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Frontière maritime

Israël hausse le ton à dix jours du prochain round de négociations

Il est clair qu’une médiation onusienne est aujourd’hui nécessaire, estime un expert.

Israël hausse le ton à dix jours du prochain round de négociations

Un navire des Nations unies au large des côtes libanaises, devant la ville de Naqoura, où se tiennent les négociations entre Israël et le Liban sur les frontières maritimes, le 14 octobre 2020. Aziz Taher/Reuters

Israël a accusé hier le Liban d’avoir « changé sept fois de position » sur la démarcation de leur frontière maritime en Méditerranée, ce qui pourrait conduire les pourparlers à une « impasse » et « entraver les projets de prospection d’hydrocarbures offshore » dans la région. Les deux voisins avaient achevé il y a dix jours un troisième cycle de négociations sous l’égide de l’ONU et des États-Unis.

À une dizaine de jours du quatrième round des négociations (prévu le 2 décembre) qui se déroulent à Naqoura, le ministre israélien de l’Énergie, Yuval Steinitz, a fustigé la position libanaise dans un tweet. « Le Liban a changé de position sept fois sur sa frontière maritime commune avec Israël, a-t-il dit. Sa position actuelle contredit non seulement sa position précédente, mais aussi la position du Liban quant à sa frontière maritime avec la Syrie qui prend en considération les îles libanaises près de la frontière. » Sans donner de précision sur ce qui a changé dans la position libanaise, M. Steinitz a invité « quiconque veut une prospérité régionale et développer de manière sûre les ressources naturelles » à « maintenir le principe de stabilité et résoudre ce différend en se fondant sur les lignes (de démarcation) présentées par Israël et le Liban à l’ONU ». Selon le ministre israélien, « toute déviation » de ce principe risque de mener à une « impasse », voire « une trahison de l’objectif d’une paix régionale ».

Des accusations sans fondement, répond Michel Aoun

La réponse du chef de l’État libanais, Michel Aoun, n’a pas tardé. La présidence libanaise a démenti dans un communiqué « les allégations de Yuval Steinitz selon lesquelles le Liban a changé sept fois de position sur la question de la frontière maritime sud », jugeant celles-ci « sans fondement ». « La position du Liban est cohérente en ce qui concerne la question de la démarcation maritime des frontières méridionales conformément aux directives formulées par le président Aoun à la délégation libanaise, en particulier en ce qui concerne l’exercice par le Liban de son droit souverain », a ajouté la présidence, sans plus de précisions.

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Lors d’une rencontre, jeudi, avec le commandant en chef de la Finul, le général Stefano Del Col, dont une des bases à Naqoura accueille les pourparlers, le président Aoun avait déclaré que la démarcation de la frontière maritime devait se faire « sur base de la ligne partant du point de Ras Naqoura (à l’extrémité sud du pays), selon le principe général de la ligne médiane et sans tenir compte des îles côtières » israéliennes.

Le Liban et Israël ont entamé début octobre des négociations sur une zone maritime contestée de 860 kilomètres carrés, selon une carte enregistrée par Beyrouth auprès de l’ONU en 2011. Mais le Liban juge aujourd’hui cette carte erronée. Il revendique désormais une superficie maritime pour sa zone économique exclusive (ZEE) de 2 290 km2.

Surenchère ou échec annoncé ?

Qu’impliquent aujourd’hui pour le Liban les accusations israéliennes ? Mettent-elles en danger les pourparlers entre les deux voisins ennemis ?

« Incontestablement, les Israéliens sont mécontents, voire surpris des revendications libanaises. Ils font pression aujourd’hui pour que le Liban revienne sur sa position et que les négociations se fassent sur les 860 km2 », constate Laury Haytayan, experte en hydrocarbures et directrice pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord du Natural Resource Governance Institute (NRGI). « Car le Liban a rectifié les données qu’il avait remises d’abord en 2007 puis en 2011 aux Nations unies concernant le point de départ des pourparlers. Il réclame désormais que Ras Naqoura soit le point de départ des négociations », explique-t-elle. Et cette rectification implique un élargissement des pourparlers à la zone où se trouve notamment « le champ gazier de Karish auquel l’État hébreu tient particulièrement ».

« Même si le pays du Cèdre a modifié sa position, il est en position de force, car il se base sur des données scientifiques et légales, basées sur les conventions maritimes adoptées par le Bureau du coordonnateur spécial pour le Liban (Unscol) », estime Mme Haytayan, qui souligne que, dans l’accord-cadre annoncé par le président du Parlement Nabih Berry préalable aux négociations, « rien ne mentionne la nécessité de limiter les discussions aux 860 km2 ».

Pour Marc Ayoub, expert en politique énergétique de l’Institut Issam Farès de l’AUB, « la pierre d’achoppement des négociations entre le Liban et Israël réside dans le point de départ de la délimitation ». « Pour le Liban, il s’agit de Ras Naqoura, et pour Israël, ce sont les îles ou plutôt les rochers non habités Takhalit », souligne-t-il, précisant que les deux parties se livrent à un bras de fer, exhibant chacune ses études. « Sauf qu’au terme de trois rounds de négociations, le point de départ n’a toujours pas été défini », regrette l’expert, se demandant si la partie israélienne ne hausse pas le ton jusqu’à l’exagération en évoquant sept changements de position de la part du Liban « pour pousser l’ONU et les États-Unis à intervenir ». Pour M. Ayoub, il est clair qu’« une médiation onusienne est aujourd’hui nécessaire ». Elle passerait par une étude des coordonnées que réaliserait l’organisation, à l’aide de ses drones et de ses experts, afin de définir le point de départ. « Mais pour ce faire, il faut le vouloir, car c’est bien l’ONU qui détient les lois et conventions maritimes », insiste-t-il. Une question se pose toutefois sur le rôle du parrain américain. « Alors que ni le Liban ni Israël n’ont intérêt à interrompre les négociations, la politique pourrait s’inviter dans ces pourparlers », souligne-t-il dans ce cadre.



Israël a accusé hier le Liban d’avoir « changé sept fois de position » sur la démarcation de leur frontière maritime en Méditerranée, ce qui pourrait conduire les pourparlers à une « impasse » et « entraver les projets de prospection d’hydrocarbures offshore » dans la région. Les deux voisins avaient achevé il y a dix jours un troisième cycle...

commentaires (8)

Si le Liban continue a faire le pitre, il n'aura rien du tout. Israel va continuer a extraire son gaz et le Liban va continuer a faire la mouman3a. Bien, bravo....

IMB a SPO

15 h 57, le 21 novembre 2020

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Commentaires (8)

  • Si le Liban continue a faire le pitre, il n'aura rien du tout. Israel va continuer a extraire son gaz et le Liban va continuer a faire la mouman3a. Bien, bravo....

    IMB a SPO

    15 h 57, le 21 novembre 2020

  • Le résultat était connu d’avance. HB n’a aucun intérêt à ce que les relations se normalisent entre ces deux pays et L’Iran veille aux grains. Ils ne les ont pas armé pour faire la paix et se retrouver sans aucune justification de posséder des armes pour faire plier les libanais à leurs désirs sous prétexte de combattre l’ennemi. Que deviendraient les vendus si plus rien ne menace la stabilité du pays à part eux? Comment justifieraient ils leur refus de respecter la constitution et les lois pays? Et si on les désarme de force que deviendraient ils? Israël n’est pas dupe et veut montrer au monde entier que le problème ne vient de lui mais des terroristes qui font la loi dans la région et ainsi il procédera à l’extraction de ce qu’il veut où il veut en regardant le Liban mourir et sa population avec, pendant que HN lèverait son doigt menaçant pour mordre au pied sans grand résultat puisqu’ils se sont vaccinés contre la rage depuis le temps que ça dure.

    Sissi zayyat

    15 h 50, le 21 novembre 2020

  • """ une mediation de l'ONU devient necessaire"" ? parce que l'ONU est la pour faire quoi sinon ? tricoter des chaussons pour enfants ?

    gaby sioufi

    09 h 38, le 21 novembre 2020

  • "ni le Liban ni Israël n’ont intérêt à interrompre les négociations", Ce n'est pas tout-à-fait exact. Si Israël préfère exploiter la zone litigieuse en toute légalité, en cas de rupture des négociations, il risque de le faire tout de même, motu proprio. Par ailleurs, si le Liban, lui, a absolument intérêt à obtenir un résultat, ce n'est pas le cas du Hezbollah qui refuse tout accord avec Israël et cherche à maintenir tous les foyers de tensions avec le voisin du Sud. Or, qui gouverne le Liban?

    Yves Prevost

    07 h 21, le 21 novembre 2020

  • SI LE LIBAN PENSE QU'ISRAEL VA CEDER A 100% LES 850 M2 DEMANDE AUPARAVENT ET C'EST POUR CELA QU'IL DEMANDE3 FOIS PLUS AUJOURDH'UI , IL SE TROMPE LOURDEMENT . L'ONU , MEDIATEUR ENTRE LES DEUX PARTIES A EN MAIN LES REVENDICATIONS DU LIBAN QUI LUI ONT ETE DONNEES DEPUIS BIEN LONGTEMPS SUR 850 M2 ET JETERA A LA POUBELLE LES AUTRES DEMANDES . LE LIBAN SE TROMPE EN PENSANT QU' ISRAEL EST DESESPERE DE FAIRE UN ACCORD SUR LES 850M2 CAR ILS SAVENT QUE LES PERTES DU LIBAN SERONT MILLE FOIS PLUS IMPORTANTES QUE LES LEURS ET ILS CONTINUERONT A PRENDRE LE GAZ ET LE PETOLE LA OU ILS VEULENT SI AUCUN ACCORD N'EST REALISE LA VERITE DEMANDER 3 FOIS PLUS ET REVENIR SUR LES PREMIERS GRAPHIQUES DE 850 M2 EST TYPIQUEMENT LIBANAIS MAIS N'ABOUTIT PAS A UN ACCORD DONC LAISSERA LE LIBAN SANS PROSPECTION ALORS QU'ISRAEL ,ELLE, TIRE DEJA LE GAZ ET LE VEND MEME A LA JORDANIE ET A L'EGYPTE APRES CELA ON SE DEMANDE COMMENT ET POURQUOI LE PAYS EST GERE DE CETTE FACON PAR UNE CLIQUE DE CHARLATANTS: C'EST PARCEQUE NOUS LES AVONS ELUS OU'ON A PAS JUSTE ETE VOTE DONC NOUS AVONS LES DIRIGEANTS QUE NOUS MERITONS QUI J'ESPERE SERONT CHASSES A LA PROCHAINE ELECTION

    LA VERITE

    04 h 36, le 21 novembre 2020

  • "La raison du plus fort est toujours la meilleure" ., que le Liban ait techniquement raison ou tort. A ce rythme, n'est pas de sitôt que le Liban va voir du gaz...

    Mago1

    04 h 06, le 21 novembre 2020

  • Ce qui est surprenant, indépendamment des exigences qui peuvent être légitimes ....ce sont ces revendications à géométrie variable de 860 KM2 on est passé à 2290 km2... ou l'art de pourrir des négociations en rejetant la faute sur l'autre. Il eut mieux valu, dès le départ sur des bases concrètes, faire valoir ces données plutôt que de vouloir changer la déclaration dument enregistrée par nos autorités au niveau de l'ONU en 2011... c'est un art que de tuer dans l'œuf des négociations qui pourraient être cruciales non pas pour le Libanais lambda ( parce que peu importe l'issue des négociations) il n'en tirera aucun profit, mais pour nos dirigeants, déjà grassement ...récompensés.

    c...

    02 h 44, le 21 novembre 2020

  • "La politique pourrait s'inviter" dit la dernière phrase de l'article. Donc partant de ce principe, même s'il y a tiraillements et divergences d'avis. Ca reste "civilisé" entre 2 pays qui se disputent en palabres et durant des réunions. Ca reste bon signe tant que les miliciens intégristes n'entrent pas en jeu pour faire parler leur QI et culture : limités au calibre de leur kalachnikov. Tant que les divergences restent autour d'une table. Ca reste "convenable" et normal.

    RadioSatellite.co

    01 h 35, le 21 novembre 2020