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Politique - Formation du gouvernement

Rai : Se rejeter la responsabilité du blocage n'aide en rien

"Le sauvetage ne se fait pas sans risque et tous ces risques ne représentent rien face à celui d'un effondrement total", met en garde le prélat.

Rai : Se rejeter la responsabilité du blocage n'aide en rien

Le patriarche maronite Béchara Raï. Photo d'archives AFP

Le patriarche maronite Béchara Raï a mis en garde dimanche contre le risque d'un effondrement total du Liban et estimé que se rejeter les responsabilités d'entrave du processus de formation du gouvernement ne pouvait en aucun cas aider à la mise sur pied de ce cabinet. Le prélat a une nouvelle fois appelé le président de la République Michel Aoun, ainsi que le Premier ministre désigné Saad Hariri, à "dépasser la logique du partage du gâteau" pour former un gouvernement (...) de "spécialistes réellement indépendants et dotés d'une conscience nationale". Cet appel du chef de l'Église maronite à la classe dirigeante intervient alors que le pays attend un nouveau gouvernement depuis près de cinq mois.

Effondrement total

"Le gouvernement ne pourra être formé qu'à l'issue d'un accord entre le président de la République et le Premier ministre désigné pour former un cabinet caractérisé par une réelle indépendance et un équilibre démocratique et pluraliste, composé de ministres hautement qualifiés dans leur domaine et dotés d'une conscience nationale dans l'exercice de leur fonction publique", a estimé le patriarche lors de son homélie dominicale. "L’échange d’accusations entre responsables et politiques visant à se rejeter les responsabilités d'entrave à la formation du gouvernement n’aide en rien", a-t-il ajouté.

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Et Béchara Raï de poursuivre : "Le président de la République et le Premier ministre désigné sont en mesure de prendre cette décision responsable et courageuse s'ils font fi des pressions, vont au delà de la logique de répartition des quotes-parts et des portefeuilles, empêchent toute intervention intérieure et étrangère, et n'agissent que dans l'intérêt du Liban. Le sauvetage ne se fait pas sans risque et tous ces risques ne représentent rien face à celui d'un effondrement total". "Cette étape de sauvetage place chacun face à ses responsabilités. Il est certain que le Parlement, élu pour représenter le peuple de qui il tire sa légitimité, ne se permettrait pas de s'opposer à la volonté du peuple de voir un cabinet être mis en place", a-t-il affirmé.

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Près de cinq mois après la démission du Premier ministre Hassane Diab, le 10 août dernier, dans la foulée de la gigantesque explosion du 4 août au port de Beyrouth, le Liban ne s'est toujours pas doté d'un nouveau gouvernement. Le cabinet sortant est chargé de la gestion des affaires courantes, alors que le pays est englué dans une série de crises socio-économique, politique, financière et sanitaire. Lors de sa désignation comme Premier ministre, le 22 octobre, Saad Hariri s'était engagé à former un cabinet de spécialistes indépendants. Mais il se heurte aux revendications des différentes formations politiques au sujet la distribution des portefeuilles. Il lui est notamment reproché par le chef de l'État et le parti fondé par ce dernier (le Courant patriotique libre, CPL) d'avoir promis au tandem chiite Amal-Hezbollah de pouvoir nommer leurs ministrables mais de refuser ce droit aux autres parties. Pour tenter de sortir de l'enlisement des tractations, le patriarche maronite avait lancé il y a deux semaines une initiative et rencontré dans ce cadre le chef de l'État, le Premier ministre désigné et une série de responsables, mais alors que l'optimisme prévalait avant Noël, il était retombé aussi rapidement, ce qui avait valu aux dirigeants une nouvelle salve de reproches de la part du chef de l'Église maronite. Les négociations sont depuis revenues au point de départ, Saad Hariri étant à l'étranger depuis près d'une semaine.

Les tirs de célébration

Le prélat est en outre revenu sur les tirs intempestifs de célébration qui avaient provoqué de nombreux dégâts à la veille de la nouvelle année. "Tirer des coups de feu à l'occasion du Nouvel An n'est pas un acte civilisé", a lancé le prélat. Avant de s'étonner : "Les victimes (de l'explosion, ndlr) du port, de la pandémie de coronavirus et des armes illégales ne suffisent-elles pas ? Certains Libanais ne possèdent pas de quoi s'acheter une miche de pain, alors d'où avez-vous ces armes, ces munitions ? La décence sociale et la solidarité humaine n'ont-elles pas imposé la modestie et de s'abstenir de ce genre de célébrations, alors que des centaines de familles pleurent ceux qui ont perdu la vie dans l'explosion du port et des suites de la pandémie ?", s'est interrogé M. Rai appelant les autorités à "remédier à ce fléau dans toutes les régions".

"La seule victime, c'est le peuple"

Le métropolite grec-orthodoxe de Beyrouth, Élias Audi, a eu pour sa part des mots très durs envers l'ensemble de la classe politique libanaise, et dressé un tableau sombre de "l'abîme" dans lequel est plongé le pays. "Quand Adam et Eve ont fait preuve d'orgueil, ils ont reçu la mort. C'est ce qui se passe actuellement avec les êtres humains, en particulier dans notre pays", a déploré Mgr Audi. "A la différence qu'au Liban, c'est le peuple qui meurt à cause de l'orgueil de ses responsables et de leur incapacité à accepter un dialogue constructif (...)", a-t-il ajouté.

"Ils se battent et font obstruction, et la seule victime est le peuple. Entre ceux qui ont quitté ce monde temporaire, ceux qui sont désormais en dessous du seuil de pauvreté, ceux qui ont émigré, ceux qui souffrent et luttent pour rester dans un pays qu'ils aiment mais qui ne satisfait pas leurs besoins vitaux les plus élémentaires...", a déploré Élias Audi. Et le dignitaire de vitupérer contre l'attitude des responsables politiques : "La décadence que nous avons atteinte est causée par le désir chez nos responsables d'une gloire vaine, s'ils l'abandonnaient, notre pays serait à l'avant-garde des nations. Combien nos dirigeants sont loin de la vérité, de la miséricorde et de l'humilité !", a regretté le métropolite. "Si elles avaient prévalu dans l'exercice du pouvoir, nous serions sortis de l'abîme dans lequel nous sommes", a-t-il conclu.


Le patriarche maronite Béchara Raï a mis en garde dimanche contre le risque d'un effondrement total du Liban et estimé que se rejeter les responsabilités d'entrave du processus de formation du gouvernement ne pouvait en aucun cas aider à la mise sur pied de ce cabinet. Le prélat a une nouvelle fois appelé le président de la République Michel Aoun, ainsi que le Premier ministre désigné...

commentaires (4)

SAAD HARIRI VEUT ÊTRE UN PREMIER MINISTRE SUR QUI ? BERRY A CHOISI, LE HEZBOLLAH A UNE CARTE BLANCHE POUR INTÉGRER SES MINISTRABLES INDÉPENDANTS. JOUMBLATT PEUT CHOISIR AUSSI. SLEIMAN 2 AUSSI. MAIS HARIRI VEUT ÊTRE PREMIER MINISTRE SUR QUI ? SUR LUI MÊME ? ET RAÏ VOIT CE QUI SE PASSE MAIS TIRE À CÔTÉ. SACRÉ PATRIARCHE SANS AUCUNE VISION.

Gebran Eid

16 h 16, le 03 janvier 2021

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Commentaires (4)

  • SAAD HARIRI VEUT ÊTRE UN PREMIER MINISTRE SUR QUI ? BERRY A CHOISI, LE HEZBOLLAH A UNE CARTE BLANCHE POUR INTÉGRER SES MINISTRABLES INDÉPENDANTS. JOUMBLATT PEUT CHOISIR AUSSI. SLEIMAN 2 AUSSI. MAIS HARIRI VEUT ÊTRE PREMIER MINISTRE SUR QUI ? SUR LUI MÊME ? ET RAÏ VOIT CE QUI SE PASSE MAIS TIRE À CÔTÉ. SACRÉ PATRIARCHE SANS AUCUNE VISION.

    Gebran Eid

    16 h 16, le 03 janvier 2021

  • En quoi le chef du gouvernement désigné bloque? On sait bien d'où vient le blocage.

    Esber

    15 h 21, le 03 janvier 2021

  • La photo d'archive a été certainement prise dans à un Vendredi Saint avant Pâques, puisque Monseigneur Raï portait le violet, habit du deuil dans l'église catholique. J'espère que ce n'est prémonitoire ! Bonne année à l'OLJ et à tous,

    MGMTR

    13 h 24, le 03 janvier 2021

  • un gouvernement (...) de "spécialistes réellement indépendants et dotés d'une conscience nationale". c est bien de rever, un Liban nouveau c est pas pour demain, l effondrement est inévitable , comme dans un combat de coqs , tout le monde sera perdant .

    youssef barada

    12 h 41, le 03 janvier 2021

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