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Contrat de travail au Liban

HRW et Amnesty dénoncent "un coup dur" porté aux droits des employés de maison étrangers

"Au lieu de fournir davantage de protection aux travailleurs domestiques, le Conseil d'État semble donner la priorité aux intérêts commerciaux étroits des bureaux de recrutement", affirme Aya Majzoub, chercheuse libanaise à Human Rights Watch.

HRW et Amnesty dénoncent

Des employées de maison étrangères manifestent au Liban pour une amélioration de leurs droits. Photo d'archives AFP

Les ONG Human Rights Watch et Amnesty International ont critiqué vendredi la décision du Conseil d'État libanais de "suspendre la mise en œuvre d'un nouveau contrat unifié" pour les quelque 250.000 employés de maison étrangers au Liban, dénonçant un "coup dur porté aux droits de ces personnes qui sont souvent victimes d'abus dans le pays, et appelant l'État à réhabiliter ce contrat.

"Le Conseil d’État libanais a porté un coup dur aux droits des travailleurs domestiques migrants en suspendant l'application d’un nouveau contrat standard unifié, après une plainte déposée par le syndicat des propriétaires de bureaux de recrutement", regrettent les deux ONG, dans un rapport conjoint. "Le nouveau contrat, que le ministère du Travail avait adopté le 8 septembre 2020, comprenait de nouvelles protections pour les travailleurs domestiques migrants, y compris des garanties vitales contre le travail forcé, et aurait été un premier pas important vers l'abolition du système abusif du parrainage (kafala) ", poursuivent HRW et Amnesty.

"Priorité aux intérêts commerciaux"

Le système de la kafala lie le permis de résidence d’un employé de maison immigré à un employeur spécifique. D’autres catégories de travailleurs migrants sont liés à un garant libanais, mais seuls les employés domestiques ne sont pas protégés par le code du Travail. Et toutes les tentatives des travailleurs migrants de former un syndicat ont été bloquées par les autorités libanaises. Le Conseil d'État, plus haute juridiction administrative libanaise, a temporairement suspendu le 14 octobre le plus grand projet initié par le gouvernement pour une refonte du système de la kafala. La cour a suspendu sa décision au résultat d’une action en justice lancée par un lobby de bureaux de recrutement qui font venir les employés de maison au Liban. Ces bureaux estiment que le ministère du Travail a outrepassé ses prérogatives. Le mois dernier, la ministre du Travail sortante, Lamia Yammine, avait annoncé avoir approuvé un nouveau modèle de contrat de travail pour les employés de maison immigrés. Ce contrat devait considérablement améliorer leurs droits.

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"Les travailleurs domestiques migrants sont l'un des groupes les plus marginalisés au Liban", a affirmé Aya Majzoub, chercheuse sur le Liban à Human Rights Watch. "Avec l’effondrement économique du pays, aggravé par les retombées du Covid-19, leur situation déjà précaire est allée de mal en pis. Mais au lieu de fournir davantage de protections et de démanteler le système qui permet le piégeage et l'exploitation de ces travailleurs, le Conseil d'État semble donner la priorité aux intérêts commerciaux étroits des bureaux de recrutement", a-t-elle ajouté

Tendance "honteuse"

"Cette honteuse tendance d'abus frappant les employés de maison étrangers sous le système de kafala doit prendre fin", appelle pour sa part Diala Haïdar, chercheuse sur le Liban au sein d'Amnesty International. "Les autorités libanaises, notamment judiciaires, ont le devoir de protéger les droits de ces employés, au lieu de protéger un système qui facilite l'exploitation, le travail forcé et le trafic humain", ajoute la chercheuse. Selon HRW, "le système judiciaire libanais échoue à protéger les droits des employés de maison étrangers ou à tenir leurs employeurs responsables lorsqu'ils violent leurs droits basiques".

"Le Parlement libanais devrait modifier d’urgence la législation du travail pour y inclure les travailleurs domestiques migrants (...)  et prendre d'autre mesures d'urgences pour démanteler le système de la kafala, notamment en veillant à ce que les travailleurs migrants ne soient pas dépendants de leurs employeurs pour leur statut juridique dans le pays", poursuivent les deux ONG, avant de conclure : "Le Liban est tenu, en vertu du droit international et des droits de l'homme, de garantir aux travailleurs domestiques et aux travailleurs migrants des protections égales à celles des autres travailleurs conformément à la loi."


Les ONG Human Rights Watch et Amnesty International ont critiqué vendredi la décision du Conseil d'État libanais de "suspendre la mise en œuvre d'un nouveau contrat unifié" pour les quelque 250.000 employés de maison étrangers au Liban, dénonçant un "coup dur porté aux droits de ces personnes qui sont souvent victimes d'abus dans le pays, et appelant...

commentaires (2)

LIBAN pays(?) de la mediterrannee orientale qui ne connait pas le sens de LA HONTE ...

Remy Martin

11 h 39, le 30 octobre 2020

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Commentaires (2)

  • LIBAN pays(?) de la mediterrannee orientale qui ne connait pas le sens de LA HONTE ...

    Remy Martin

    11 h 39, le 30 octobre 2020

  • balad bi arrif. Et certains croient encore aveuglement aux personnes au pouvoir... ou demandent de la patience.

    Toni Pantaloni

    11 h 12, le 30 octobre 2020