millions de réfugiés syriens depuis le début de la guerre en Syrie voisine en 2011, dont près d’un million sont officiellement inscrits auprès de l’ONU, vivant majoritairement dans un grand dénuement. Le gouvernement libanais ne cesse d’appeler au rapatriement dans leur pays des Syriens vivant au Liban, malgré les mises en garde d’ONG et de la communauté internationale pour qui les conditions sécuritaires et économiques sont encore loin d’être optimales pour envisager un retour massif en Syrie.

Stratégies d'adaptation

"En réaction aux difficultés quotidiennes, les ménages pratiquent des stratégies d'adaptation aux crises (...) telles que le mariage d'enfants de moins de 18 ans, le retrait des enfants de l'école, la réduction des dépenses en matière d'éducation ou de santé", détaille le rapport, qui évoque aussi le cas de familles obligées de leur nombre de repas quotidiens. "Ils mènent aussi des stratégies d'urgence comme la mendicité, les métiers à haut risque et le travail des enfants".

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Seule lueur d'espoir dans ce marasme relevé dans ce rapport, la baisse des tensions entre les communautés hôtes et les réfugiés. La compétition pour l'emploi, bien qu'encore élevée, a diminué. Mais les tensions ne sont pas pour autant absentes. Le mois dernier, le meurtre d’un jeune Libanais à Bécharré (Liban-Nord) par un Syrien a conduit à des représailles aveugles contre les réfugiés syriens et provoqué la fuite de dizaines de familles vers Tripoli, la principale ville sunnite sur le littoral nord du pays, considérée comme moins hostile vis-à-vis des réfugiés.


Dans un Liban frappé de plein fouet par une grave crise économique, une inflation galopante et les conséquences de la pandémie du coronavirus et impacté par la double explosion meurtrière du 4 août au port de Beyrouth, près de neuf réfugiés syriens sur dix vivent désormais sous le seuil de l'extrême pauvreté, déplore l'ONU.Les derniers chiffres publiés par le Haut-Commissariat...

commentaires (2)

Pauvres gens ! Déracinés de leur pays qu’ils adorent jusqu’au sacrifice pour vivre dans une misère extrême. Prendre le boulot des autres en acceptant des salaires minables. Être obligés de faire la queue pour encaisser les quelque centaines de dollars distribués par les aides internationales et j’en passe des autres humiliations. Il faut absolument les laisser rentrer chez eux, ils n’attendent que ça pour participer à la reconstruction de leur pays surtout qu’ils savent bien faire dans les métiers du bâtiment. Je ne comprends pas pourquoi et comment le gouvernement syrien empêche ses propres citoyens de rentrer chez eux, ça s’explique sans doute parce que c’est ce gouvernement qui est à l’origine de l’exode massif des syriens.

Censuré par l’OLJ

20 h 12, le 18 décembre 2020

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Commentaires (2)

  • Pauvres gens ! Déracinés de leur pays qu’ils adorent jusqu’au sacrifice pour vivre dans une misère extrême. Prendre le boulot des autres en acceptant des salaires minables. Être obligés de faire la queue pour encaisser les quelque centaines de dollars distribués par les aides internationales et j’en passe des autres humiliations. Il faut absolument les laisser rentrer chez eux, ils n’attendent que ça pour participer à la reconstruction de leur pays surtout qu’ils savent bien faire dans les métiers du bâtiment. Je ne comprends pas pourquoi et comment le gouvernement syrien empêche ses propres citoyens de rentrer chez eux, ça s’explique sans doute parce que c’est ce gouvernement qui est à l’origine de l’exode massif des syriens.

    Censuré par l’OLJ

    20 h 12, le 18 décembre 2020

  • "Le gouvernement libanais ne cesse d’appeler au rapatriement dans leur pays des Syriens vivant au Liban, malgré les mises en garde d’ONG et de la communauté internationale pour qui les conditions sécuritaires et économiques sont encore loin d’être optimales pour envisager un retour massif en Syrie." Tout ceci est ridicule . Les réfugiés syriens ont vocation a rentrer chez eux aux plus tot et qu'on arrete de trouver des excuses et pretextes pour empecher leur retour . ..

    nabil zorkot

    18 h 48, le 18 décembre 2020

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